Les responsables des sociétés de transport ...
Le ministre des Transports et de l’Aviation Civile, Colonel-major Abdourahamane Amadou, a échangé, hier mardi 11 août 2026 à Niamey, avec les acteurs du secteur du transport des voyageurs. Cette rencontre fait suite à l’accident tragique survenu dans la région de Maradi impliquant deux bus de compagnies locales. Le ministre promet des sanctions en cas de répétition des tels incidents.
A l’entame de cette rencontre, le ministre des Transports et de l’Aviation Civile a tout d’abord attiré l’attention des acteurs sur l’obligation de veiller sur la sécurité des voyageurs. «Ceci n’est pas négociable. Chaque société de transport est directement comptable de la vie des passagers qu’elle transporte », a-t-il dit avec insistance. Le Colonel-major Abdourahamane Amadou a rappelé que la cause principale de ces accidents routiers incombe à 99% au comportement humain. Ce sont, entre autres, la vitesse excessive, le non-respect du temps de repos, le dépassement dangereux et l’indiscipline au volant qui sont à la base de ces incidents tragiques. A ce niveau, le ministre a mis en évidence la responsabilité des compagnies de transport qui doivent exiger le bon comportement. En cas de nécessité de sanction du conducteur, il a exhorté à suivre la procédure normale, en constituant un dossier qui passera par le Ministère de tutelle.

Pour ce qui est du problème concernant les engins de transport, le ministre en charge des Transports a ordonné leur maintien en parfait état technique. Cela, en présentant l’intégralité des véhicules au contrôle technique périodique, l’arrêt de circulation des bus dont l’état mécanique ou les équipements de sécurité seraient défaillants. Il a aussi mentionné le respect du port de la ceinture de sécurité par les passagers. Relativement aux conducteurs, le Colonel-major Abdourahamane Amadou a recommandé le recrutement exclusif des titulaires du permis de la catégorie requise et à terme, détenteurs la carte de qualification professionnelle, qui sera instaurée. Le respect de la tranche d’âge fait également partie des critères évoqués par le ministre en charge des Transports pour l’attribution des permis et le recrutement.
Le Colonel-major Abdourahamane Amadou a, par ailleurs, assuré d’une redéfinition du temps de repos et le temps de conduite qui doivent être respectés aussi bien par les conducteurs que par les sociétés. Le ministre a exigé la désignation, au sein des sociétés d’un responsable de sécurité, ainsi que la souscription et le maintien à jour de l’ensemble des assurances obligatoires couvrant les passagers.
Sanctions dorénavant en vigueur
Dans son message à l’endroit des acteurs du transport des voyageurs, le ministre a affirmé que le gouvernement ne se limitera plus à faire des rappels à l’ordre. « Toutes les sociétés dont la responsabilité sera établie dans un accident grave s’exposent, selon la gravité du manquement constaté, à une gradation des sanctions. Nous allons nous assurer que cette fois-ci, ça va marcher », a-t-il martelé. Le ministre a annoncé les cas d’accidents seront passibles d’avertissements officiels et des mises en demeure pour corriger les manquements dans un délai déterminé. « Des amendes administratives, une immobilisation des véhicules non-conformes, une suspension temporelle, allant jusqu’au retrait définitif de l’agrément d’exploitation et la transmission du dossier aux juridictions compétentes lorsque les faits le justifient pourront être envisagées», a-t-il fait savoir. « Ces dispositifs de sanctions seront adossés à des contrôles renforcés et inopinés, associant le ministère, l’ANISER, la Gendarmerie Nationale, sur les axes les plus fréquentés et au point de départ et d’arrivée des gares routières », a-t-il mentionné.
La rencontre a permis aux différents acteurs d’intervenir et de situer les problèmes rencontrés ainsi que les causes des accidents, selon leur propre conception. A cette occasion, le Groupement National de Sapeurs-Pompiers (GNSP) a présenté les statistiques des accidents de bus au titre de l’année 2025 et à mi-parcours de 2026, et le classement des compagnies ayant enregistré le plus d’accidents. Il ressort de ces statistiques 25 accidents de bus de transport des voyageurs, ayant occasionné 84 décès et plus de 120 blessés. Pour les statistiques de mi-parcours 2026, elles font état de 26 accidents, impliquant 234 victimes avec 49 décès. Le GNSP a demandé la suppression de la notion de ‘’bus VIP’’ qu’il considère comme l’une des principales raisons de ces accidents.
Bachir Djibo (ONEP)
