Session sur les stratégies et politiques locales au Sommet Africités 9: En question, les défis de la durabilité alimentaire dans les villes intermédiaires en Afrique

Société
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Africités est l’événement panafricain phare de l’Organisation faitière Cités et Gouvernement Locaux Unis  (CGLU) d’Afrique. Cette rencontre considérée comme la plus importante d’élus de toute l’Afrique et une belle initiative démocratique de construction de l’unité africaine, se déroule tous les trois ans dans l’une des cinq régions du Continent. La 9ème édition de ce rendez-vous qui s’est tenue du 17 au 21 mai 2022 a eu lieu au Kenya à Kisumu. C’est la première fois qu’une ville dite intermédiaire (ville ayant une population comprise entre 50 000 et un million d’habitants), organise ce sommet. D’où le choix pour Africités 9 du thème : « La contribution des villes intermédiaires africaines à l’Agenda 2030 des Nations Unies et à l’Agenda 2063 de l’Union Africaine » ainsi que les différentes sessions sur les stratégies et politiques locales comme celle portant sur la question des systèmes alimentaires urbains durables dans les villes intermédiaires en Afrique.

Co-organisée par le Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation  (FAO), Cités et Gouvernements Locaux Unis(CGLU) et plusieurs organisations dont ONU-Habitat, UNEP, RIKOLTO, ICLEI AFRICA, ENDA- ECOPOP, RUAF et CGIAR, la session sur les stratégies et politiques locales a posé les vrais défis liés à la nutrition des personnes vivant dans les zones périurbaines abritant la plus importante partie des populations d’Afrique.

Pour Dr. James Karanja Nyoro, Gouverneur du Comté de Kiambu au Kenya et Président du Comité de l’Agriculture au Conseil des Gouverneurs qui a procédé à l’ouverture de la session, certains observateurs peuvent s’étonner que ce débat soit posé lors de ce sommet alors que des thématiques comme le financement des infrastructures semblent plus urgentes. Mais a relevé le Gouverneur, à y voir de près, cette session a toute sa pertinence, car la nutrition est à la base du bien-être de toute population.  Qui plus est, l’Afrique continuera d’avoir la croissance urbaine la plus rapide au monde. Considérant que le niveau d’urbanisation en Afrique et au niveau mondial augmente et que 70%de la nourriture produite est consommée par les citadins, la transformation des systèmes alimentaires devient de plus en plus une question étroitement liée aux systèmes de transformation alimentaire urbaine.

Promouvoir des systèmes alimentaires durables alimentaires dans les villes intermédiaires

La préoccupation est double et consiste à faire en sorte que l’agriculture soit rentable pour l’agriculteur et les produits moins chers pour les consommateurs. Et pour les collectivités  territoriales africaines périurbaines le défi est de mettre en place des systèmes d’alimentation durables. Pour les experts, ce système devra privilégier la proximité afin de réduire les coûts de transport et les risques d’avarie qui guettent les productions éloignées des villes. De même, il faudra résoudre les problèmes de pollution industrielle et celle liée à la grande circulation dans les zones périurbaines qui peuvent contaminer le sol et l’eau et partant les produits agricoles. L’une des solutions envisagées est donc la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine. Cette diversification des zones de production devrait reduire le coût de la nutrition dans le budget des personnes vulnérables qui dépensent près de 70% de leur revenu dans l’alimentation.

Toutefois, pour une agriculture périurbaine, il faudra sécuriser le foncier qui subit en général une forte pression dans ces zones, beaucoup plus que dans les régions agricoles. Mme Carla de la FAO au Kenya plaide pour un rôle plus accru des villes dans l’agriculture avec les chiffres de l’urbanisation de l’Afrique.  Mais ce rôle ne se limite pas à l’introduction de l’agriculture périurbaine dans les plans de développement à la base, mais s’étend également à la qualité des repas consommés dans les villes intermédiaires. Selon elle, les repas consommés en dehors de la famille sont souvent industriels, chargés en sucre et graisse et donc source de maladie. Il faut donc que les villes contribuent à améliorer la nutrition en ville. Aussi, l’agriculture doit contribuer à la création d’emplois.

La nourriture est importante dans la santé, l’économie et le bien être en milieu urbain et périurbaine. « Par la nutrition, on peut transformer les villes », a lancé Mme Carla, en terminant son intervention.

 Souley Moutari,(Onep) Envoyé spécial