Lors de la cérémonie de lancement de la PNA 2027-2035 ...
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a procédé, le lundi 17 août 2026 à Niamey, au lancement officiel du processus d’élaboration du document de Politique Nationale de l’Agriculture 2027-2035 et son plan d’actions (2027-2029). Ce processus sera piloté par deux (2) organes. Un comité de pilotage, organe d’orientation et de prise de décisions et un comité technique, chargé de coordonner l’élaboration de la Politique Nationale de l’Agriculture (PNA) et son plan d’action.
Dans son intervention, le ministre chargé de l’Agriculture a estimé que doter le Niger d’un document de politique agricole est une étape importante pour bâtir une agriculture durable plus inclusive et innovante. « Cela passe par une mobilisation et un accroissement des investissements pour renforcer la résilience des acteurs des chaînes de valeur agricole à faire face aux risques climatiques et économiques afin de relever les défis alimentaires et nutritionnels du XXIème siècle », a-t-il dit.
Le document de Politique Nationale de l’Agriculture et son plan d’actions, a-t-il poursuivi, capitalisera et renforcera les initiatives en cours. Il s’agit du Programme Grande Irrigation, la Stratégie de gestion des terres durables, la Stratégie de la pêche et de l’aquaculture, la Stratégie nationale de développement de la riziculture, la Stratégie de la petite irrigation, la Politique foncière rurale, la Stratégie de développement durable de l’Elevage, la Stratégie recherche-formation-innovation pour l’Agriculture sur les moyen et long termes au Niger (Niger 2040), le Plan national des énergies renouvelables et la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat des jeunes.

Pour le ministre, un regard doit être porté aux défis de la transition écologique et de la résilience climatique, en encourageant des modèles de production respectueux des ressources naturelles, économes en eau et générateurs de valeur ajoutée locale. « De même, une attention doit être portée à la participation du secteur privé, des jeunes et des femmes dans l’agriculture et dans les systèmes alimentaires, car, dans cette nouvelle trajectoire de développement pour la souveraineté alimentaire, il nous faut offrir des opportunités d’emplois aux jeunes dans l’agriculture », a-t-il déclaré.
Le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane a invité les acteurs de l’Agriculture à jouer un rôle de premier plan dans les différents travaux. « Le document de la PNA, une fois adopté par le Gouvernement, servira de cadre de référence pour toutes les interventions dans le secteur rural », a-t-il soutenu.
Auparavant, le Chef de file des partenaires techniques et financiers, M. Johan A. Mistiaen, a souligné que le lancement de cette politique constitue le point de départ d’un choix stratégique pour l’avenir de l’agriculture qui demeure au cœur de l’économie et du développement du Niger. « La PNA devra soutenir le Niger dans une transformation profonde de son agriculture, passer d’une agriculture vulnérable aux chocs à une agriculture résiliente, passer d’une approche axée uniquement sur la production à une vision intégrée des chaînes de valeur promouvant la transformation, la valorisation et la commercialisation des produits agricoles, et passer d’une agriculture qui crée des emplois à faible productivité à une agriculture capable de générer des emplois plus productifs, mieux rémunérés et plus durables pour les jeunes et les femmes », a-t-il dit.
Conformément au programme de refondation de la République, a-t-il indiqué, cette ambition est également intégrée au nouveau cadre de partenariat pays du groupe de la Banque mondiale pour le Niger qui vise à contribuer à l’amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire en tant que moteurs essentiels pour accélérer la création d’emplois, la croissance économique et le renforcement de la résilience. « Au nom des partenaires techniques et financiers, je voudrais réaffirmer notre disponibilité à accompagner le gouvernement dans cette démarche », a rassuré M. Johan A. Mistiaen.

Quant au gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, il a précisé qu’à travers la modernisation de l’agriculture et la diversification de la production, la Politique Nationale de l’Agriculture garantira la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. Le processus d’élaboration de la politique nationale de l’Agriculture doit intégrer les effets des calamités naturelles dans toutes les approches. « Les experts doivent proposer des solutions concrètes et adaptées aux défis qui assaillent notre agriculture, des solutions qui permettront de maîtriser cette agriculture, l’impulsion dont elle a besoin, les flux de notre production ultérieure et future afin d’avoir une profondeur systémique », a-t-il exhorté.
Pour être une chaîne d’inclusion, a-t-il ajouté, cette politique nationale de l’Agriculture devrait faire appel à la dimension infrastructurelle adaptée à l’environnement et aux besoins croissants et multiples. « Elle garantira notre souveraineté alimentaire, ses chaînes de valeur alimentaires, une politique commune et inclusive de stockage stratégique et une mécanisation accélérée », a souligné le gouverneur.
Farida A. Ibrahim (ONEP)
