Signature de la nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Niger : Le Niger se dote d’un nouvel instrument juridique et règlementaire interprofessionnel

Société
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Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, M. Ibrah Boukari a présidé mardi dernier la cérémonie de la signature de la nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Niger. Cette signature est l’aboutissement d’un long processus qui a vu la participation de tous les acteurs. La cérémonie a enregistré la présence des représentants des organisations patronales du Niger et ceux des centrales syndicales. A cette nouvelle convention, le Niger se dote ainsi d’un texte adapté et conforme aux nouvelles exigences du monde du travail.

Cette nouvelle convention collective interprofessionnelle remplace, l’ancien texte qui date de 1972, c’est-à-dire qui est vieux de 50 ans. Il s’agit à travers cette révision de se conformer et de répondre aux nouvelles exigences du moment. Ainsi, un toilettage de certaines dispositions qui sont devenues caduques a été opéré afin de doter le Niger d’un document répondant aux contextes actuels du monde des travailleurs. Il a fallu un long moment de réflexion et d’échange entre les différents acteurs. L’aboutissement de ce travail est la preuve d’une bonne santé du climat social, notamment entre les employeurs et les travailleurs. C’est aussi la preuve de la sérénité d’un dialogue social constructif. La nouvelle convention a été signée par le Conseil du Patronat du Niger, la Fédération des Organisations Patronales du Niger et les cinq centrales syndicales les plus représentatives à savoir la CDTN, la CNT, l’USTN, la CGSL-Niger et l’USPT. Elle a été par la suite paraphée par le Directeur général du Travail avant d’être approuvée par le Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale.

Dans son discours à la cérémonie, le ministre Ibrah Boukary a exprimé la joie qui l’anime pour avoir été témoin du dénouement heureux d’un long processus participatif. Le ministre en charge de l’Emploi a, au nom des autorités du pays, adressé ses remerciements à tous les acteurs impliqués dans ce processus. «Le long exercice de sa négociation a été initié par les partenaires sociaux eux-mêmes avec la bénédiction et le soutien des autorités de notre pays, dont S.E le Président de la République qui ne ménage pas ses efforts pour l’instauration de relations professionnelles saines et la promotion d’un dialogue social constructif», a-t-il déclaré.

M. Ibrah Boukary a ensuite précisé que cette nouvelle convention remplace, 50 ans plus tard, la Convention collective interprofessionnelle du 15 décembre 1972, dont les dispositions sont devenues obsolètes, voire caduques. «Cette nouvelle convention dit-il, constituera désormais le fondement des relations professionnelles entre les travailleurs et leurs employeurs». Le ministre en charge de l’Emploi a réitéré l’engagement et la disponibilité de son département ministériel à tout mettre en œuvre pour le respect des dispositions de cette nouvelle convention, conformément aux conventions internationales auxquelles le Niger a souscrit. Après la signature de la nouvelle Convention, le prochain chantier est, selon le ministre, la révision du Code du travail pour laquelle le Ministère attend, de la part des partenaires, une participation active à toutes les étapes du processus de réforme.

Le ministre en charge de l’Emploi a ainsi saisi cette opportunité pour remercier le Bureau International du Travail (BIT) pour les efforts déployés en vue d’accompagner le Niger, à travers le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, les organisations professionnelles d’employeurs et de travailleurs dans toutes leurs activités d’intérêt collectif. «La Convention collective interprofessionnelle édicte de nouvelles conditions de travail pour l’ensemble des travailleurs des entreprises signataires et même au-delà. Il est indubitable que l’application de ces nouvelles dispositions contribuera à renforcer l’engagement des salariés au travail et leur rendement, car de leurs efforts conjugués dépendent la productivité des entreprises, ainsi que leur compétitivité», a-t-il souligné.

Auparavant, plusieurs autres allocutions ont été enregistrées à cette occasion. Il s’agit de celles des représentants des organisations professionnelles et celles des représentants des travailleurs à travers les centrales syndicales les plus représentatives. Tous ces acteurs ont salué le Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale pour l’implication personnelle du ministre et les services de son département ministériel dans ce processus. «Nous osons espérer que la convention collective interprofessionnelle soumise à notre signature fera autant de prouesses. En ce jour solennel du 19 avril 2022 inscrit en lettre d’or dans le registre des relations employeurs/travailleurs, gage d’un meilleur partenariat où le dialogue social en est le maitre mot, nous pouvons prétendre avoir réussi à atteindre les résultats escomptés», a déclaré le représentant de la Fédération des Organisations Patronales du Niger.

«La révision de la convention collective interprofessionnelle est une revendication des centrales syndicales membres de I’ITN, qui estiment que certaines de ses dispositions sont obsolètes, qu’il y a lieu de les revoir en les réadaptant aux textes en vigueur notamment le Code du travail qui a connu deux révisions en 1996 et 2012. Cette révision a pour but de valoriser les relations de travail entre les employeurs et les travailleurs sur des bases saines et équitables en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des employés par le dialogue social», a déclaré pour sa part le représentant de l’ITN.

 Ali Maman(onep)