Séminaire gouvernemental sur le document de la politique foncière rurale :Pour une gouvernance foncière cohérente au Niger 

Société
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Le Premier ministre, Chef du gouvernement SE Brigi Rafini a présidé, le 5 octobre dernier dans la salle de réunions de l’immeuble ONAREM, un séminaire dédié aux membres du gouvernement sur la politique foncière rurale. Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour de ce séminaire à savoir, l’examen de la politique foncière rurale et l’examen du schéma d’aménagement foncier de la région de Maradi. A travers ce séminaire, le gouvernement entend mettre sur pied une gouvernance foncière cohérente visant à contribuer de façon efficace au développement économique et social du Niger. Outre les membres du gouvernement, on notait également la présence à ce séminaire, des membres du comité technique ayant travaillé pendant six (6) ans afin d’élaborer le document en question.

La question foncière constitue ces dernières années une préoccupation permanente aussi bien pour les populations que pour les autorités. C’est pour cette raison que le gouvernement tient absolument qu’un véritable document de politique foncière rurale soit élaboré et adopté au profit de tous les acteurs du monde rural. Ainsi, à l’entame de ce séminaire, le Premier ministre, Chef du gouvernement SE. Brigi Rafini a précisé que la question foncière est fondamentale pour le développement économique et social du Niger. C’est pourquoi, a dit le Chef du gouvernement « nous avons jugé utile, avant de soumettre ce document au conseil des ministres, de nous l’approprier à travers le présent séminaire. Nous avons un dispositif très riche, mais sur le plan opérationnel, de nombreuses difficultés se posent et que nous n’arrivons pas à bien gérer en raison de l’absence d’une gouvernance foncière cohérente bien voulue et entretenue. Toutefois, il n’est jamais tard pour bien faire».

Au cours de ce séminaire, le document de la politique foncière rurale a été présenté par le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage aux membres du gouvernement. Il ressort de cette présentation que le Niger s’est engagé depuis plusieurs décennies dans un programme de renforcement du cadre juridique et institutionnel des activités rurales à savoir : les activités agricoles, sylvicoles, pastorales et halieutiques. La finalité recherchée est d’assurer des meilleures perspectives à l’aménagement du territoire ; la protection de l’environnement ; la sécurisation foncière aussi bien pour les acteurs ruraux que pour les domaines de l’Etat ; la prévention et la gestion de conflits liés au foncier rural et plus globalement le développement rural.

Le document de politique foncière rurale qui a été élaboré sur la base d’une approche participative s’articule autour de quatre orientations en l’occurrence la réorganisation du cadre institutionnel et juridique tout en améliorant ses performances ; le renforcement de l’efficacité et la standardisation de la sécurité des droits fonciers légitimes des populations et opérateurs ruraux ; l’amélioration de la gestion des domaines et des ressources partagées ; enfin la mise en place des dispositifs efficients et efficaces de régulation des marchés fonciers et des dynamiques foncières. Ces orientations sont déclinées en quatorze (14) axes stratégiques comprenant quatre-vingt-dix (90) mesures. Toutes ces orientations politiques et axes stratégiques sont entièrement pensés pour une modernisation des systèmes ruraux de production et leur meilleure insertion dans un aménagement harmonisé du territoire. En outre, la vision principale du document de la politique foncière rurale est d’avoir un Niger où à l’horizon 2063, les acteurs ruraux bénéficient d’un accès équitable et sécurisé au foncier qui contribue à créer les conditions favorables au développement d’investissement responsable permettant l’atteinte de la sécurité et de la souveraineté alimentaire ; le renforcement de la résilience des populations et plus largement le développement socio-économique durable et harmonieux, garant du maintien de la paix sociale.

A l’issue des échanges, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage M. Albadé Abouba a ajouté que le document soumis à l’appréciation des membres du gouvernement est l’émanation d’un travail inclusif de l’ensemble des acteurs concernés par la question foncière rurale. Le document est le résultat d’un certain nombre de réflexions issues de divers séminaires, ateliers et rencontres. Pour ce qui est de l’aménagement foncier, le ministre d’Etat souligne qu’il avait suivi un circuit jusqu’au conseil des ministres, mais il y a eu des remarques qui ont été faites à son examen. «C’est pourquoi, le Président de la République avait demandé de le réexaminer et de l’enrichir surtout dans les aspects relatifs à la sécurisation de la propriété au niveau des acteurs ruraux», a précisé le ministre Albadé. En définitive, le document de politique foncière rurale fera une autre fois l’objet d’échange par les membres du gouvernement afin de l’enrichir davantage avant son adoption au conseil des ministres.

 

 Hassane Daouda(onep)