Au cours de la session
Le comité de pilotage du projet régional d’appui à la gestion durable des déchets et de réduction des émissions de polluants organiques persistants non intentionnels et de mercure dans six pays de l’UEMOA, PRGDD, a tenu sa deuxième session le 22 octobre 2026 à Niamey. La rencontre a été présidée par le secrétaire général du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, M. Rabo Awali, en présence du directeur du financement de développement durable, représentant de la Banque Ouest Africaine de Développement(BOAD), M. Moubarak Moukaila, du représentant de la commission de l’UEMOA, du SG de la Ville de Niamey, des représentants des pays membres de l’UEMOA ainsi que des cadres de l’Environnement et des Eaux et Forêts.
A cette occasion, le représentant de la BOAD a souligné que l’institution a adopté un financement de près de 6 500 milliards FCFA à l’horizon 2030 en faveur du développement des six pays. La session s’est penchée sur la présentation des termes de référence de la réunion du comité régional de pilotage et l’adoption du programme de travail, la présentation et les discussions sur l’état de mise en œuvre des recommandations issues de la première réunion du comité régional de pilotage du projet tenue en 2025, la présentation de l’état d’avancement des activités de la composante régionale et nationale, ainsi que la présentation et l’approbation du plan de travail et budget annuel 2027 pour la mise en œuvre de la composante régionale du projet.
Le secrétaire général du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué que la tenue de cette deuxième session à Niamey est une marque de confiance et une reconnaissance du rôle que joue le Niger dans la promotion du développement durable au sein de l’UEMOA. Aujourd’hui, a-t-il dit, la gestion des déchets n’est plus une simple problématique environnementale, mais un enjeu de développement économique, de santé publique et de justice sociale.

M. Rabo Awali a affirmé que les volumes croissants de déchets ménagers, industriels ou encore électroniques interrogent profondément les modèles de production et de consommation. C’est pourquoi, justifie-t-il, il est désormais nécessaire d’opérer un véritable changement de paradigme en passant d’une logique de gestion des déchets à une dynamique de création de richesse et d’emplois portée par les principes de l’économie circulaire.
« Ce projet, à travers ses composantes, doit traduire de manière concrète nos ambitions communes, nos priorités nationales et les réalités locales », a-t-il déclaré. A cet égard, il a ajouté que les sessions du comité régional de pilotage jouent un rôle essentiel permettant d’apprécier les progrès accomplis, de tirer les enseignements nécessaires dans une dynamique de partage d’expériences, mais aussi de fournir les orientations appropriées pour une mise en œuvre réussie du projet.
La BOAD s’engage en faveur de la résilience climatique, de la finance verte et du développement social inclusif
Le Directeur du financement du développement durable, représentant de la Banque Ouest Africain de Développement (BOAD), M. Moubarak Moukaila, a affirmé que, dans les villes, la mauvaise gestion des déchets dégrade le cadre de vie, affecte la santé et pollue les sols et les eaux. Il a précisé que le brûlage à l’air libre émet des dioxines, des furannes, du mercure ainsi que du gaz à effet de serre. M. Moubarak a, à cet effet, indiqué que le projet tel qu’approuvé par le fonds pour l’environnement mondial vise à réduire, chaque année, 200 tonnes de polluants organiques persistants, 15 tonnes de mercure et 200 000 tonnes d’équivalent CO2.
Selon le représentant de la BOAD, le nouveau plan stratégique « DJOLIBA-la suite » 2026-2030 adopté par le Conseil d’administration en mars 2026, porte une ambition de près de 6 500 milliards de financements à l’horizon 2030, soit un quasi-doublement des engagements de la banque sur la période 2021-2025, où le plan stratégique DJOLIBA a permis à la BOAD de mobiliser 3 765 milliards FCFA de financements cumulés, dont plus de 130 milliards en faveur de l’assainissement et de la gestion durable des déchets dans l’espace UEMOA.
Au cours de l’année 2026, a-t-il fait savoir, la BOAD a appuyé les pays à mobiliser les ressources du FEM. Il a ensuite souligné que les six pays de l’UEMOA concernés ont mené des efforts significatifs. Au 30 septembre 2026, sur une enveloppe FEM de 15,75 millions USD, soit environ 7,876 milliards FCFA, M. Moukaila a indiqué que les montants s’élèvent à 5,636 milliards FCFA et les décaissements cumulés à 3,276 milliards, soit un taux de décaissement de 41,6%. « Ce niveau reste en deçà du rythme attendu à ce stade du cycle du projet. Il s’explique principalement par le délai de signature des accords de gestion de Don, les préalables institutionnels au niveau des pays, ainsi que par la lenteur des procédures de passation des marchés », a-t-il précisé. Le représentant de la BOAD a, dans ce sens, exhorté le comité à porter le taux de décaissement des ressources FEM à 80% d’ici fin 2027.

Saisissant l’occasion, M. Mahamadou Gado, commissaire chargé du département de l’agriculture, des ressources en eau et de l’environnement de la Commission de l’UEMOA, a rassuré qu’en vue de garantir la réussite de la composante régionale du projet, la commission de l’UEMOA, à travers le plan stratégique IMPACT 2030 et la politique commune d’amélioration de l’environnement de l’UEMOA, a fait de la problématique de la gestion des déchets dangereux l’une de ses actions prioritaires avec des résultats salutaires qui seront transmis au comité lors des échanges.
Pour sa part, le secrétaire général de la Ville de Niamey, Dr Goungoubane Moumouni, a réaffirmé l’engagement de la Ville de Niamey et sa disponibilité à accompagner les efforts engagés et à poursuivre sa collaboration avec les institutions régionales, les Etats et les partenaires de ce projet dans un esprit de responsabilité partagée et de recherche de résultats tangibles. Le secrétaire général de la Ville de Niamey a également exhorté le comité à mener des échanges et réflexions permettant de lever les difficultés identifiées, mais aussi de donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre du projet au bénéfice de l’ensemble des populations concernées.
Yacouba Moumouni (ONEP)
