Zinder : La capitale du Damagaram dans sa peau neuve et moderne

Société
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Zinder n’est pas une ville nouvelle ; Zinder est devenue neuve ! Ce n‘est pas un commentaire ; c’est un fait. Paraphrasant le brillant et regretté journaliste français Jean Daniel qui disait des Etats-Unis d’Amérique, au milieu des années 2000, que «c’est un pays du Nord où le Sud est partout », je dirais que ma ville natale était « une ville où le village était partout».Mais voilà : la modernité est en marche à Zinder.

Il est révolu ce temps de mon enfance avec le tracé contesté de deux routes goudronnées menant du CEG 1 au Sultanat du Damagaram et du cœur historique de Birni au grand marché Dolé de cette cité fondée par Malam et Tanimoune. Certes, plus récemment encore, la modernisation du marché Dolé et surtout son inauguration avaient donné lieu à des échauffourées provoquées par des badauds oubliant que même l’ancien marché qu’ils voulaient garder en l’état avait été imposé aux Zindérois…

Oui, paix à l’âme des « gardiens du Temple » ; place aux jeunes avides de mouvement, de progrès ! On disait Zinder réfractaire au changement. La ville est aujourd’hui aux avant-postes des conquêtes sociales, économiques et surtout intellectuelles et industrielles. Qu’il y ait des résistances, cela est dans l’ordre naturel des choses car, comme l’expliquait Nicolas Machiavel dans «Le prince», le changement est parfois voire souvent combattu par ceux-là même à qui il profite.

Un confrère auquel je disais vouloir parler de la modernisation de Zinder à la manière du «journalisme gonzo » me répondit : «cela va plus marquer tes lecteurs». Bref, c’est heureux que de voir Zinder transformée en profondeur, à l’image d’autres contrées du Niger. Jugez-en plutôt :alors que les rares véhicules entrant ou sortant de la ville devaient slalomer sur un filet de macadam entre des charrettes asines transportant de la campagne à la ville des passagers coincés entre des sacs de mil ou de sorgho, des fagots de bois de chauffe ou de la paille pour animaux et des vélos noirs de marque ‘’Rallye’’ chargés de poules et gallinacées ou de produits du cru comme la salade, le chou et la tomate,  tous peuvent aujourd’hui circuler à leur aise sur des voies plus larges ou même deux doubles voies offrant aux usagers chaussées, pistes cyclables et passages piétons. Eclairés, s’il vous plaît !

Cette prodigieuse croissance du réseau routier de la capitale du Damagaram rend plus fluide la circulation des biens et des personnes qui s’intensifie même de façon exponentielle grâce au croît démographique de la ville. Ce, au profit de tous. Tout comme les autres réalisations modernes profitant aux habitants de la bonne ville de Zinder.

Visitons plutôt quelques-unes de ces réalisations avec des guides aussi avertis que le directeur régional de l’Urbanisme, M. Oumarou Boukari, le directeur régional de l’Equipement, M. Aboubacar Boureima Mounkaila, et leurs principaux collaborateurs.

Cap sur le « portique Mirriah» qui, à dix kilomètres au sud-est de Zinder, s’élève au-dessus de la route Zinder-Guidimouni. Haut d’environ dix mètres, il est, de nuit, éclairé par des lampes solaires. Outre cette route réceptionnée en 2015, celle de Zinder-Magaria dispose aussi de son portique. Le troisième ouvrage du genre, prévu  sur la route Zinder-Tanout, a finalement été édifié devant le Sultanat du Damagaram car ladite route est en chantier.

Nous nous rendons ensuite au tout nouveau salon présidentiel de l’aéroport international de Zinder, fermé aux visiteurs. M. Oumarou Boukari nous assure que « l’intérieur est luxueux». Mur d’enceinte, piste agrandie, belle aérogare, parking, large voie menant en ville: Zinder n’attend plus que les vols internationaux. Nous visitons par la suite l’enceinte où se dresse la Case de passage présidentielle ; grande et belle, elle est naturellement dotée de toutes les commodités.

Nous empruntons la voie qui va du musée régional en chantier au rond-point Randa Bakway en passant par les ronds-points Poste, ELF ou Zinder Saboua, la MJC, la tribune officielle qui est en train d’être reprise après qu’un vent violent ait emporté la toiture en bâche. Il convient de préciser que c’est sur la quadruple voie allant du rond-point Zinder Saboua au rond-point Randa Bakway qu’a eu lieu le défilé civil et militaire de la fête du 18 décembre 2018. Du rond-point Randa Bakway, nous longeons une nouvelle route avant d’emprunter les deux fois deux voies qui vont de l’entrée de Zinder, 500 mètres environ après « la crépine », jusqu’à l’hôpital.

Notre équipe visite enfin la salle de presse édifiée dans l’enceinte de la Station ORTN de Zinder : s’il est vrai que la salle de presse dispose d’une bonne connexion à l’internet, il reste à faire car ceux qui ont conçu ou construit le bâtiment n’ont pas fait appel à un ingénieur du son ou même un technicien du son – ce qui explique que le studio ne soit pas insonorisé et soit donc contre-indiqué pour la production d’émissions radio-TV. En plus, cet édifice n’est pas alimenté en électricité…

 

Des milliards de francs CFA investis à Zinder

Quoi qu’il en soit, la modernisation de la région de Zinder va au-delà de ces réalisations. Ainsi, dans le cadre du seul programme triennal Zinder Saboua, le directeur régional de l’Urbanisme de Zinder indique que, à la date du 12 mars 2020, plus de cinq milliards (5.205.618.409 francs CFA exactement) ont été investis à Zinder. En détail, cela donne les chiffres suivants : 838.785.849 francs CFA pour la construction de la Case de passage présidentielle dont les travaux sont terminés et réceptionnés, 810.883.149 F pour la tribune officielle dont les travaux sont à 70% d’exécution,520.570.103 F pour la construction du Salon d’honneur présidentiel et la réhabilitation de l’aéroport (réception technique effectuée), 499.386.451 F pour la construction de caniveaux

à Zinder (réceptionnés), 499.200.000 F pour le traitement des koris et mares dans la ville de Zinder (35% de taux d’exécution seulement), 497.360.976 F pour le pavage des rues dans la ville de Zinder (réalisé à 80%), 297.456.719F pour la construction du mur de clôture de l’aéroport (réceptionné), 242.236.855 F pour la réhabilitation du stade régional (réceptionné), 199.278.932 F pour la réhabilitation de la MJC.

D’autres réalisations d’un montant allant de 25 à près de 175.000.000 de francs CFA ont concerné divers secteurs : réhabilitation des bureaux du comité Zinder Saboua à Niamey (25.876.512 F), construction du mur de clôture et démolition de bâtiments et mur de clôture à la Compagnie de la Zone de Défense N° 3 (57.797.152 F), réhabilitation du palais du Sultan du Damagaram (99.216.115 F),construction d’une salle de presse (148.494.509 F), construction de la villa ministérielle VIP de Zinder (151.355.105 F), construction de monuments et aménagement des places Lot 1 (173.369.157 F), etc.

Certes, le directeur régional de l’Urbanisme de Zinder, M. Oumarou Boukari, en oublie bien d’autres comme ce joyau qu’est le marché Dolé, réceptionné le 20 septembre 2018 et qui, avec ses 2.152 boutiques et 1.000 hangars, est le plus grand marché moderne du Niger. Mais, il regrette «l’arrêt des chantiers de réhabilitation de deux magasins à l’ONPPC de Zinder, de l’hippodrome et du musée régional de Zinder» même s’il assure que d’autres ouvrages sont en cours de réalisation : aménagement de l’emplacement où sont organisées les grandes prières de Ramadan et de Tabaski, surcreusement de mares, etc.

Notons que, selon le directeur régional de l’Urbanisme, «il n’y a pas d’infrastructures réalisées ailleurs dans la région de Zinder dans le cadre de «Zinder Saboua ».

Toutefois, s’il y a des investissements qui profitent le plus au plus grand nombre des Zindérois, ce sont assurément ceux réalisés dans le secteur routier. S’il est vrai que « la route du développement passe par le développement de la route », on peut affirmer sans conteste que la région de Zinder est sur la bonne voie. Selon le directeur régional de l’Equipement de Zinder, M. Aboubacar Boureima Mounkaila, « le bilan des travaux routiers 2011-2019 se chiffre à un montant général de 102.716.179.125 francs CFA ». Le budget national, le Fonds d’entretien routier, la Banque Mondiale, les 10ème et 11ème FED ainsi que la BOAD en ont assuré ou assurent le financement.

Concrètement, 91.955.396.670 francs CFA ont été investis pour la construction, la réhabilitation des routes ainsi que l’aménagement de la voirie contre 10.760.782.455 francs pour les travaux d’entretien. Ainsi, en 2011, il y a eu la réhabilitation de 142 kilomètres de la route nationale 32 Sabon Kafi-Belbeji-Soli Tagriss et l’entretien de routes nationales et rurales.  En 2012, la route nationale 34 Moa-Kellé-Gouré (81 km) et la RN 1 Est Zinder-Guidimouni-Moussari (82 km) ont été réhabilitées et d’autres routes tant nationales que rurales ont été entretenues. L’année 2013 a été consacrée aux seuls travaux d’entretien des routes nationales et rurales de la région. En 2014, outre les travaux d’entretien des routes nationales et rurales, il y a eu la construction des routes rurales Zinder-Gafati-Zermou (36,9 km) et la réhabilitation de la RN 34 Zinder-Damagaram Takaya-Moa (101 km). L’année 2015 a vu la construction de la route rurale Dungass-Mallawa longue de 32 km et surtout la réhabilitation de la RN 11 Sud Zinder-Bandé-Magaria-Frontière du Nigeria (113 km). 2016 a été consacrée aux travaux d’entretien des routes nationales et rurales. En 2017, la ville de Magaria a bénéficié de 2,5 km de voirie tandis qu’une route rurale a été construite entre Dogo et Lingui (5 km). L’année du soixantième  anniversaire de la République du Niger a été marquée par l’aménagement de 10, 6 kilomètres de voirie sur les 17,2 prévus dans la ville de Zinder. Notons enfin que des travaux d’entretien ont également été menés en 2018 et 2019.

A propos  des nids de poule  sur les chaussées flambant neuves de Zinder, le directeur régional de l’Equipement explique qu’ils sont provoqués par des fuites dans les canalisations d’eau mais qu’ils seront colmatés. Si vous voulez une preuve de l’attachement des Zindérois à leurs nouvelles infrastructures, je n’en donnerais qu’une, qui atteste aussi de la modernité de la jeunesse du Damagaram : tous les soirs, la devanture de la tribune officielle est prise d’assaut par des enfants s’adonnant, sur la chaussée, au … skateboard ! Sous les applaudissements de la foule.

 

Par notre envoyé spécial Sani Soulé Manzo(onep)