Moustapha Alou
Le 3 septembre 2026, le Nigéria s’était pris les pieds dans le tapis, c’est-à-dire que ce pays s’est lourdement trompé en agissant dans la précipitation et la confusion, à travers un communiqué tout aussi confus et non moins mystérieux dans lequel, sans grande surprise, il vouait notre pays aux gémonies tout en versant des larmes de crocodile mêlées à des sanglots de victime expiatoire.
En effet, le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur avait pris connaissance d’un communiqué de presse publié, le jour susmentionné, par le Ministère des Affaires Etrangères de la République Fédérale du Nigéria, suite aux évènements survenus dans notre pays dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Cette confusion épistolaire du Ministère fédéral des Affaires Etrangères faisait notamment état d’allégation circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles la récente tentative de déstabilisation du Niger avait le soutien de la République Fédérale du Nigéria. Comme il fallait s’y attendre, le Niger, par l’entremise d’un communiqué du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, n’a pas tardé, encore moins hésité, à envoyer au tapis ce pays qui agit manifestement sous les lambris de lobbys impérialistes et les oripeaux de puissances néocolonialistes.
En vérité, le Niger, qui du reste n’a pas l’habitude d’accuser mais dénonce, plutôt, sur la base de faits bien établis, de renseignements et informations vérifiés et vérifiables, sans langue de bois et sans porter non plus de gants, à ciel ouvert, face à l’opinion nationale et internationale, comme le fait régulièrement le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, ne saurait, en aucun cas, être tenu responsable de propos véhiculés sur les réseaux sociaux.
Au demeurant, aucun communiqué officiel émanant des autorités nigériennes, ou un officiel nigérien, n’a, à ce jour, mis en cause la République Fédérale du Nigéria. En plus, si les autorités du Nigéria avaient, un tant soit peu, pris le temps de bien écouter le témoignage du Capitaine Roger Gabriel et étaient animées de bonne volonté, ils constateraient qu’à aucun moment du témoignage en question l’auteur n’avait cité ou fait allusion au Nigéria et à ses autorités.
Au surplus, hier comme aujourd’hui voire demain, il est loisible pour le Nigéria d’en faire le constat en écoutant le témoignage du Capitaine Roger Gabriel avec une ouïe fine pour ne pas se faire reprendre les pieds dans le tapis à cause d’un ouï-dire.
D’ailleurs, pendant qu’on y est, et puisque le Nigéria y tient, il y a objectivement lieu de s’interroger sur le sens et les motivations profondes du communiqué de presse plein de périphrases et de circonlocutions publié le 3 septembre 2026 par le Ministère des Affaires Etrangères de la République Fédérale du Nigéria.
En tout état de cause, le Niger qui a constitué, c’est un rappel, une documentation conséquente sur toutes les manœuvres de déstabilisation dont il est l’objet, se réserve le droit, le moment venu, d’intenter des actions devant la justice internationale contre tous ceux dont la participation sera dument établie.
Dans tous les cas, et que les uns et les autres se le tiennent pour dit, aucune manœuvre sournoise, aucune tentative de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne sauraient entamer la dynamique de souveraineté et de refondation en cours au Niger et dans la Confédération des Etats du Sahel (AES).
Moustapha Alou (ONEP)
