dimanche 25 octobre 2026

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« Souffrances Invisibles » : Une œuvre de Aboubacar Sidikou Aïcha qui met en lumière les blessures silencieuses de la famille

· ONEP NE
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Née en avril 1999 à Doutchi, Aboubacar Sidikou Aïcha est une jeune écrivaine nigérienne passionnée de lecture, d’écriture et de cinéma. Dans son premier roman, « Souffrances Invisibles », publié au Nouvelles Éditions du Sahel, elle aborde les rivalités entre belle-famille et belle-fille, ainsi que leurs conséquences sur l’équilibre familial. Inspirée d’un vécu réel, l’œuvre se veut une invitation à la réflexion sur une réalité souvent banalisée dans la société.

Pour Aboubacar Sidikou Aïcha, l’écriture est à la fois une passion et un moyen de sensibilisation. À travers son premier roman, elle s’intéresse aux tensions pouvant naître entre belle-famille et belle-fille et aux nombreux problèmes familiaux qui peuvent en découler. « ‘’Souffrances Invisibles’’ est un roman à travers lequel je mets essentiellement l’accent sur les rivalités entre belle-famille et bru, et les nombreux problèmes familiaux qui peuvent naître suite à ce genre de rivalités », explique-t-elle.

L’auteure souhaite surtout amener le lecteur à prendre conscience des conséquences de ces situations. Elle estime que leur fréquence dans la société conduit parfois à leur banalisation, certains allant jusqu’à les considérer comme relevant de la tradition. « Je veux conscientiser le lecteur sur l’énorme problème qu’est ce type de rivalité, parce qu’il est tellement fréquent dans notre société aujourd’hui que certains le confondent même avec la tradition », souligne-t-elle.

À travers ce roman, elle rend également hommage aux femmes qui ont vécu ou subi ces situations et à celles qui ont dû y faire face au quotidien. L’idée de ce roman est née de plusieurs témoignages entendus par l’écrivaine. Mais le récit d’une personne très proche d’elle a particulièrement retenu son attention. Cette femme lui a confié avoir longtemps été victime d’une rivalité au sein de sa belle-famille, avec les difficultés et les injustices qui en ont résulté. « Je crois sincèrement que je dois mon œuvre à cette femme, parce que Souffrances Invisibles est inspiré de son vécu », confie-t-elle.

Au-delà de la rivalité familiale, l’œuvre traite également de l’amour, des relations humaines, des épreuves, des dures réalités de la vie et de la résilience. Pour l’auteure, les expériences vécues à travers l’écriture lui ont notamment appris que l’amour suppose aussi le pardon et que la vie en société exige patience et dépassement de soi.

À travers les personnages de son roman, Aboubacar Sidikou Aïcha défend la nécessité du respect des rôles au sein de la famille. Pour elle, le respect mutuel apparaît ainsi comme une condition importante de l’harmonie familiale. Cette vision de la famille est directement liée à la question de la paix sociale. « La paix qui nous est si chère se cultive d’abord dans nos foyers avant d’être un acquis national », estime-t-elle.

‘’Souffrances Invisibles’’ porte un regard sur certaines réalités africaines, particulièrement nigériennes. À travers cette œuvre, la jeune écrivaine entend contribuer au débat sur des problèmes sociaux qui restent parfois difficiles à aborder ouvertement. « Dans toutes nos sociétés, la littérature joue un rôle avant-gardiste. Elle joue également le rôle de dénonciateur, d’éveilleur de conscience, d’informateur, mais aussi de divertisseur », relève-t-elle. Cette conception explique son choix de traiter, par la fiction, une question liée aux relations familiales et à leurs conséquences sur les individus.

Après l’écriture du manuscrit, l’une des principales difficultés rencontrées par la jeune auteure a été l’édition. À ses débuts, elle connaissait peu le fonctionnement du secteur. « J’étais encore une bleue, j’avais mon manuscrit sous les bras et je ne savais vraiment pas par quoi commencer et vers où me tourner », se souvient-elle.

Elle devait notamment découvrir les maisons d’édition, les démarches à effectuer et les différentes étapes précédant et suivant la publication. Le coût de l’édition a constitué une autre difficulté. Elle a toutefois pu bénéficier d’un tarif étudiant, de possibilités de réduction et d’un accompagnement dans la promotion de son ouvrage.

La publication de ‘’Souffrances Invisibles’’ a permis à Aboubacar Sidikou Aïcha de découvrir une nouvelle facette d’elle-même. « J’ignorais totalement être capable d’écrire, de publier et de provoquer des réactions chez les lecteurs », reconnaît-elle.

Cette première expérience lui a également laissé une leçon qu’elle souhaite partager avec ses lecteurs, la nécessité d’être juste et sincère dans les relations humaines. « Soyez juste et véridique dans vos relations avec autrui. Gardez en tête qu’il y aura toujours un retour vers l’envoyeur. Souffrances Invisibles me l’a appris », dit-elle.

 La jeune écrivaine entend désormais poursuivre son parcours. Son ambition est de devenir une auteure capable de traiter avec aisance les problèmes souvent banalisés dans la société, mais qui contribuent à la fragiliser, et d’éveiller les consciences sur les dangers qu’ils représentent.

Avec ce premier roman, Aboubacar Sidikou Aïcha fait ainsi son entrée dans le monde littéraire avec une volonté affichée, celui d’utiliser sa plume pour questionner certaines réalités sociales et contribuer à une meilleure compréhension des relations humaines.

Adamou I. Nazirou,

ONEP-Tillabéri