Le président du comité (micro) procédant à la lecture de la déclaration
A l’issue de la réunion avec la CNPCNP, WAPCO Niger et la SORAZ, le comité chargé de la négociation dans le secteur du pétrole, conduit par le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré, a rendu publique une déclaration le mardi 13 octobre 2026. Dans cette sortie médiatique, les membres du comité ont relevé que plusieurs manquements ont été constatés du côté des partenaires chinois en ce qui concerne la signature du protocole de partenariat pétrolier avec les sociétés chinoises portant sur les 45 engagements dudit partenariat.
Le comité chargé des négociations dans le secteur du pétrole a été institué par le Président de la République, Chef de l’Etat, afin de défendre les intérêts du Niger dans son partenariat pétrolier.
Dans sa déclaration, le comité chargé de cette négociation a fait part des blocages qui ont été constatés non seulement du côté nigérien, mais aussi les multiples manquements soulignés de la part des partenaires chinois. Parmi les blocages cités du côté nigérien figurent le lancement des audits des coûts pétroliers, l’audit du pipeline d’exportation et de la SORAZ, l’apurement des créances entre la SONIDEP et la SORAZ, et la mise à jour de certaines conventions qui ne reflètent plus la réalité actuelle. Selon la déclaration, ces dossiers sont en cours de déblocage, et les responsabilités seront également situées.
Cependant, plusieurs insuffisances ont été dénombrées chez les partenaires chinois dont le non rapatriement de plus de 3 000 milliards de francs CFA de recettes depuis le début de l’exportation du brut par la CNPC. « En deux ans, seul 105 milliards de francs CFA ont été rapatriés, ce qui représente le reliquat revenant à l’Etat après le remboursement intégral du prêt de 400 millions de dollars en 2024, au titre duquel l’Etat a affecté 80% de ses recettes », a indiqué le comité avant de souligner que le Niger ne peut pas continuer à dispenser ces sociétés du respect d’une obligation communautaire qui leur est applicable.
Un délai de 45 jours accordé aux trois sociétés pour proposer des solutions aux manquements constatés
Parmi ces manquements figurent également la sous-traitance locale. D’après les membres du comité, il était convenu de fixer, pour l’année 2026, des taux de contenu local au bénéfice des entreprises nigériennes de 20% pour la CNPC, 25% pour WAPCO et 56% pour la SORAZ, avec des états d’exécution vérifiables. Cependant, les résultats sont difficilement exploitables, en raison de la présence de contrats pluriannuels non ventilés, de doublons et de montants qui ne permettent pas d’identifier les dépenses réalisées au bénéfice des entreprises nigériennes en 2026. « Il a été demandé aux sociétés de présenter, pour leur budget de l’année 2026, un état détaillé de l’ensemble des contrats concernés, précisant pour chacun d’eux son objet, son montant exécuté en 2026 et l’identité de l’entreprise », a souligné le comité.
D’autres points de manquements concernent les plans de nigérisation et les recrutements. En effet, selon les responsables du comité chargé des négociations, les recrutements devaient commencer dès la signature de l’accord, avec un plan sur quatre ans visant à remplacer les expatriés dont les 558 présents sur les sites pétroliers opérés par la CNPC. A ce jour, relève le comité, rien n’a été fait dans ce sens.
Les audits des ressources humaines, la certification des réserves ainsi que le raffinage font également partie des manquements constatés du côté des partenaires chinois. Sur ce point précis, le comité a relevé que depuis 2008, les réserves du bloc d’Agadem n’ont jamais été certifiées par un cabinet indépendant. En ce qui concerne le raffinage, le comité a affirmé que la SORAZ fonctionne actuellement à 15 000 barils par jour, au lieu de sa capacité nominale de 20 000 barils/jour. « Les tensions d’approvisionnement que connaît le pays ont plusieurs causes, parmi lesquelles figure la baisse de production de la raffinerie qui fonctionne à 75% de sa capacité nominale », a expliqué le comité.
Le comité chargé des négociations dans le secteur du pétrole a notifié aux trois sociétés des demandes précises, assorties d’un délai de 45 jours pour transmettre les états rectifiés et vérifiables relatifs au contenu local. Elles doivent aussi, dans les mêmes délais, transmettre les plans de nigérisation, lancer les recrutements, engager les audits des ressources humaines, coopérer à la certification indépendante des réserves et mettre en œuvre la solution proposée par la BCEAO pour le rapatriement des recettes d’exploitation.
Yacouba Moumouni (ONEP)



