Les activités entrant dans le cadre de la célébration du 35è anniversaire de l’Association des Femmes Juristes du Niger (AFJN) ont été lancées, hier lundi 21 septembre 2026, au siège de ladite organisation. Placée sous le thème « Contribution des femmes juristes dans l’évolution des droits de la femme dans un contexte de refondation », cette activité permet de rapprocher l’information juridique des populations, prévenir certaines situations de violation des droits et surtout renforcer la confiance des citoyens dans les mécanismes de protection et d’accès à la justice.
Au programme de cette célébration figure une campagne d’assistance juridique de proximité dans les cinq arrondissements communaux pour faciliter davantage l’accès aux droits et à la justice afin de mieux rapprocher la justice et les justiciables. Elle sera couplée à des séances de sensibilisation sur les violences basées sur le genre et les voies de recours afin d’encourager la gestion non violente des conflits et privilégier ainsi la saisie des juridictions et des structures non étatiques comme l’AFJN.
Le représentant de l’Agence Nationale de l’Assistance Juridique et Judiciaire (ANAJJ), M. Ibrahim Mahamadou, a souligné l’importance de ce thème qui touche directement à l’accès des populations aux droits et à la justice. Il a, en effet, expliqué que l’existence des droits ne suffit pas à elle seule, mais qu’il faut que les citoyens connaissent, comprennent les mécanismes permettant de les exercer et sachent vers quelle structure se tourner lorsqu’ils sont confrontés à une difficulté juridique et judiciaire.
Aussi, l’assistance juridique et judiciaire permet notamment d’informer, de conseiller et d’orienter les personnes sur leurs droits, leurs obligations et les démarches qui s’offrent à elles. Quant à l’assistance judiciaire, elle vise à permettre aux personnes remplissant les conditions requises de bénéficier d’un accompagnement dans le cadre des procédures judiciaires afin que l’insuffisance des moyens financiers ne constitue pas un obstacle à l’accès à la justice.
Pour le représentant de l’ANAJJ, la mission de cette institution s’inscrit pleinement dans cette dynamique, contribuant à rendre la justice plus accessible, notamment aux personnes vulnérables et à celles qui rencontrent des difficultés pour faire valoir leurs droits. Cependant, cette mission ne peut produire pleinement ses effets sans une bonne information des populations. M. Ibrahim Mahamadou a en outre réaffirmé la disponibilité de l’ANAJJ à accompagner les initiatives qui concourent à améliorer l’information juridique des populations, à faciliter leur orientation et à renforcer leur accès effectif aux mécanismes d’assistance juridique et judiciaire.
Pour sa part, la présidente de l’Association des Femmes Juristes du Niger, Mme Balkissa Djibril Abarchi, a fait un bref rappel du chemin parcouru par son Association qui, depuis 35 ans, œuvre pour l’assistance juridique et judiciaire aux femmes, aux enfants et aux personnes vulnérables au Niger et à l’extérieur du pays. « 35 ans pendant lesquels les femmes juristes d’horizons divers, magistrates, enseignantes-chercheuses, avocates, notaires, étudiantes en droit, juristes dans divers domaines de la vie publique ou simplement détentrices d’un diplôme en droit, se déploient pour mettre leur connaissance, leur énergie, leur argent avec enthousiasme et conviction au service des couches vulnérables », a-t-elle dit.
Aussi, a fait savoir Mme Balkissa Djibril Abarchi, l’AFJN ne s’est pas investie que dans l’assistance juridique et judiciaire. Elle était également dans toutes les grandes luttes démocratiques, notamment la lutte pour la participation politique de la femme, l’autonomisation de la femme, l’accès à la justice, la lutte contre les violences basées sur le genre, la vulgarisation du droit, la participation à la rédaction des textes fondamentaux et la rédaction des rapports aux organes des traités, et de manière générale les luttes pour l’épanouissement de la femme, de l’enfant et des personnes vulnérables. « Notre mérite se mesure par la satisfaction de toutes les victimes qui sont venues vers l’AFJN pour chercher assistance ou qui ont simplement été enrichies des informations partagées avec le corps social à travers les activités de vulgarisation du droit », a-t-elle déclaré. Elle a enfin adressé ses remerciements à tous les partenaires, en particulier le PNUD dont le précieux concours a permis l’organisation matérielle de cette activité.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
