Alou Moustapha
L’avis N°005-04-2025 du 3 Avril 2025 de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest(BCEAO)a été, comme à leurs mauvaises habitudes, interprété et commenté par les « Toutologues », ceux –là qui pensent connaître tout et tout connaître, les messieurs « je sais tout » qui en vérité parlent de tout et finalement de rien puisqu’ils font une intrusion dans des domaines qu’ils ne maîtrisent pas .
Le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani évoquait du reste leur cas récemment lorsqu’il fustigeait leurs réactions maladroites et malencontreuses tendant à donner des leçons et même des cours de stratégies de combat ou de guerre à nos vaillantes et professionnelles forces de défense et de sécurité.
Il y a évidemment d’autres qui sont toujours aux aguets, espérant, de jour comme de nuit, en tout lieu et en toute circonstance, apprendre de mauvaises nouvelles qu’ils s’empresseront de relayer et pour ce faire, ils sont prêts à travestir les faits à travers des interprétations tendancieuses et complètement fausses.
Dans cet avis, la BCEAO a annoncé avoir levé toutes les mesures temporaires relatives au traitement comptable et prudentiel des expositions sur les titres publics de l’Etat du Niger.
En effet, par l’Avis N°002-01-2024 du 22 janvier 2024, la BCEAO avait accordé aux établissements de crédit une dérogation temporaire aux dispositions réglementaires en vigueur, en les autorisant à garder dans leurs portefeuilles comme des créances saines, les titres de l’Etat du Niger. Cette mesure particulière visait en vérité à maintenir la stabilité financière des établissements de crédit.
Cependant, compte-tenu de la normalisation des interventions de l’Etat du Niger sur le marché financier régional, le maintien de cette mesure temporaire exceptionnelle ne se justifie plus et, c’est pourquoi, la BCEAO a décidé de la lever par l’Avis N°005-04-2025 du 3 avril 2025.
« Après la levée des sanctions, le Trésor public nigérien a repris normalement ses interventions sur le marché financier. De ce fait, il n’y avait aucune raison à garder la suspension temporaire de la mise en œuvre des dispositions de l’instruction », a expliqué le Directeur National de la BCEAO dans les colonnes du quotidien « Le Sahel » du Mercredi 23 Avril 2025 en sa page 5.
Il n’y a donc pas péril en la demeure d’autant plus que, a précisé le Directeur National de la BCEAO, « la prise de cet avis ne signifie nullement la création d’obstacles aux opérations financières de l’Etat du Niger qui se déroulent normalement selon les règles du marché en fonction de la loi de l’offre et de la demande des ressources financières ».
A titre d’exemple, le 17 Avril 2025, le Trésor Public a mobilisé un montant de 71,2 milliards de FCFA sur le marché financier et une semaine auparavant , soit le 10 Avril 2025 plus exactement, une émission sur le marché financier a permis de conduire avec succès une opération de titrisation avec la SONIBANK. Cette opération a induit un apurement substantiel de la dette intérieure avec le remboursement immédiat d’un montant de plus de 25 milliards de FCFA en faveur d’une centaine de fournisseurs de la commande publique.
Contrairement donc à la version des oiseaux de mauvais augure, la publication de cet avis ne signifie point une dégradation de la situation économique et financière de notre pays. D’ailleurs, et pour convaincre les plus pessimistes, rappelons que notre pays a enregistré un taux de croissance exceptionnel de 10,3% en 2024 et les perspectives en moyen terme restent favorables avec un taux de croissance projeté à 7,8 % en 2025, 8,2 % en 2026 et 8,3 % en 2027, soit une moyenne de 8,1 % sur les trois prochaines années.
En définitive, l’Avis N°005-04-2025 du 3 avril 2025 n’est intervenu que pour constater la normalisation des interventions de l’Etat du Niger sur le marché financier au regard des performances de notre pays en matière économique et financière notamment.
Alou Moustapha (ONEP)
