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La troupe Zongo de Téra : Une référence culturelle locale

· ONEP NIGER
M. Ali Soumana, le président de la troupe au micro de notre reporter
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La troupe Zongo de Téra est considérée comme le groupe artistique le plus ancien et l’un des plus réputés de la ville. Depuis sa création, elle s’est spécialisée dans la sensibilisation des populations à travers le théâtre, les sketchs, les poèmes et les chants. Grâce à ses nombreuses prestations, elle est aujourd’hui connue de la majorité des habitants de Téra et demeure une référence dans le domaine.

La troupe est composée de cinq membres, dont deux femmes, Mme Djamila dite Awey et Mme Raffia Ali, et trois hommes : le président de la troupe, M. Ali Soumana, M. Abega et M. Guissa. Tous exercent une autre activité en parallèle de leur passion artistique. Le président de la troupe, M. Ali Soumana, aujourd’hui âgé d’une cinquantaine d’années, a commencé la comédie en 1995, alors qu’il était élève en classe de quatrième. En 2005, sous la conduite de son encadreur, M. Boukari Kanda, considéré comme une référence ayant énormément contribué à l’évolution des artistes de Téra, la troupe a évolué jusqu’à devenir autonome. La troupe Zongo se distingue par sa polyvalence. Selon M. Ali, chaque membre est capable d’interpréter différents types de rôles selon les besoins. Pendant de nombreuses années, la troupe a collaboré avec plusieurs ONG intervenant dans la région de Téra. En 2010 et 2011, le groupe a sillonné près de 120 villages pour mener des actions de sensibilisation. Sa principale force réside dans la maîtrise des langues locales, à savoir le sonraï, le fulfuldé, le tamasheq et le haoussa, ce qui lui permet d’adapter chaque représentation à la langue de la communauté visitée. « Nous sommes arrivés à un niveau où nous n’avons presque plus besoin de répétitions. Si l’on nous donne un thème, vingt minutes de discussion suffisent pour monter une prestation. Avec plus de quinze ans d’expérience chacun, c’est devenu naturel », a-t-il indiqué. M. Ali reconnaît que les débuts ont été particulièrement difficiles. « Au départ, je faisais des prestations pour 1 000 francs CFA. Grâce à ce métier, j’ai énormément élargi mon carnet d’adresses et découvert beaucoup de localités. Les gens nous connaissent, mais financièrement, on n’a pas gagné grand-chose », a-t-il dit.

Au fil des années, la troupe a participé à de nombreuses manifestations culturelles, notamment à la première édition de la parenté à plaisanterie, où elle a représenté la région de Tillabéri en sketch. Elle a également pris part à plusieurs éditions des festivités tournantes du 18 décembre. Malgré son expérience, la troupe fait face à de nombreux obstacles. Son président évoque le manque de soutien aux artistes, la rareté de jeunes passionnés prêts à s’investir durablement dans cet art, ainsi que l’insécurité qui limite les déplacements dans les villages. Il souligne également que les restrictions liées à l’état d’urgence réduisent les activités culturelles nocturnes. La troupe entretient néanmoins de bonnes relations avec plusieurs artistes. Elle a collaboré avec Guinguir Lompo lors de son séjour à Téra en novembre 2022, accueilli à deux reprises le chanteur Testo Yaro et accompagne régulièrement les artistes de Gothèye ainsi que de jeunes créateurs de contenus de la région de Tillabéri. Il a adressé un message à la jeunesse, l’invitant à rester concentrée sur ses objectifs et à éviter les distractions excessives liées aux téléphones portables. « Mon objectif est de former des jeunes filles et des garçons dynamiques, passionnés par cet art, de les encadrer et de les préparer au métier d’humoriste. Nous vieillissons, il est temps de transmettre le flambeau à la nouvelle génération. » Profitant de cette occasion, M. Ali Soumana lance un appel aux autorités « nous ne demandons pas de l’argent. Nous voulons simplement que l’on nous ouvre des portes pour réussir. Aujourd’hui, les activités culturelles sont presque à l’arrêt à cause de l’insécurité. Nous souhaitons le retour de la paix et de la quiétude dans la région de Tillabéri et dans tout le Niger », a-t-il souhaité.

Assad Hamadou (ONEP)