Un épi de riz hybride dans la rizière expérimentale
Fondé en 1984, c’est le premier institut de recherche spécialisé dans le riz hybride au monde. Il a été créé par l’académicien Yuan Longping connu comme le « Père du riz hybride ». En 2024, l’ancien Centre de recherche sur le riz hybride du Hunan a fusionné avec l’Institut provincial de recherche sur le riz de la même localité pour former le centre de nouvelle génération, afin d’augmenter le rendement pour nourrir le monde, effectuer des recherches approfondies sur le riz et moderniser cette filiale.
Le Centre National de Recherche et de Développement sur le Riz Hybride du Hunan est devenu la base du Centre national de recherche en ingénierie et technologie du riz hybride en 1995, et les deux centres fonctionnent sous un système unifié de « deux plaques, une seule équipe ». Il comprend des départements tels que la Recherche scientifique, le Développement industriel, la Gestion des bases expérimentales, la Coopération internationale et le Bureau général. C’est le premier institut de recherche en Chine et à l’étranger exclusivement dédié à la recherche et au développement du riz hybride. Ses activités incluent la sélection de variétés de riz hybride à haut rendement, de haute qualité et résilientes, la recherche fondamentale sur l’utilisation de l’hétérosis hybride lointain, la technologie moléculaire du riz, la technologie des applications transgéniques et les mécanismes de l’hétérosis, la recherche sur les technologies appliquées de soutien telles que la propagation parentale, la production de semences hybrides et la culture à haut rendement, la collecte et l’identification des ressources en riz hybride, les tests de pureté des semences et l’analyse de la qualité du riz, la formation internationale et le développement en technologie du riz hybride, et enfin, l’édition et la publication de la revue Riz Hybride.
Hormis le riz, plusieurs autres aliments sont cultivés dans ce centre. La collection comprend 56 types de plantes comme les céréales, les légumes, les oléagineux et les engrais verts. Aussi, plus de 31.000 échantillons de cultures vivrières dont du riz, du maïs et du sarrasin sont cultivés. De plus, plus de 7.000 échantillons de légumes dont les piments, des melons et des légumes à feuilles, et plus de 1.400 échantillons de cultures oléagineuses, principalement du colza, du sésame et de l’arachide sont également étudiés. Pour la conservation, une chambre spéciale est utilisée. Elle garde les aliments dans un climat de basse température de -18 degrés et ces derniers peuvent rester conserver jusqu’à 50 ans.
Dans ces champs dénommés « champs testeurs », chaque variété de riz est plantée afin d’observer son évolution, avant d’en faire l’objet d’une quelconque utilisation extérieure. Le centre dispose d’un système moderne de plantation, de préparation et de conservation de ce riz hybride qui résiste à toutes les éventualités climatiques et qui permettra aux pays sous ou en voie développement de garantir une certaine sécurité alimentaire sur plusieurs années. Par ailleurs, le centre possède 226 employés en poste, parmi lesquels 99 chercheurs seniors et 92 titulaires d’un doctorat. Quatorze (14) équipes d’innovation y travaillent et les principales plateformes comprennent le Laboratoire national clé du riz hybride, le Centre national d’innovation pour la technologie du riz tolérant au sel et à l’alcalinité, le Laboratoire commun Chine-Madagascar de la Ceinture et la Route sur le riz hybride et le Centre de référence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour la recherche et la formation sur le riz hybride.
De Hunan à Niamey, le Riz hybride s’adapte au climat sahélien
Au Niger, cette innovation a permis de construire à Niamey, la première zone fonctionnelle liée au Hunan d’une superficie de 6.900 m2. La coopération porte également sur cinq secteurs prioritaires au Niger dont l’agriculture, les mines, la santé et les soins médicaux, l’énergie et l’électricité, et les infrastructures. Selon M. Xiao Gui, spécialiste en étude de riz hybride, cette technologie permettra de mettre en place un mécanisme qui facilitera l’acheminement du riz hybride jusqu’au Niger et la culture de cette denrée alimentaire. Il a également expliqué que chaque riz est cultivé en fonction du climat et de la réalité de chaque pays afin de mieux le conserver, qu’il soit accessible et plus utile aux populations concernées. « Pour le Niger qui possède un climat chaud et qui est dans une zone sahélienne, il existe un type de riz hybride qui n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Il a juste besoin de ⅓ d’eau et il résiste à la chaleur, aux hautes températures allant jusqu’à 40 degrés. Mais, il peut aussi être ajusté pour s’adapter aux réalités du pays », a-t-il expliqué. Par ailleurs, il s’est dit satisfait de la coopération sino-nigérienne car, a-t-il ajouté, plusieurs spécialistes du domaine sont déjà venus en Chine pour visiter le centre, connaître les avantages de ce riz et sa culture.
Science agricole moderne en pleine évolution, le centre de recherche et de développement du riz hybride a permis d’enregistrer des avancées majeures dans ce domaine. Il s’agit notamment des jalons de rendement du riz super hybride qui ont enregistré des rendements par mu de 700 kg, 800 kg, 900 kg puis 1 000 kg ont été successivement atteints. En 2023, la variété de riz hybride « Liangliangyou 8022 » a atteint un rendement moyen de 1 251,5 kg par mu sur une parcelle de démonstration de 100 mu, établissant un nouveau record mondial de rendement pour le riz à saison unique. Aussi, plus de 160 nouvelles variétés de riz et lignées parentales d’élite ont été sélectionnées. La banque de germoplasme des cultures conserve plus de 30.000 accessions de germoplasme de riz et l’institut a remporté 15 prix nationaux de science et de technologie et 131 prix de niveau provincial et ministériel. Sur le plan mondial, les technologies du riz hybride ont été étudiées et cultivées dans plus de 70 pays et régions du monde, et la superficie annuelle de plantation à l’étranger dépasse 8 millions d’hectares. Afin de moderniser davantage le secteur, une Base de sélection de Longping High-tech à Guanshan, Ningxiang a été mise en place. Elle permet d’exploiter 1 600 mu de champs expérimentaux, en mettant en œuvre des drones de levé aérien multispectral et des équipements automatisés de test de semences et une base de données multimodale à grande échelle sur le riz, de niveau entreprise, a été constituée permettant de réduire les cycles de sélection de 10 ans à 4-6 ans pour le premier modèle au monde de sélection du génome entier pour le riz hybride moyen-indica.
Massaouda A. Ibrahim,
A Hunan (Chine)



