Après 3 mois de vacances, les scolaires se préparent pour la rentrée 2026-2027 prévue le jeudi 1er octobre 2026. Ainsi, dans la capitale nigérienne, les préparatifs sont sur toutes les lèvres. Sur les marchés locaux, dans les différentes boutiques du quartier, ils sont à perte de vue les fournitures scolaires notamment les cahiers, les sacs à dos, ensembles géométriques, des livres étalés par les vendeurs. Par ailleurs, les ateliers de couture connaissent un véritable défilé des femmes venues se procurer des tenues scolaires pour leurs enfants.
À Niamey, la rentrée scolaire ne débute pas dans les salles des cours, mais plutôt sur les marchés, dans les boutiques et les rues. Pendant environ deux semaines avant le jour-j, la ville vibre au rythme de cet évènement tant attendu par les enfants excités à l’idée de revoir leurs amis de classe.
Sur les marchés locaux et dans les quartiers, pendant que certaines personnes vaquent à leurs occupations quotidiennes, d’autres, qui sont d’ailleurs la majeure partie, s’évertuent à se procurer des fournitures scolaires pour leurs enfants.
En ce jour du mardi 29 septembre 2026, l’ambiance est électrique dans toutes les artères de la capitale. Dès les premières heures de la matinée, les voies du marché Katako et Grand marché sont impraticables. Les grossistes déballent des cartons venus du Nigéria et de la Chine. L’odeur de plastique neuf s’associe à celle de la poussière. Les vendeurs, détaillants et ambulants, crient à tue-tête : « cahier de 100 pages pour 100 F. Stylo pour 100 F ». D’autres commerçants plus rusés émettent de manière répétitive ce même son grâce à un haut-parleur afin d’attirer les clients.
L’on rencontre facilement un père de famille avec des sacs à dos ou des cahiers accompagnés d’une boîte de stylos. D’un autre côté, les femmes font des va-et-vient incessants dans les boutiques pour acheter des tissus destinés à confectionner des tenues. Ce qui crée un engouement total dans plusieurs ateliers de couture. Certains parents se plaignent du coût des fournitures, notamment les sacs à dos.

Pour beaucoup de personnes, adultes tout comme jeunes étudiants, la rentrée scolaire devient une source de revenus. Les grossistes commandent les fournitures scolaires depuis l’étranger et les écoulent auprès des revendeurs détaillants.
Marché Arewa Saga, un espace de vente des fournitures scolaires, des tissus et de confection de tenues
Au quartier Saga se trouve un petit marché nommé Marché Arewa Saga, communément appelé « Tchali banana ». C’est un marché dans lequel on trouve des produits de toutes sortes. Mais, avec l’approche de la rentrée scolaire, la vente des fournitures a pris le dessus sur les autres produits de ce marché. Presque tous les commerçants vendent des cahiers, des sacs à dos, des ardoises et des boîtes de craie.
Elhaj Hamidou Falké est un grossiste rencontré dans ce marché. Il évolue dans la vente des fournitures scolaires depuis 20 ans. Entouré de ses produits, il confie qu’il s’approvisionne à partir de la Chine. « Et Dieu merci, je ne rencontre pas des difficultés au niveau de l’importation, mais plutôt de soutien des autorités par rapport aux tarifs. Ce qui me permet à mon tour de réduire les prix à mes clients », a-t-il fait savoir.
Chez Elhaj Hamidou Falké, un cahier petit format de 200 pages se vend à un prix de 175 FCFA, un cahier de 100 pages est vendu à 75 FCFA et celui de 32 pages à 50 F. Il vend l’ensemble géométrique à 300 FCFA et un bâton de craie à 5 FCFA. Il explique que cette réduction excessive est due au travail acharné qu’il effectue lors des achats des produits au niveau des usines chinoises.
Pourtant, Elhaj Hamidou Falké se plaint de la rareté des clients qui, selon lui, n’ont pas assez de moyens pour acheter les fournitures. Malgré cela, il indique que ces derniers temps, il gagne beaucoup de bénéfices.
Toujours dans le même marché, au niveau de l’étage, c’est un autre monde. Celui de la vente et de la confection des tissus pour la tenue scolaire. À peine le visiteur franchit le seuil, qu’il se retrouve entouré de tissus de toutes marques. Des vendeurs qui s’efforcent de vous convaincre d’acheter leurs produits. Ce marché est réputé pour ses prix bas appliqués. Ainsi, un mètre du tissu communément appelé “ Mai capacity” est à 1 000 FCFA et 500 FCFA pour un mètre du tissu “DAN Maradi”.

Croisée à la sortie, Marliya Saidou, mère de 3 filles dont 2 collégiennes et une au primaire, venait faire confectionner des tenues scolaires pour ces dernières. Après avoir choisi deux types de tissus dont “ mai capacity” et Dan Maradi, chacune de ses 3 filles s’est retrouvée avec deux complets comprenant chacune une robe et un hijab, et une jupe.
Le grand marché de la capitale : l’épicentre des fournitures scolaires à Niamey
Entre les cris rythmés des vendeurs ambulants, les bousculades entre les passagers et les ronronnements des véhicules, l’ambiance est au rendez-vous. Aux alentours de l’entrée tout comme à l’intérieur du marché, le spectacle est visible ; des montagnes de livres et cahiers étalés sont visibles. Tout près, on observe des sacs à dos multicolores suspendus aux étals des boutiques.
Rencontré au bord de la rue, M. Loukmane, la vingtaine révolue, vend des sacs à dos depuis 3 ans. Il s’ approvisionne dans le même marché. Il propose à ses clients les sacs fleuris de la taille moyenne à 5 000 FCFA et des petits sacs à 3 000 FCFA. « Avec l’approche de la rentrée, j’arrive à écouler 10 sacs en une journée, ce qui m’apporte une marge bénéficiaire importante », a-t-il confié.
Non loin, nous avons croisé Mme Zara Mai Malkou, une quadragénaire qui vient acheter des fournitures pour ses 7 enfants. Elle négocie un petit sac noir que le vendeur lui a proposé à 3 000 FCFA. « Mon mari et moi nous efforçons de payer à nos enfants ces fournitures pour leur faire plaisir … Nous voulons les voir étudier avec détermination pour un avenir radieux. Et ces fournitures motivent le plus souvent les enfants », a-t-elle dit avec un sourire aux lèvres.
Les quartiers de Niamey vivent ces derniers jours au rythme de la rentrée scolaire
Oumar Ibrahim Azika est un jeune revendeur de fournitures scolaires au quartier Maourey. Il a embrassé cette activité il y a seulement 4 mois. Il discute avec un client qui est venu acheter un livre qu’il lui a proposé à 3 000 FCFA. Ce commerçant se ravitaille dans les marchés locaux de la capitale. Il achète un lot de cahiers de 200 pages petit format entre 1 000 et 1 500 FCFA.
Il indique qu’en cette veille de rentrée scolaire, il peut s’en sortir avec un bénéfice de 1 000 FCFA ou plus par jour. Son hangar est plein de cahiers et livres, visiblement de bonne marque. Le revendeur Oumar Ibrahim Azika propose à ses clients un ensemble de géométrie entre 1 000 à 2 000 FCFA, selon les modèles. Un cahier de 100 pages petit format est vendu à 150 voire 200 FCFA, et pour 200 pages, le prix est de 400 à 500 FCFA.
Dans un atelier de couture au quartier Banifondou 2, se trouve M. Maman Sani qui s’affaire à à confectionner une tenue. Il exerce ce métier depuis longtemps. Il s’approvisionne à partir du Nigéria. « Toute cette semaine, je suis entouré de clients. Il m’arrive de confectionner 5 tenues par jour, malgré les coupures de courant incessantes », a-t-il confié. Les prix de ses coutures varient en fonction du modèle choisi par le client. « Il y a des coutures pour 3 000 FCFA et pour 5 000 FCFA », mentionne le couturier.
Zouladeini A. Razinatou (ONEP)





