Le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye, a présidé, le lundi 21 septembre 2026 à Niamey, la cérémonie d’ouverture d’un atelier régional de suivi de la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) des pays membres de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS). Il s’agit, à travers cette rencontre, de faire avancer les solutions de financement et de résilience adaptées aux réalités du Sahel.
A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a salué l’engagement de la CCRS et l’accompagnement constant des partenaires techniques et financiers ainsi que l’ensemble des coopérations bilatérales et institutions engagées dans la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National. « Conformément aux orientations de nos autorités, nous avons engagé la formulation de notre Contribution Déterminée au niveau National, la CDN 3.0 pour la période 2025-2035 », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle CDN du Niger, selon le ministre, est la déclinaison climatique du Programme pour la Refondation de la République (PPR). Elle est cohérente avec les priorités nationales, notamment la souveraineté alimentaire, l’accès à l’énergie et la création d’emplois pour la jeunesse qui représente plus de 50% de la population. « Nos CDN 3.0 doivent parler le même langage, mobiliser les mêmes financements et porter les mêmes priorités régionales. C’est le sens de notre engagement au sein de la CCRS et de l’Alliance des États du Sahel », a martelé le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le Colonel Maizama Abdoulaye a ainsi invité les participants à se concentrer sur 4 chantiers majeurs à savoir : faire l’état des lieux sans complaisance de la mise en œuvre des CDN antérieures et capitaliser les bonnes pratiques; identifier les mécanismes de financements innovants ; construire la résilience régionale par la Validation de l’Initiative 4×5 Résilience Sahel portée par la CCRS et l’identification des trois (3) projets régionaux prioritaires; finaliser le Plan d’Actions de la Plateforme des Points Focaux CDN et le Plan d’Actions de la Plateforme des Autorités Nationales Désignées. « Ces feuilles de route sont essentielles pour orienter la mise en œuvre de nos CDN », a-t-il soutenu.
Auparavant, le Secrétaire Exécutif de la Commission Climat pour la région du Sahel (CCRS), M. Issifi Boureima, a rappelé qu’après dix années de mise en œuvre de l’Accord de Paris, le constat est sans appel. Le premier cycle des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) a révélé les limites des anciens modèles : des ambitions fortes face à des ressources dramatiquement insuffisantes, des stratégies fragmentées là où le climat impose une solidarité géographique, des mécanismes internationaux de financement inadaptés à l’urgence du terrain.
Selon le dernier rapport du GIEC (AR6, 2023), a-t-il poursuivi, le Sahel se réchauffe à un rythme 1,5 fois plus rapide que la moyenne mondiale. « Nos terres se dégradent, nos femmes et nos filles parcourent des distances toujours plus longues pour trouver de l’eau, nos économies sont prises en otage par les sécheresses et les inondations. Et pourtant, selon le PNUE, l’Afrique subsaharienne ne contribue qu’à moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est notre peuple qui paie le tribut le plus lourd », a ajouté le Secrétaire Exécutif.
M. Issifi Boureima a souligné que, face à cette adversité, le Sahel a déjà démontré sa capacité de résilience. Des solutions endogènes émergent et portent leurs fruits dans les champs, les villages, les politiques publiques. « C’est fort de cette conviction que les gouvernements de nos pays membres ont pris, au sein de la CCRS, une décision historique : rompre avec la logique de l’isolement. Les nouvelles CDN, dont nos pays s’attèlent à la mise en œuvre pour les cinq prochaines années, ne sont plus de simples catalogues de projets. Elles constituent l’armature de notre pacte de résilience collective. Un pacte sacré qui engage notre responsabilité envers les générations futures », a-t-il indiqué.
Ce pacte, a-t-il dit, impose trois impératifs. « Le premier est celui de la territorialisation de nos ambitions, le deuxième est celui de l’alignement avec notre souveraineté économique et sanitaire, et le troisième est celui du financement et de la diplomatie climatique offensive », a-t-il déclaré.
Pour la représentante du Système des Nation Unies au Niger, Mme Djanabou Mahondé, cet atelier offre l’opportunité de progresser sur trois priorités. Il s’agit d’identifier des mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités du Sahel ; de renforcer les capacités nationales afin de transformer les priorités climatiques en projets bancables et crédibles capables d’accéder aux ressources disponibles ; et enfin de renforcer les synergies régionales afin que les investissements climatiques produisent des bénéfices simultanés pour la résilience, la sécurité alimentaire et le développement humain. « Vous pouvez compter sur l’engagement du Système des Nations Unies pour continuer à accompagner le gouvernement du Niger et la CCRS dans cette ambition », a-t-elle rassuré.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)





