L’air du temps : Redorer le blason terni de l’identité nigérienne

L'air du temps
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Il était clairement entendu qu’après toute la bourrasque de désapprobation et d’indignation soulevée, ces derniers jours, par les images mettant en scène des communautés entières de Nigériens faisant carrière dans la pratique de mendicité au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Arabie Saoudite et dans bien d’autres pays voisins et lointains, les choses ne sauraient rester telles, sans mesures adéquates.

C’est ainsi que, mercredi dernier, le Premier ministre a procédé à l’installation d’un comité interministériel de pilotage et d’un Comité technique, avec pour mission d’œuvrer pour le rapatriement des Nigériens expulsés de l’étranger, et de mener une  lutte sans merci contre le phénomène de la mendicité au Niger. Il était temps, vraiment grand temps! Car, c’est l’image de notre cher pays qui est mise à rude épreuve avec ces colonies estampillées du sceau de ‘’mendiants nigériens’’ qui assaillent les rues des capitales africaines, voir au-delà, jusque dans les Emirats.

La question que beaucoup d’observateurs se posent, c’est de savoir comment et avec quels moyens des gens qui se disent si pauvres et démunis, arrivent-ils à traverser les frontières et les océans pour se retrouver à l’autre bout du monde, avec pour seule vocation d’y exercer la mendicité. A priori, tout cela requiert beaucoup d’argent… Mais c’est sans compter les actions nocives de tous ces réseaux agissant dans l’ombre, avec pour principal ‘’job’’ le trafic et l’acheminement de contingents de mendiants en direction des autres pays. Pour eux donc, la mendicité sort carrément du cadre vertueux de la bienfaisance et de la solidarité pour prendre la forme d’un business à part entière.

Il est vrai que, dans une société comme la nôtre où l’islam commande les valeurs de l’humanisme et de la générosité, la pratique de la mendicité. Pourtant, même si l’islam incite le croyant à être généreux et solidaire envers son prochain, il n’en est pas moins vrai qu’il proscrit la mendicité prise comme un métier à part entière.

Hélas !, en exportant toute cette prétendue ‘’misère’’ dans d’autres pays pour en faire un véritable fonds de commerce et de gain facile, c’est toute l’image de notre pays qui s’en trouve ternie. Aujourd’hui, en Algérie, Libye, Nigeria, Côte d’Ivoire, Gabon, et autres pays, les rues sont jonchées de ceux-là qu’on appelle plus sous l’appellation de ‘’mendiants nigériens’’.

Aujourd’hui, plus que jamais, il y a nécessité de prouver aux promoteurs de ces réseaux mafieux, ainsi qu’à tous ces compatriotes, bras-valides, qui ont décidé de prospérer à travers la politique de la main tendue au détriment de l’image de notre pays, que la dignité du Niger n’est pas à vendre.  A l’heure où beaucoup de personnes victimes de réels handicaps ont su prouver qu’on peut bien gagner son pain dignement à la sueur de son front, tous ces gaillards jouant aux faux mendiants doivent être réorientés vers les sentiers battus de l’ardeur au travail, et redorer ainsi le blason tant terni de l’identité nigérienne. Car disait l’écrivain ivoirien « le travail, même s’il n’arrive pas à sortir l’homme de la misère, lui garantit sa dignité ».

Assane Soumana(onep)