Commandant Amadou Torda
A la tête du département d’Aguié, l’un des huit départements de la région de Maradi, le préfet Amadou Torda dresse le tableau de cette entité administrative. D’une superficie de 1794 km2 pour plus de 417 525 habitants, le département d’Aguié, connu pour être le bassin de production du souchet et du sésame, vit aujourd’hui au rythme de la Refondation. Dans cet entretien, le Commandant Amadou Torda évoque la sécurité qui y règne depuis le 26 juillet 2023, la forte adhésion de la population aux idéaux du CNSP, les performances scolaires en hausse et les perspectives pour une agriculture durable face au changement climatique.
Monsieur le préfet, faut-il savoir du département d’Aguié concernant sa présentation ainsi que ses principales spécificités ?
Permettez-moi tout d’abord de transmettre mes vifs remerciements et toute ma gratitude à Son Excellence, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, pour la confiance placée en ma personne. Le département d’Aguié est l’un des huit départements que compte la région de Maradi. Il est situé dans la partie sud de la région. L’agriculture, l’élevage et le commerce constituent les principales activités économiques de la population. Le département d’Aguié a une superficie de 2 095 km2 et compte une population estimée à 417 525 habitants, dont 220 827 femmes. Il est limité au sud-est par les départements de Gazaoua et Tessaoua, à l’ouest par les départements de Madarounfa et Guidan Roumdji, au nord par Mayahi et au sud par la République Fédérale du Nigeria. Le département d’Aguié compte deux communes : la commune urbaine d’Aguié et la commune rurale de Tchadoua. Le département dispose de 163 villages dont 144 villages administratifs.
Sur le plan sécuritaire, depuis l’avènement du CNSP au pouvoir le 26 juillet 2023, une grande accalmie règne dans le département. Aucune attaque, aucun enlèvement n’a été enregistré, à l’exception de quelques cas isolés de vol de bétail. L’Etat appuie fortement la patrouille mixte qui, de jour comme de nuit, fait un excellent travail avec la collaboration de la population qu’il faut saluer. Cette collaboration a porté ses fruits, en témoignent récemment les importantes saisies de véhicules, de marchandises, de carburant, etc. La population et ses biens sont bien sécurisés. Il y a également la tenue régulière du Conseil Départemental de Sécurité. Et sur le plan de la mobilisation et de la cohésion sociale, des séances de sensibilisation sont organisées périodiquement par les autorités administratives et coutumières. Mensuellement, des lectures du Saint Coran et des invocations du «Kunut» sont faites dans les mosquées de la ville et dans les villages, ainsi qu’à la préfecture, avec le concours des femmes musulmanes qu’il faut remercier. Les leaders religieux, de leur propre chef, ont décidé d’organiser des prières et des prêches pour la cohésion sociale et l’amour de la patrie. Il faut aussi noter une forte adhésion de la population, en particulier des jeunes, des femmes et de la société civile aux idéaux du CNSP et du Gouvernement, à travers la participation au Fonds de Solidarité et les marches de soutien.
Il faut aussi noter que les mesures salutaires prises par le CNSP et le Gouvernement pour alléger les souffrances de la population ont été très bien accueillies. Qu’il s’agisse de la réduction du coût des soins de santé, des frais de scolarité, du prix du ciment, du prix du carburant, de la vente à prix modéré des céréales et de l’assistance aux victimes d’inondations et aux personnes vulnérables.
Sur le plan de l’éducation, il faut noter une grande accalmie et une reprise du travail aussi bien chez les élèves que chez les enseignants dans les écoles et établissements scolaires, grâce à la prise en compte de certaines de leurs revendications. Ce qui a permis de rehausser le taux d’admission qui est passé à 67,22% au CFEPD, 47,65% au BEPC et 44,59% au Baccalauréat. Il y a aussi la dotation de certaines écoles en tables-bancs et en latrines par certains partenaires. La population se réjouit des différentes mesures prises en sa faveur et nous a demandé de transmettre ses remerciements et surtout son soutien sans faille au Président de la République, aux membres du CNSP, au Premier ministre et au Gouvernement.
Le département d’Aguié est connu pour la production du souchet, surtout à Tchadoua. Quelle est la contribution de cette filière à l’économie locale et quelles mesures sont prises pour l’encadrer ?
La filière souchet contribue significativement à l’accroissement des revenus familiaux de la population locale de Tchadoua et à la création d’emplois sur toute la zone de production. Il est prévu très prochainement la création et le développement de la filière souchet qui prendra en compte tous les maillons, de la production à la commercialisation. S’agissant de l’encadrement, à court et moyen termes, l’Etat, les collectivités et les services techniques concernés sont en pleine réflexion pour une meilleure organisation.
Au-delà du souchet et du sésame, quels sont les produits phares du département d’Aguié ?
Au-delà du souchet et du sésame qui sont les produits phares d’Aguié, les autres spéculations produites sont, par ordre d’importance : le mil, le niébé, l’arachide, le sorgho, le maïs, l’oseille et le riz. L’Etat accompagne les producteurs pour améliorer les rendements à travers plusieurs actions : l’encadrement technique des producteurs, l’appui en intrants agricoles, la protection des cultures, la vente de céréales à prix modéré et la distribution ciblée gratuite, pour ne citer que celles-là.
Le marché hebdomadaire de Tchadoua, qui se tient chaque vendredi, est un carrefour régional. Quelles actions sont menées pour améliorer les infrastructures d’accès, sécuriser les transactions et faciliter l’exportation des produits locaux ?
Les actions menées pour améliorer les infrastructures d’accès sont surtout : la création du marché de demi-gros à Tchadoua, la création et la réhabilitation des pistes agricoles rurales reliant les centres de collecte au chef-lieu de la commune, à savoir les tronçons Dan-Issa – Dan Kori, Dan Bouzou – Dan Saga et Aguié, et le tronçon Tchadoua-Magami, par les projets sous tutelle du Ministère de l’Agriculture comme le PRODAF. Il y a aussi l’organisation des producteurs en coopératives, unions, réseaux et fédérations pour faciliter et sécuriser les transactions commerciales.
Face à la pression exercée sur les terres agricoles et aux effets du changement climatique, quelles sont les initiatives mises en œuvre pour protéger l’environnement et assurer une agriculture durable ? Et quelles sont les principales priorités pour le développement du département d’Aguié ?
Nous promouvons les actions de Défense et de Restauration des Sols (DRS) telles que les demi-lunes, les tassa, le zaï, la lutte contre les plantes envahissantes, etc., la pratique de la Régénération Naturelle Assistée (RNA). Il y a aussi la pratique de l’agriculture de conservation, l’utilisation de la fumure organique à travers la pratique du compostage, la sensibilisation des populations et l’interdiction de la coupe abusive du bois.
Pour ce qui est de la principale priorité pour le développement du département, elle reste et demeure la sécurité des personnes et de leurs biens. Sans sécurité, aucun développement ne peut se faire. Viennent ensuite la cohésion sociale, la santé, l’éducation, l’amour de la patrie et le développement économique et social. Il s’agit aussi de susciter une adhésion massive aux idéaux du CNSP à travers les prières collectives, la participation au Fonds de Solidarité, le tout pour voir Aguié prospérer dans le calme et la sécurité.
Quel message adressez-vous aux populations de votre entité administrative ?
Je leur demande de continuer à faire confiance aux nouvelles autorités, de maintenir une franche collaboration avec l’administration et de poursuivre la grande sensibilisation auprès des autres couches de la population.
Propos recueillis par
Rahila Tagou (ONEP)
