Assemblée Nationale : Les parlementaires planchent sur le document du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) de la période 2022-2024

Société
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Les travaux de la séance plénière entrant dans le cadre de la 1ère session ordinaire au titre de l’année 2021 dite session des lois se poursuivent activement à l’hémicycle place de la Concertation à Niamey. Au cours de la plénière d’hier présidée par M. Kalla Ankouraou, 1er vice-président de l’institution, les députés nationaux ont procédé au Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) de la période 2022-2024. La commission saisie au fond est celle des Finances et du Budget. Le Débat d’Orientation Budgétaire s’inscrit dans le cadre de l’élaboration du projet de loi des finances pour l’année budgétaire 2022. La plénière s’est déroulée en présence du commissaire du gouvernement, M. Ahmat Jidoud, ministre des Finances, des Directeurs Généraux des Douanes, du Trésor, des Impôts et du Budget.

Le Débat d’Orientation Budgétaire est devenu une tradition dans le processus d’élaboration du Budget de l’Etat. Le gouvernement, à travers le ministère des Finances a depuis 2018 régulièrement présenté et débattu des grandes orientations de la politique économique et budgétaire avec la représentation nationale. Selon le ministre des Finances, en s’inscrivant dans la même tradition, l’exercice de cette année s’appuie sur le Programme de Renaissance Acte 3 du Président de la République, M. Mohamed Bazoum et la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement présenté par le Premier ministre, Chef du gouvernement,

M. Ouhournoudou Mahamadou. Ainsi, le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) vise à contribuer au renforcement des pouvoirs de contrôle de l’institution parlementaire afin d’améliorer son information sur l’évolution des finances publiques à moyen terme.

Au cours de ce débat, le ministre des Finances a présenté les perspectives économiques et financières 2022-2024 pour le Niger. Le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) qui constitue un outil de cadrage macroéconomique, budgétaire et financier vise à projeter, d’une part, les perspectives de mobilisation des ressources sur une période triennale et d’autre part, à affecter ces ressources aux ministères et institutions pour la mise en œuvre des programmes budgétaires. Il est un instrument d’encadrement de la préparation du budget annuel pour permettre une utilisation optimale des ressources conformément aux priorités du Gouvernement.

Le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle 2022-2024 a été adopté par le Conseil des ministres à sa réunion du 17 juin 2021. Sur la base des hypothèses retenues aux niveaux international, régional et national, le taux de croissance économique s’établirait à 9,6%, en moyenne annuelle entre 2022 et 2024. Il passerait de 3,5% en 2020, à 5,5% en 2021, et s’accélérait à 7,1% en 2022, à 9,3% en 2023 pour s’établir à 12,4% en 2024. «La performance de l’économie nationale serait principalement tirée par le projet de construction et de mise en exploitation du pipeline d’exportation du pétrole brut ainsi que par les autres programmes d’investissements publics et privés évoqués dans le cadrage. L’inflation resterait maîtrisée en dessous de la norme communautaire de 3% au plus, en liaison avec les effets induits de la politique agricole et des mesures de soutien aux personnes vulnérables», a expliqué le ministre Ahmet Jidoud.

En outre, la poursuite des différentes réformes engagées par le gouvernement devrait se traduire par une amélioration des recettes fiscales. Le taux de pression fiscale passerait de 11,6% en 2021 à 12,1% en 2022, puis à 12,3% en 2023 pour atteindre 13,1% en 2024. La maîtrise des dépenses publiques sera renforcée. Ainsi, il en résulterait un solde budgétaire global, dons compris, qui s’établirait à -4,4% du PIB en 2021, à -3,9% du PIB en 2022, à -2,6% en 2023 et à -2,3% en 2024. L’encours de la dette publique totale s’est établi à 3.510,4 milliards en 2020, soit 43,6% du PIB et resterait en dessous de la norme communautaire de 70% du PIB jusqu’en 2024.

Les principaux risques qui pèsent sur le cadrage macroéconomique et budgétaire à moyen terme portent sur la persistance de la crise sécuritaire dans la zone du Sahel, le choc climatique, le durcissement des conditions du marché financier international, l’évolution défavorable des cours des matières premières et l’incertitude liée à la pandémie de la Covid-19.

Il faut en plus souligner que sur la période 2022-2024, les crédits budgétaires seront répartis en moyenne comme suit : service de la dette (14,6%), traitements et salaires (11,4%), achats de biens et services (5,4%), subventions et transferts (12,3%) et investissements (56,2%). Selon les principaux secteurs ciblés dans le Programme de Renaissance Acte 3, les enveloppes budgétaires seront, entre autres, consacrées en moyenne à l’éducation (23%), à l’énergie et aux infrastructures (18%), à la sécurité (15%), au développement rural (15%), à la santé (9%), à l’hydraulique urbaine et rurale (7%).

Après la présentation faite par le ministre des Finances, les parlementaires ont posé plusieurs questions relatives à la situation financière et aux ressources du pays. Dans ses réponses, le ministre Ahmet Jidoud a apporté d’amples explications et rassuré les parlementaires que le gouvernement compte imprimer une force à la politique budgétaire, économique et sociale pour la période 2022-2024.

Les travaux en séance plénière reprendront le samedi 3 juillet 2021 avec l’ordre du jour, le contrôle de l’action gouvernementale à travers les questions d’actualité adressées aux membres du gouvernement. 

 Seini Seydou Zakaria(onep)