Les régulateurs des médias confient la destinée de la PAREMEC AES à leur homologue Gaoussou Coulibaly
La conférence constitutive de la Plateforme des régulateurs des médias et de la communication des États membres de l’AES a pris fin le vendredi 18 septembre 2026 à Niamey. Placée sous le thème « La souveraineté informationnelle des États de l’AES : enjeux, défis et stratégie commune de lutte contre la désinformation », cette conférence s’inscrit dans la dynamique de consolidation de l’intégration, de la solidarité et de la coopération entre les trois États dans le domaine de la gouvernance médiatique, de la communication stratégique et de la souveraineté informationnelle. La cérémonie a été présidée par le Secrétaire général du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Mashoul Abdoul Nasser.
Les travaux de cette conférence constitutive ont porté principalement sur les enjeux liés à la désinformation, aux réseaux sociaux, à la prévention des conflits au Sahel, à la vérification des faits ainsi qu’à l’harmonisation des cadres institutionnels et juridiques applicables à la régulation des médias et de la communication. À l’issue des quarante-huit heures d’échanges, les trois présidents des organes de régulation ont signé la charte portant création de la Plateforme des régulateurs des Médias et de la Communication de l’AES (PAREMEC), suivie de la désignation du président de la Haute autorité de la communication du Mali, M. Gaoussou Coulibaly, à la présidence de la plateforme des régulateurs.
Par ailleurs, au cours de ces assises les participants ont formulé des recommandations à l’endroit des gouvernements de l’AES sur la nécessité de soutenir les actions de la PAREMEC AES en dotant les instances de régulation des médias et de la communication des États membres de l’AES des ressources techniques et financières à la hauteur de la lutte contre la guerre informationnelle. Ils ont aussi exhorté à poursuivre le travail d’adaptation des textes législatifs et réglementaires pour assurer une régulation efficace des médias traditionnels et du numérique et à travailler à l’harmonisation des normes et pratiques de régulation des médias et du numérique.
À l’endroit des autorités de régulation des médias et de la communication des États de l’AES, les participants ont souligné l’importance d’acquérir des outils et infrastructures performants pour le contrôle et le monitoring du contenu audiovisuel et numérique, mais aussi de favoriser la professionnalisation des acteurs des médias traditionnels et numériques. Ils ont également souligné la nécessité de repenser les modes de régulation des services de médias audiovisuels et en ligne en privilégiant l’action en réseau des régulateurs pour faire face à la globalisation des plateformes.
Enfin, la conférence a appelé les médias confédéraux à travailler à déconstruire les narratifs défavorables à la vision souverainiste des États de l’AES en élaborant des programmes adaptés au contexte géostratégique et sécuritaire dans lequel se trouvent les États de l’AES et à promouvoir les langues nationales de l’espace confédéral dans la production et la diffusion de l’information.
Le président de la Plateforme des Régulateurs des Médias et de la Communication des États membres de l’AES, M. Gaoussou Coulibaly, a souligné que la synergie d’action entre les régulateurs de la communication de l’espace AES permettra de lutter plus efficacement contre la désinformation et de contribuer à l’assainissement de l’espace médiatique confédéral. « En mettant en place cette plateforme dédiée, les régulateurs de l’espace AES se donnent pour ambition d’œuvrer à l’assainissement des espaces médiatiques de notre zone à un moment où nos États, engagés dans la quête de leur souveraineté, font face à de nombreuses adversités. Parmi celles-ci, le lynchage médiatique, la désinformation et la propagande à des fins de déstabilisation, a-t-il énuméré.
Il a, par ailleurs, assuré que le PAREMEC menera le plaidoyer nécessaire auprès des autorités afin que les harmonisations normatives indispensables puissent être engagées et réalisées en vue de tendre progressivement vers un espace de régulation aussi harmonisé et homogène que possible au sein de l’AES. « C’est à ce prix, me semble-t-il, que les régulateurs de la communication pourront pleinement contribuer à l’édification d’une confédération souveraine, digne et respectée », a-t-il déclaré.
Hamissou Yahaya (ONEP)
