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Célébration de la journée mondiale de la langue haoussa : Plus qu’une langue, un patrimoine à développer et à moderniser

· ONEP NE
M. Ali Ben Salah Hamouda, ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales,
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Initiée au Nigeria en 2015 par un groupe de journalistes et écrivains, la journée mondiale de la langue haoussa est célébrée chaque 26 août de l’année. Hier, mardi 8 septembre 2026, le Niger a commémoré la 11è édition de cette journée dans la ferveur communautaire sur le thème : « Contribution de la chanson traditionnelle à la vulgarisation et la promotion de la langue haoussa ». L’objectif de ce rassemblement tenu au palais du 29 juillet de Niamey est de promouvoir cette langue parlée au Niger et dans plusieurs pays de l’Afrique. La cérémonie a été présidée par le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales, M. Ali Ben Salah Hamouda.

Avec plus de quatre-vingts (80) millions de locuteurs, le haoussa est une langue utilisée dans les médias et l’éducation. Le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales, M. Ali Ben Salah Hamouda, a expliqué que le Haoussa n’est pas juste une langue parlée, mais une langue à travers laquelle les gens éduquent, s’expriment et transmettent les valeurs sociales. Il a ainsi indiqué qu’au Niger, la langue Haoussa est l’un des principaux instruments de communication et est profondément enracinée dans la société, tout en occupant une place majeure dans les échanges sociaux, économiques, culturels et éducatifs. « Son importance dépasse les frontières du Niger. Le haoussa, aujourd’hui parlé et compris par des dizaines de millions de personnes, notamment au Niger et au Nigeria, au Ghana, Cameroun, au Tchad, au Bénin, au Togo, constitue l’une des langues de communication en Afrique de l’Ouest », a-t-il dit.

Le ministre en charge de la Refondation a déclaré que lorsqu’une langue s’affaiblit, c’est une partie de la mémoire collective qui risque de disparaitre et lorsqu’une langue se développe, se modernise et se transmet, c’est toute une civilisation qui continue de vivre. Le ministre Ali Ben Salah Hamouda a insisté sur le fait que la promotion de la langue haoussa ne doit pas être perçue comme un repli identitaire. Promouvoir sa langue, c’est renforcer son patrimoine tout en s’ouvrant au monde. C’est pourquoi, il a exhorté à faire du haoussa une langue de culture, d’éducation, de recherche, d’innovation, de technologie et de  développement en encourageant sa présence dans les médias, dans l’édition, dans le numérique, dans les Universités et surtout auprès de la jeunesse. « Chers jeunes, une société qui n’écouterait pas sa jeunesse préparerait mal son avenir. Chers jeunes, vous êtes les gardiens et les bâtisseurs de l’avenir de nos langues. La génération qui vous a précédés vous transmet un patrimoine ; à vous de produire des contenus de qualité sur les réseaux sociaux comme vous savez très bien le faire. À vous de créer des applications, de produire des films documentaires et des œuvres musicales traditionnelles », a-t-il incité.

Le gouverneur de la région de Niamey, le Général de division Assoumane Abdou Harouna, a, quant à lui, souligné qu’en tant que langue transfrontalière, le haoussa joue un rôle crucial dans le laborieux travail de culture, d’éducation, de sensibilisation, de conscientisation et d’explication s’inspirant des valeurs ancestrales, favorisant l’émergence d’une culture humanisée, d’un vivre-ensemble à visage humain et d’un développement harmonieux dans le respect de la dignité humaine. « Pour revenir au thème du jour, nous pouvons dire que la chanson traditionnelle a toujours été sur notre continent, principalement dans notre espace, un pilier de notre mouvement collectif à travers lequel se transmettent les savoirs, nos valeurs, nos cultures et nos identités. Nos chanteurs traditionnels en langue haoussa sont généralement dépositaires de notre mémoire historique », a-t-il indiqué.

Le Général de division Assoumane Abdou Harouna a ajouté que la chanson traditionnelle a toujours su relater l’histoire par la transmission de la connaissance, des traditions et des valeurs de nos communautés. « Elle est donc un élément fondamental de notre culture et de notre littérature orale », a-t-il précisé avant de souligner la nécessité de s’inscrire dans la logique de la modernité tout en restant vigilants face aux défis du monde moderne dont l’influence des cultures étrangères qui menacent dangereusement nos pratiques orales traditionnelles.

Pour l’ambassadeur Moutari Ousmane, président du comité d’organisation, la langue haoussa est l’un des grands patrimoines linguistiques de l’espace africain et même de l’humanité, car elle est profondément enracinée dans l’histoire du Niger et du Nigéria. « Au-delà de ces deux pays, elle s’étend également sur l’ensemble de l’espace soudano-saharien et même au-delà, constituant depuis des siècles un puissant vecteur de communication, d’échanges interculturels, de commerce, de savoir et de relations entre les peuples », a-t-il rappelé. Le président du comité d’organisation a par ailleurs noté qu’une langue qui demeure uniquement dans la mémoire est une langue menacée, car une langue qui se transmet, qui s’écrit, qui s’enseigne, qui se chante, qui se documente et qui investit les nouveaux espaces numériques est une langue qui prépare son avenir. Dans nos sociétés, a poursuivi l’ambassadeur Moutari Ousmane, la chanson traditionnelle n’a jamais été qu’un simple moyen de divertissement. Elle a été une véritable école de la vie qui a transmis l’histoire, les valeurs, les conseils des anciens, les récits des communautés et les enseignements destinés aux jeunes générations.

Hamissou Yahaya (ONEP)