
Dans le monde du taekwondo nigérien, rares sont ceux qui ne connaissent pas Maître Amadou Oumarou alias Maître Cobra ou encore Maître Beraykoy, ceinture noire 7e Dan, arbitre international et coach Level 2. Me Amadou Oumarou est une véritable référence dans son domaine. Après une excellente carrière réalisée dans le taekwondo, il a eu l’idée de partager son savoir-faire à travers la création d’un centre de formation situé au quartier Bandébary dans l’arrondissement communal Niamey III, Academy Wangari Taekwondo, afin d’offrir un encadrement moderne à la jeunesse nigérienne.
Il faut le rappeler, à son époque, Maître Amadou Oumarou s’est illustré à plusieurs reprises en Kyorugi (combat), dans différentes catégories, remportant de nombreuses médailles d’or, d’argent et de bronze lors de championnats nationaux et internationaux. Il s’est également distingué en Poomsae, l’équivalent du kata en karaté ou du tao en kung-fu, où il a remporté plusieurs médailles. Il a beaucoup travaillé, ce qui lui a permis d’obtenir d’excellentes notes lors de ses passages de grades supérieurs. « Chaque grade exige du temps et de la persévérance. J’ai gravi les échelons pas à pas, avec la rigueur d’un militaire. Je suis un véritable sac à dos du taekwondo », explique-t-il.

A travers ce centre, Maître Beraykoy souhaite partager son expérience et offrir à la jeunesse nigérienne un cadre propice à l’apprentissage et à l’épanouissement. Selon lui, le Niger regorge de jeunes talentueux, aussi bien à Niamey que dans les régions, mais beaucoup d’entre eux manquent d’un encadrement de qualité. « Le taekwondo m’a sauvé à l’âge de 20 ans. Aujourd’hui, je veux offrir la même chance aux autres, mais de façon moderne, avec une salle, un maître et des valeurs, dont le respect, la discipline et la persévérance, car ce sont des armes pour la vie, pas seulement pour le combat. Mon objectif est de former des champions, mais aussi des citoyens modèles, car une médaille sans éducation ne sert à rien », affirme-t-il.

Maître Cobra ne veut pas seulement former des combattants. Il veut former des hommes et des femmes accomplis, des athlètes complets. « Le taekwondo apporte la technique, l’esprit et la stratégie. La musculation développe la puissance et la solidité. Le fitness améliore l’endurance et la santé. L’un sans les autres, c’est comme une jambe qui boite. Aujourd’hui, pour gagner au plus haut niveau international, il faut réunir ces trois dimensions. C’est cette approche globale que nous proposons à l’Academy Wangari », souligne-t-il.
Une école de caractère
L’ambition de Maître Beraykoy dépasse largement les frontières du Niger. Il souhaite former des champions capables de briller en Afrique et dans le monde. Pour lui, l’Academy Wangari est avant tout une école de caractère, où aussi bien un enfant de 6 ans qu’un adulte de 40 ans peut se construire grâce à une préparation physique, technique, tactique et mentale, ainsi qu’à un apprentissage de la gestion du stress. « Le taekwondo est ouvert à tous. L’excellence appartient à ceux qui choisissent de la poursuivre. La technique est importante, mais l’éducation l’est encore davantage. Si, dans vingt ans, mes élèves ouvrent leurs propres clubs et forment à leur tour de nouvelles générations, alors Wangari aura pleinement rempli sa mission », affirme-t-il.
L’Academy Wangari repose sur quatre programmes, mais une seule philosophie « progresser à son rythme, mais progresser chaque jour ». Pour les enfants âgés de 4 à 9 ans, l’académie privilégie une approche ludique où l’éducation passe par le jeu. Les jeunes apprennent les règles du dojang, le salut, l’écoute et le respect des autres. « La ceinture blanche devient d’abord la ceinture du savoir-vivre. Un enfant qui arrive agité repart plus concentré à l’école et plus discipliné à la maison », explique Maître Cobra.
Pour les adolescents et les adultes débutants, l’académie propose un programme axé sur le bien-être, le maintien de la santé et la découverte du taekwondo. Les séances comprennent des exercices de fitness, de renforcement musculaire, de cardio, de gainage, de souplesse et de self-défense. « Nous voulons aider chacun à évacuer le stress, à retrouver confiance en soi et à progresser sans pression. Pour les compétiteurs, nous travaillerons également les aspects techniques du Kyorugi et du Poomsae afin de leur permettre de viser le plus haut niveau », conclut-il.
Des adhérents satisfaits de l’encadrement
Mme Aouta Gisèle rencontrée lors d’une séance d’entraînement, a inscrit ses deux enfants au club Wangari. Elle affirme être très satisfaite de la qualité de la formation dispensée au sein de l’Academy Wangari. « Les enfants apprennent à se défendre et surtout, cela leur donne des bases en matière de discipline et de maîtrise de soi. Cela permet aussi aux enfants d’être occupés, surtout en cette période de vacances. Ce sont des activités qui ont un impact sur leur développement.», a-t-elle indiqué.
Elle a également souligné que les tarifs sont abordables et que les séances, organisées deux fois par semaine, offrent une certaine flexibilité. « Le taekwondo vient compléter leur éducation. Il faut que, lorsque l’enfant sort, il sache se défendre, car nous sommes dans un monde impitoyable et les enfants doivent vraiment savoir se défendre », a-t-elle déclaré.

Deux étudiants de l’Université Abdou Moumouni étaient également présents lors des entraînements. Il s’agit de M. Abdoul Kadri Ali et de Mlle Zeinabou Ibrahim Hamadou.
M. Abdoul Kadri Ali pratique le taekwondo dans ce club depuis trois ans. Il est titulaire de la ceinture rouge 3e degré et affirme que le taekwondo est sa passion. Il a indiqué que les entraînements se déroulent très bien, avant d’inviter ses camarades à rejoindre l’académie pour pratiquer ce sport, bénéfique pour leur bien-être.
Pour sa part, Mlle Zeinabou Ibrahim Hamadou est étudiante à la Faculté des Sciences et Techniques, en sciences de la vie et de la Terre, option géosciences et environnement. Elle est titulaire de la ceinture rouge 3e degré depuis la classe de 3e. « Cette année, j’étais à l’université et je n’ai pas eu beaucoup de temps, mais chaque fois, je fais l’effort de venir m’entraîner de temps à autre pour garder la forme », a-t-elle indiqué.
Elle a fait savoir que les raisons qui l’ont poussée à pratiquer le taekwondo sont notamment le plaisir de pratiquer une activité sportive. En plus, dit-elle, cette activité lui permet de prévenir certaines maladies et de rester mentalement et physiquement forte. « Avec de la volonté, j’arrive à concilier les deux. L’un n’empêche pas l’autre et cela aide même mon cerveau à mieux fonctionner. Les entraînements se déroulent très bien et, même quand je rentre fatiguée à la maison, dès que je me lave, je reprends des forces et j’étudie tranquillement », a-t-elle conclu.
Assad Hamadou (ONEP)



