Lors de la cérémonie marquant le lancement ...
1996-2026 : l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE) a aujourd’hui trente (30) ans d’existence ! Pour marquer cette longue et riche expérience, l’ANPE a organisé, hier, mardi 11 août 2026, les trente (30) ans de sa création. Ce 30è anniversaire offre l’occasion de jeter un regard rétrospectif sur trois décennies d’engagement au service de l’emploi, d’apprécier le chemin parcouru, de saluer les femmes et les hommes qui ont bâti cette institution et, surtout, de tracer les perspectives d’un service public appelé à jouer un rôle toujours plus déterminant dans le développement économique et social du pays. La cérémonie marquant le lancement des activités commémoratives a été présidée par la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi.
Le droit au travail et la promotion de l’emploi constituent des priorités reconnues par les instruments internationaux, notamment les conventions nᵒ 88 sur le service public de l’emploi et nᵒ 122 sur la politique de l’emploi de l’Organisation internationale du travail. Ainsi, en adhérant à ces instruments internationaux, le Niger a réaffirmé sa volonté de faire de l’emploi un levier majeur de lutte contre la pauvreté, de promotion de la justice sociale et de consolidation de la cohésion nationale.
La ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, a, en effet, rappelé que c’est dans cette dynamique que le Niger a créé en 1996 l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi, qui s’est substituée à l’ancien service de la main d’œuvre. Depuis 30 ans, a-t-elle souligné, cette institution remplit avec professionnalisme une mission essentielle du service public : rapprocher les demandeurs d’emplois des employeurs, favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, accompagner les entreprises dans leurs besoins en ressources humaines et contribuer à une meilleure connaissance du marché du travail. « L’ANPE n’est pas une administration comme les autres. Elle constitue le principal instrument opérationnel de mise en œuvre de la politique nationale de l’emploi. À travers ses différentes missions, elle traduit concrètement les orientations du gouvernement en matière d’accès à l’emploi, de promotion de l’employabilité, d’insertion professionnelle, d’entrepreneuriat et d’amélioration du fonctionnement du marché du travail », a-t-elle déclaré.

Par ailleurs la ministre Aissatou Abdoulaye Tondi a indiqué que le Niger connaît aujourd’hui d’importantes mutations économiques, technologiques et démographiques. Ces transformations qui imposent, selon la ministre, au service public de l’emploi de poursuivre sa modernisation afin de répondre efficacement aux attentes des usagers. Elle a également reconnu que la digitalisation des services, le développement des plateformes numériques de recrutement, l’amélioration du système d’information sur le marché du travail, le renforcement des partenariats avec le secteur privé ainsi que l’adaptation permanente des compétences aux besoins de l’économie constituent désormais des priorités. « Le gouvernement est pleinement conscient de ces défis et c’est pour cette raison qu’il poursuit et poursuivra les efforts visant à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de l’ANPE afin qu’elle puisse continuer à jouer pleinement son rôle dans la mise en œuvre de la politique nationale de l’emploi », a-t-elle expliqué.
La ministre chargé de l’Emploi a aussi souligné que dans le contexte de la refondation du Niger, l’emploi occupe une place centrale dans les priorités nationales. À cet égard, a dit la ministre, l’ANPE est appelée à être un acteur de premier plan dans la concrétisation de cette ambition. « La promotion d’emplois décents, l’insertion professionnelle des jeunes, le développement des compétences, l’entreprenariat et la valorisation du capital humain constituent des axes majeurs de l’action gouvernementale », a-t-elle souligné.
30 ans de croissance, d’innovation au service de l’employabilité
Le directeur général de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi, M. Idé Oumarou Abdou, a expliqué que la création de l’ANPE est intervenue dans le cadre des réformes initiées par le gouvernement dans le domaine de la gouvernance du marché de l’emploi qui répond au souci des pouvoirs publics de disposer d’un service public d’emploi beaucoup plus tourné vers l’usager, et plus étroitement intégré dans la dynamique du marché de l’emploi ; ce qui lui confère un rôle d’instrument clé de la politique du gouvernement en matière de promotion de l’emploi et de lutte contre le chômage, la formation, les inégalités salariales et l’impact des nouvelles technologies.
M.Idé Oumarou Abdou a fait savoir qu’en dépit des efforts déployés pendant ces trente (30) dernières années, des défis restent encore à relever, afin de permettre la transformation intégrale de l’ANPE. Cette phase cruciale de maturité dans laquelle l’ANPE entre de plain-pied, a-t-il poursuivi, commande à ce que l’économie du travail, en tant que science, soit la discipline principale, avec comme boussole un Code du travail réformé et actualisé. Il a en outre révélé que dans un proche avenir, l’ANPE entrevoit, entre autres, la modernisation et la digitalisation de ses outils de travail et de ses prestations ; la maîtrise et l’expertise des marchés du travail et le leadership en matière de promotion de l’Emploi au Niger ; la disponibilité des ressources mobilisées adéquates et optimales ; le développement des compétences de ses agents. « Pendant ses trente (30) années d’existence, de développement et de croissance, l’Agence a connu plusieurs réformes et une évolution organisationnelle, dont trois (03) changements de son statut juridique », a-t-il expliqué.
Sur le plan organisationnel, M. Idé Oumarou Abdou a attiré l’attention sur l’expansion des agences et des représentations de l’agence à travers le pays. « Au début, les activités de l’ANPE étaient principalement concentrées au niveau de Niamey. Mais au début des années 2000, l’Agence a lancé un processus de déconcentration de ses services qui avait abouti à la création de trois antennes interrégionales en 2003 », a-t-il fait savoir. Par la suite, a-t-il ajouté, l’ANPE, avec l’appui de l’État et des partenaires techniques et financiers, a pu élargir, en 2015-2016, son réseau opérationnel sur toute l’étendue du territoire national, en créant une antenne au niveau de chacune des huit (08) régions du pays. « Enfin, retenons qu’à ce jour, en plus de la direction générale composée de quatre (04) directions centrales, de deux (02) cellules et de conseillers techniques du directeur général, l’ANPE compte huit (08) directions régionales et trois (03) agences, dont une (01) à Konni et deux (02) à Niamey », a-t-il dit.
L’aboutissement d’une politique en faveur des jeunes diplômés
Pour le secrétaire général du gouvernorat de la ville de Niamey, M. Moussa Saley Zouzou Moctar, il a expliqué que, dans le concert des institutions étatiques, la pérennité de l’ANPE force l’admiration, car elle s’inscrit désormais dans une dynamique d’innovation disruptive, rompant avec les paradigmes obsolètes pour s’arrimer aux impératifs de la refondation. « Cette mutation institutionnelle est le corollaire direct de l’impulsion salvatrice donnée par les plus hautes autorités de notre nation. La quête de souveraineté nationale, socle de notre action commune, exige un capital humain valorisé et une employabilité optimisée », a-t-il dit.
Au Niger, selon le secrétaire général du gouvernorat, la Politique Nationale de l’Emploi trouve en l’ANPE son bras séculier et son catalyseur principal. Par le déploiement de programmes d’insertion et de réinsertion d’une pertinence technique avérée, l’Agence transforme les défis démographiques en opportunités de croissance.
L’emploi, insiste-t-il, est le soubassement de toute architecture de développement endogène et l’État, fidèle à ses engagements, érige la promotion de la formation et l’insertion professionnelle des jeunes en priorité absolue. « L’ANPE est plus qu’un instrument technique institutionnel, c’est un vecteur de cohésion sociale et un rempart contre la précarité. Son rôle est déterminant pour l’équilibre de notre tissu social et la pérennité de notre modèle de développement », a-t-il déclaré.
M. Moussa Saley Zouzou Moctar a enfin exhorté avec insistance les autorités publiques et les partenaires à intensifier leur soutien à cette institution. Pour lui, il est impératif de doter l’ANPE de moyens à la mesure de ses ambitions afin qu’elle puisse amplifier son impact, particulièrement auprès de la jeunesse diplômée dont le nombre croissant doit être perçu comme une force vive à canaliser pour éviter tout risque de déflagration sociale.
Cette cérémonie de célébration du trentenaire de l’ANPE s’est simultanément déroulée dans les huit (8) régions du pays.
Hamissou Yahaya et Ismael Mounkaila (stagiaire)
