Visite du SG de l’ONU sur le site des déplacés internes et réfugiés de Ouallam : M. Antonio Guterres appelle la communauté internationale à être digne des efforts admirables que fait le Niger

Société
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Au dernier jour de sa visite de travail de 48 heures au Niger, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres s’est rendu, hier matin, à Ouallam pour échanger avec les déplacés internes et les réfugiés installés temporairement dans cette ville. Accompagné du ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Hassoumi Massoudou, et du ministre de l’Action humanitaire et de la gestion des Catastrophes, M. Laouan Magagi, le chef de la délégation onusienne a écouté les préoccupations de cette population vulnérable et victime de l’insécurité avant de s’engager à la soutenir davantage. Le Secrétaire général des Nations Unies a également appelé la communauté internationale à soutenir les Forces de Défense et de sécurité nigériennes dans leur lutte inlassable contre le terrorisme.

A l’arrivée de la délégation sur le site des déplacés et réfugiés à Ouallam, le gouverneur de Tillabéri, M. Diori Dourahamane, a rappelé que depuis 2012, cette zone fait face à des problèmes d’insécurité sans précèdent qui impactent négativement les conditions de vie des communautés locales et dont les conséquences ont conduit à «des pertes en vies humaines, au déplacement massif des populations parmi lesquelles on distingue 85.709 déplacés internes, 36.691 réfugiés maliens et 5.951 réfugiés burkinabés, soit un total de 42.642 réfugiés, et surtout des difficultés d’accès aux services sociaux de base avec près de 579 écoles fermées sur 2.447 écoles que compte la région à la rentrée scolaire 2021-2022».

En plus de ces défis sécuritaires et leurs conséquences, a poursuivi le gouverneur, la région de Tillabéri fait aussi face à d’autres défis liés au changement climatique et au développement. Ce qui a conduit à la mauvaise campagne agricole 2021 suivie de l’insécurité alimentaire qui affecte durement les populations de la région. Le gouverneur de Tillabéri a rendu «un hommage mérité aux organisations du Système des Nations Unies pour leur engagement permanent aux côtés de l’Etat et leur soutien constant aux populations du Niger victimes du changement climatique et de son impact sur la paix et la cohésion sociale». M. Diori Dourahamane a enfin réitéré l’engagement des autorités régionales à soutenir l’ensemble des efforts fournis pour assurer le bien-être des communautés de la région de Tillabéri.

Au cours de la cérémonie d’échanges avec la délégation onusienne, M. Zakou Siddo, un déplacé interne qui a survécu à l’attaque de son village par des terroristes le 14 novembre 2020, s’est réjoui de l’accueil qui leur a été réservé par la population locale de Ouallam et a salué la réactivité de l’Etat et de ses partenaires qui continuent toujours à les assister. L’assistance que les déplacés internes reçoivent, a-t-il expliqué, ne couvre pas leurs besoins. C’est pourquoi il sollicite pour lui et pour les autres un appui supplémentaire permettant de dispenser des formations professionnelles aux plus jeunes déplacés internes du camp, et permettre aux adultes d’exercer des activités génératrices de revenus. «Il est aussi souhaitable, dit-il, de créer des programmes d’éducation alternative au bénéfice des enfants déscolarisés les plus démunis».

Pour sa part, la représentante des refugiés maliens dans le camp, Mme Aminata Walet Issafeitane, a déclaré que depuis l’invasion du Nord du Mali par les groupes terroristes et leur fuite vers le Niger, il y’a de cela 10 ans, les autorités nigériennes leur assurent protection et assistance durant tout leur asile fait de cohabitation pacifique avec la population locale. «C’est le lieu pour moi, au nom de mes frères et sœurs maliens, de remercier très sincèrement les agences des Nations Unies et leurs partenaires, à la tête desquels se trouve l’Etat du Niger et la commune de Ouallam, pour tous les efforts qu’ils ont déployés pour notre protection contre les violences dont nous avons été victimes», a déclaré Mme Aminata Walet Issafeitane.

M. Guterres promet de porter à l’international les appels humanitaire et militaire des autorités nigériennes

Face aux déplacés internes et aux réfugiés Maliens du camp de Ouallam, le Secrétaire général des Nations Unies a exprimé sa solidarité avec ces communautés victimes de terrorisme et a promis d’exiger de la communauté internationale d’apporter l’appui humanitaire nécessaire au Niger, mais aussi d’appuyer le développement du pays afin de faire face au terrorisme. «Vous pouvez compter avec les Nations Unies qui seront toujours avec vous et vous pouvez compter sur moi pour exiger de la communauté internationale un appui fort à l’Armée du Niger pour qu’elle ait la capacité de vous protéger mieux, mais aussi demander à la communauté internationale qu’elle appuie les populations du Niger et les réfugiés avec les ressources nécessaires», a-t-il indiqué. Il a également demandé aux pensionnaires du camp de le considérer comme un frère qui partage leurs espoirs.

A la fin de sa visite à Ouallam qui marque aussi la fin de sa mission de travail au Niger, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, a reconnu que le plan de réponse à l’urgence humanitaire n’est financé qu’à hauteur de 9% seulement. «Il faut qu’il y ait un financement solide du point de vue humanitaire et du point de vue du développement, dit-il, parce que la meilleure façon de combattre le terrorisme, c’est de garantir qu’il y’a de l’espoir, qu’il y’a de l’avenir. Garantir que les gens peuvent avoir des écoles, des hôpitaux, des emplois, etc.». Le Niger, reconnait-il, est un pays démocratique et de bonne gouvernance qui a «une vision nette» de son futur et qui mérite l’appui de la communauté internationale. «Le Niger mérite votre appui. Il faut que la communauté internationale soit à la hauteur des efforts admirables que fait le Niger» a lancé, depuis Ouallam, M. Guterres.

Le SG de l’ONU, les membres du gouvernement et ceux de la délégation onusienne ont visité les salles de classes construites pour les enfants des cycles préscolaire et primaire, avant de planter, pour immortaliser la visite à Ouallam, deux

baobabs. Ce geste, reconnaissent-ils, est aussi l’expression de l’engagement commun du Niger et des Nations Unies à se battre en faveur de l’environnement et de la résilience.

Auparavant, le Chef de Canton de Ouallam, l’honorable Saley Baouna Sorka, a assuré le Secrétaire général des Nations Unies du soutien «indéfectible» de la chefferie traditionnelle dans la conduite de leurs actions en faveur des populations vulnérables en général, et celles des zones en proie à l’insécurité en particulier. Il a aussi plaidé pour la multiplication des interventions et de la mise en œuvre des projets et programmes onusiens pour accompagner les communautés locales, les déplacés internes et les réfugiés venus du Mali voisin.

Souleymane Yahaya(onep)(Envoyé Spécial)