Haladou Amadou est né en 1957 à Magaria dans la région de Zinder, où il a fait ses études primaires et secondaires. Enseignant de formation, il a passé l’essentiel de sa carrière d’instituteur en zone rurale, notamment dans les arrondissements de Matamey et Magaria. À la retraite depuis plusieurs années, l’homme de culture a passé 24 ans de sa vie professionnelle à enseigner dans les villages nigériens. « Après mon départ à la retraite, je suis venu à l’inspection primaire comme contractuel, où j’ai passé encore 12 ans au bureau de l’inspection primaire, parce que je faisais statistique et informatique. Après, je suis parti encore à l’école normale de Magaria pour faire quatre (4) ans comme encadreur informatique », a-t-il relaté.
Outre sa casquette d’instituteur, il fut aussi un fervent promoteur de la culture nigérienne à travers les chants traditionnels. En effet, enseignant de vocation et compositeur durant ses heures libres, Haladou Hamidou fut l’initiateur de la troupe « Dan Goudaw » en 1984. Cette troupe avait vu le jour lors du mouvement des « Samaria » des années 1980-1990 qui avait mis les Nigériens au travail. Avec plus de cent (100) compositions à son actif, dont les plus célèbres sont « Yan uwa », « Uwaye », « Mai dukuchi chi yake da doki », « Mangou Saraounia », « Dounia sey da mata », « Gona Sey da Taki », « bodo bodo », entre autres.
« Ma vie en tant que compositeur, c’est une vie que j’ai menée avec une troupe de jeunes filles en zone rurale. Je dirai que c’est une vie normale. Un enseignant même de profession, c’est un animateur. On faisait partie de la Samaria du village et donc ma contribution a été de créer une troupe. J’ai arrêté d’animer la troupe en 2001, c’est l’année de la flamme de la paix. Mais je continue à composer. J’écris des chansons et j’aide un peu les jeunes troupes », a-t-il raconté.
Ainsi, lui qui avait donné une portion de sa vie à la vulgarisation de la culture et des valeurs sociales nigériennes et à la consolidation de son patrimoine culturel regrette aujourd’hui que tout ce pour quoi ils se sont battus soit mis aux oubliettes et délaissé par la jeune génération qui est censée reprendre le flambeau. « Les jeunes d’aujourd’hui ne pensent qu’aux chansons d’amour. C’est tout ce qui les préoccupe. Les personnes âgées, jusqu’à présent, tiennent à cette culture des chansons traditionnelles. Je ne sais pas si l’État va faire peut-être un effort pour un peu ramener les jeunes à s’intéresser à la culture et aux chansons traditionnelles », dit-il.
M. Haladou Amadou fonde surtout l’espoir de voir un jour les chansons traditionnelles reprises par les jeunes. Mais pour ce faire, il a estimé que l’État doit davantage investir dans la culture en organisant des événements comme les festivals et d’autres compétitions nationales qui feront renaître les valeurs sociales du Niger.
Hamissou Yahaya (ONEP)





