La table de séance à la clôture des travaux du congrès de la CDTN
La Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) a tenu, du 20 au 22 septembre 2026 au Centre international de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, les travaux de son 6è Congrès confédéral ordinaire sous la thématique principale de « Liberté et droits syndicaux, représentativité des organisations syndicales et négociations collectives dans le contexte de la mobilisation générale au Niger ». Au terme des travaux, Elh Ibro Kané succède à Idrissa Djibrilla au poste de secrétaire général de la CDTN.
Des centaines de responsables de l’ensemble des syndicats affiliés à la centrale, de délégués des instances régionales et départementales venus de tous les horizons du pays ainsi que des représentants d’organisations syndicales partenaires du Niger et de la sous-région, parmi lesquels ceux de centrales syndicales du Sénégal, du Burkina Faso, du Bénin, du Mali ainsi que de l’Organisation ouest africaine des travailleurs (OTAO), ont pris part aux travaux du 6è congrès de la CDTN dans un esprit de solidarité syndicale.
Le Congrès de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) a adopté une résolution relative aux revendications générales qui engage le nouveau bureau exécutif national à veiller au respect des accords acquis, à parachever les négociations avec le gouvernement pour parvenir à des accords sur les préoccupations pressantes des travailleurs et engager des discussions relativement au cahier de doléances 2026.
La CDTN qui fait une motion spéciale aux forces de défense et de sécurité pour leur engagement patriotique dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme, recommande, pour une paix durable, au gouvernement d’investir davantage dans les localités affectées par les menaces sécuritaires afin d’impulser ou renforcer des dynamiques endogènes de développement socio-économique, créant ainsi des emplois décents pour les jeunes et les femmes. Le congrès recommande également d’accentuer la promotion de la justice sociale, la répartition équitable des ressources nationales, le respect des droits de l’Homme, la transparence dans la gestion des biens publics à tous les niveaux et la lutte contre la corruption et les inégalités.
M. Moussa Saidou Marayé, le directeur général du travail et de l’emploi, a réaffirmé la disponibilité de l’État à examiner les résolutions et recommandations issues du congrès et à maintenir le dialogue avec la CDTN. Il estime que le mouvement syndical est un « partenaire dans la dynamique de refondation nationale » et invite la CDTN à privilégier le dialogue et la recherche de ‘’compromis constructifs’’. Les conclusions auxquelles est parvenu le congrès revêtent une importance particulière. Elles traduisent les préoccupations, les attentes et les propositions pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleuses et des travailleurs nigériens, explique M. Moussa Seydou Marayé qui souligne que cela constitue également « une contribution au débat national sur les grandes réflexions et les grandes questions liées à l’emploi, au travail décent, à la protection sociale ainsi qu’au développement économique et social du pays ».
« Certaines de ces recommandations pourront appeler des réponses immédiates. D’autres nécessiteront des consultations approfondies, des études complémentaires ou, le cas échéant, des réformes du cadre juridique et institutionnel. Mais toutes méritent d’être considérées avec sérieux dès lors qu’elles participent à la recherche de solutions aux préoccupations du monde du travail », indique Moussa Seydou Marayé.
Le nouveau secrétaire général, Ibro Kané, s’est dit être pleinement conscient des défis et de la responsabilité qui incombe aux membres du BEN et à l’ensemble des militants de la CDTN, notamment sur la mise en œuvre de sa vision d’un syndicalisme porté par les valeurs d’unité, d’actions, de solutions, de résultats, et de redevabilité. « Notre ambition est de faire de la CDTN, encore plus, une force syndicale organisée, responsable, crédible et capable de produire des résultats concrets aux travailleurs et aux travailleuses. Dans un monde où le travail change, les réalités économiques changent, les technologies avancent, les formes d’emploi évoluent, les attentes des travailleurs évoluent, notre syndicalisme doit aussi évoluer, mais évoluer ne signifie pas abandonner nos valeurs : au contraire, nous devons rester attachés à la justice sociale à la solidarité, à la dignité du travail, à la protection des travailleurs, au dialogue social et à la défense des droits collectifs », explique le secrétaire général Ibro Kané de la CDTN.
Ismaël Chékaré (ONEP)
