Table ronde sur l’élimination de la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre : Dr Lalla Malika Issoufou appelle à la mobilisation des ressources nécessaires en vue de mettre fin au fléau

Société
Spread the love

Sharing is caring!

La présidente de la fondation Tattali Iyali, la première dame, Dr Lalla Malika Issoufou, a parrainé hier, une table ronde virtuelle sur le thème «Partenariat renforcé et élargi : levier essentiel pour l’élimination de la Fistule Obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre». Plusieurs premières dames africaines ont pris part aux travaux, de même que plusieurs membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Niger, des responsables d’organisations internationales et le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre qui a fait le déplacement de Niamey. Les Chefs traditionnels du Niger, fortement impliqués dans la lutte contre la fistule obstétricale, ont été représentés par une forte délégation.

Dans son intervention au cours de la table ronde, la Présidente de la fondation Tattali Iyali, la première dame, Dr Lalla Malika Issoufou s’est réjouie d’une telle initiative destinée à faire le plaidoyer en faveur de l’élimination de la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre. Elle a indiqué que la fistule obstétricale « est un problème de santé majeur pour les femmes  de ces deux sous régions et  témoigne de l’inégalité du genre dans nos sociétés » car, elle touche principalement de jeunes adolescentes données précocement et sans leur consentement, en mariage. « J’ai une pensée particulière pour les femmes qui sont affectées et je voudrai saisir cette occasion pour leur souhaiter bonne guérison tout en les rassurant que les maux et douleurs qui les assaillent et ressentis quotidiennement dans leur propre chair sont des maux et douleurs partagés avec l’ensemble des premières Dames ici présentes », a ajouté Dr Lalla Malika Issoufou qui a souligné par ailleurs que les premières dames de l’Afrique de l’ouest et du

centre œuvrent inlassablement pour le renforcement de la lutte contre ce fléau. 

La Présidente de la fondation Tattali Iyali a rappelé que la fistule obstétricale constitue une pathologie deshumanisante pour les victimes car elles sont généralement rejetées par les familles, discriminées, stigmatisées et montrées du doigt. C’est pourquoi, a –t-elle poursuivi, elles développent tout au long de leur vie un sentiment de honte et un complexe d’infériorité. « Elles sont alors obligées de vivre isolées de la société sans ressources, ou tout simplement élire domicile une bonne partie de leur vie dans les hôpitaux », s’est-elle indignée. 

Pour la première dame, Dr Lalla Malika Issoufou, l’élimination de cette pathologie est un appel pour transformer le monde. « Tout comme nous parlons de mettre fin à la polio, au VIH-SIDA, et tant d’autres formes de souffrances, nous devons nous engager à intensifier nos efforts pour éradiquer la fistule obstétricale, une fois pour toute. Aucune femme ne devrait endurer un tel problème de santé alors qu’il peut être évité et traité. Notre

objectif à long terme doit être de rendre le problème de la fistule obstétricale aussi exceptionnel dans les pays en développement qu’il l’est déjà dans les pays développés », a-t-elle affirmé, juste avant de rendre « un hommage mérité » aux Fonds des Nations Unies pour la Population qui a lancé en 2003 la campagne mondiale d’élimination de la fistule obstétricale

Présent à Niamey pour prendre physiquement part à la table ronde, le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, M. Mabingue Ngom, s’est félicité de l’initiative qui a pour but de « renforcer notre remobilisation autour de la fistule obstétricale dont la persistance dans nos sociétés constitue une entrave certaine à tous nos efforts d’autonomisation de la femme africaine, et plus spécifiquement sahélienne ». Il a exprimé sa préoccupation de constater qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre, malgré le fait que la fistule obstétricale soit un problème de santé majeur pour elles, le nombre de femmes atteintes de cette pathologie demeure relativement peu connu.

Selon M. Mabingue Ngom, le mariage des enfants, les grossesses précoces et les mutilations génitales féminines sont des facteurs constitutifs de la fistule obstétricale. Il a ajouté que ces fléaux ont tous en commun l’inégalité entre les sexes et des normes sociales, les violations graves des droits et de l’intégrité des filles et des femmes et empêchent leur autonomisation. Il a invité l’ensemble des partenaires à se battre côte-à-côte pour qu’ensemble « nous éliminions la fistule obstétricale d’ici 2030 et assurions l’accès universel à la santé de la reproduction ».

Mobiliser assez de ressources pour abolir la fistule obstétricale

L’ensemble des participants à la table ronde adhèrent à l’idée que lutter contre la fistule obstétricale  équivaut à lutter pour la dignité des filles, leur bien-être, et pour leurs droits humains fondamentaux. Au regard de la gravité de la situation, la Présidente de la fondation Tattali Iyali, Dr Lalla Malika Issoufou, appelle à mobiliser très rapidement les ressources nécessaires en vue « de mettre fin à cet attentat contre la santé et les droits humains des femmes et des filles, qui les dépouille de leur dignité et leur fait perdre tout espoir ». C’est le lieu de rendre un hommage mérité aux Fonds des Nations Unies pour la Population, a-t-elle dit,  qui a lancé en 2003 la campagne mondiale d’élimination de la fistule obstétricale et qui s’articule autour des trois axes stratégiques que sont la prévention, le traitement et la réinsertion socio-économique.

Dr Lalla Malika Issoufou a aussi rappelé que des efforts non négligeables sont en train d’être faits dans les Etats concernés pour adresser ces trois (3) axes. D’ores et déjà, a-t-elle indiqué, « nos gouvernements respectifs ont inscrit dans leur agenda comme priorité l’éradication de la fistule obstétricale », prenant l’exemple du Niger ou l’Etat a considérablement investi dans la prévention, la prise en charge chirurgicale et la réinsertion socioéconomique des femmes victimes de fistule obstétricale. « En dépit des progrès accomplis dans la promotion de la santé maternelle, on estime encore à 30 000, le nombre de nouveaux cas de fistule obstétricale par an dans la région Afrique de l’Ouest et Centrale dont seulement 3000 cas bénéficient d’une prise en charge chirurgicale ».

La Présidente de la fondation Tattali Iyali a attiré l’attention des participants sur la limitation des déplacements qu’imposent la menace sécuritaire et la pandémie de la Covid19 dans la bande sahélienne. Si cette situation devrait perdurer, a-t-elle prévenu, « nous assisterons à une perte significative des résultats acquis au cours des dernières années dans le cadre de la lutte contre la fistule Obstétricale ».

Pour sa part, le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre appelle à sensibiliser les communautés contre la violence basée sur le genre et à les éduquer sur l’importance des accouchements assistés par un personnel de santé qualifié. « Nous devons aussi les sensibiliser contre la stigmatisation et la discrimination associées à la fistule qui sont encore très répandues, pour que finalement le silence autour de ce handicap soit rompu », a-t-il lancé.

Souleymane Yahaya(onep)