Lors du lancement des travaux de forage du puits d’exploration
Le lancement de la reprise des travaux de forage du puits exploratoire « Kafra Sud-Est 1 » ouvre de nouvelles perspectives pour le secteur pétrolier nigérien, mais aussi pour l’économie nigérienne en général et pour la région d’Agadez en particulier, et plus précisément pour les populations de Djado et d’Iférouane. Au-delà des enjeux de production et de souveraineté énergétique, les autorités nigériennes placent désormais le contenu local au cœur du développement du projet, avec une attente forte : faire de Kafra un véritable levier de création d’emplois, de développement des compétences et d’émergence d’opportunités pour les jeunes et les entreprises nigériennes.
La cérémonie officielle de reprise des travaux du bloc Kafra, présidée le 13 août 2026 par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, en présence de son homologue algérien, M. Sifi Ghrieb, a ainsi été marquée par une attente particulièrement claire « l’exploitation des ressources nationales doit bénéficier prioritairement au Niger et ses populations ».
Dans son allocution, le Premier ministre nigérien a réitéré l’engagement du gouvernement par rapport à la nécessité de veiller au respect des engagements contractuels, mais également de faire de la formation, du transfert de compétences, de l’emploi des jeunes et du recours aux entreprises nationales des éléments essentiels de la mise en œuvre du projet. « La présence d’une entreprise pétrolière doit aussi produire des effets positifs et perceptibles au bénéfice des communautés locales », a souligné M. Ali Mahaman Lamine Zeine.
Cette orientation revêt une importance particulière dans une région comme Agadez, où le développement de grands projets économiques est porteur d’espoirs importants pour la jeunesse et les opérateurs économiques locaux.
Pour les autorités régionales, l’enjeu est précisément de faire en sorte que Kafra ne soit pas seulement une zone d’exploration et, demain, éventuellement de production, mais qu’il devienne un véritable pôle d’activités économiques susceptible de générer des emplois et de nouvelles opportunités. C’est pourquoi, dans son intervention, le gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, a particulièrement insisté sur cette dimension. Il a rappelé que le développement du bloc pourrait contribuer à diversifier l’activité économique de la région, à renforcer les infrastructures et à créer de nouvelles opportunités dans les domaines des services, de la logistique, de la formation et de la sous-traitance.
Cette approche ouvre de nombreuses possibilités pour les jeunes de la région à travers la création d’emplois directs et indirects, prestations de services, transport, restauration, hébergement, maintenance, sécurité, logistique, fourniture de matériels et de consommables, mais également développement de compétences spécialisées dans les métiers liés aux hydrocarbures. Le véritable défi sera donc de préparer les ressources humaines locales afin qu’elles puissent répondre aux besoins générés par le projet. Le contenu local ne saurait en effet se limiter à l’emploi de quelques travailleurs sur les sites d’exploitation. Il doit également permettre au Niger de renforcer durablement son capital humain. C’est pourquoi, la formation professionnelle, le transfert de technologie et le renforcement des compétences constituent des engagements majeurs du partenariat entre les opérateurs nigériens et algériens.
Pour sa part, le Premier ministre algérien, M. Sifi GHRIEB, a salué l’engagement de l’Entreprise nationale de forage ENAFOR à employer progressivement des jeunes Nigériens dans le projet Kafra et à leur fournir la formation nécessaire à l’exercice de leurs missions. Cette orientation donne une dimension particulièrement importante à la coopération entre SONATRACH, ENAFOR et SONIDEP. L’expertise algérienne peut ainsi contribuer à faire émerger au Niger une nouvelle génération de techniciens, ingénieurs et cadres spécialisés dans les différentes étapes de la chaîne pétrolière. L’engagement annoncé de recourir progressivement aux entreprises, produits et services nigériens représente une opportunité pour les opérateurs économiques du pays, à condition qu’ils disposent des capacités techniques, financières et organisationnelles nécessaires pour répondre aux standards de l’industrie pétrolière.
Kafra pourrait ainsi favoriser l’émergence et la consolidation d’un tissu d’entreprises nationales capables d’intervenir dans la sous-traitance pétrolière et les services connexes. Cette dynamique pourrait progressivement contribuer à la création d’un écosystème économique autour du projet Kafra, dépassant largement le seul périmètre du site pétrolier. Au-delà de l’emploi et des opportunités économiques, le contenu local participe directement à la vision de souveraineté portée par les autorités nigériennes. En effet, valoriser les ressources naturelles du pays ne signifie pas seulement produire du pétrole. Il s’agit également de maîtriser progressivement les compétences, les technologies, les services et les chaînes de valeur qui accompagnent leur exploitation.
Ali Maman
ONEP-AGADEZ



