Il y a une semaine, le Ministre de la justice faisait état de la découverte à Arlit de 400 fûts contenant des matières radioactives (carottes des forages de recherche minière) à l’ancien camp CEA (Camp militaire Madawela) ancêtre de COGEMA, Areva et Orano en 1968, (périmètre de recherche de GOVIEX jusqu’en 2024).
Pour confirmer ce comportement d’Orano, l’ONG Aghirin’man a tiré la sonnette d’alarme depuis 2002, lorsque nous avons réalisé une étude sur le terrain avec des experts de la CRIIRAD et Sherpa. Depuis lors, d’autres découvertes d’atteinte à l’environnement et de mise en danger des populations ont été révélé par d’autres études et travaux complémentaires que nous avons réalisé jusqu’en 2025. C’est ainsi qu’il est important de retenir les points suivants comme étant l’héritage le plus dangereux que nous a laissé Orano au Niger :
- Plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs à l’air libre dégageant des gaz de radon dans l’atmosphère au site de la Cominak à Arlit.
Avec l’abandon du réaménagement du site par Orano, cette verse constitue la plus grande décharge radiologique abandonnée dans le monde.
- Plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs contenant 80% de radioactivité au site de la Somair dans les mêmes conditions qu’au site de la Cominak.
- Une nappe artificielle créee par Orano, sous la verse à résidus radioactifs de la Cominak dont le soutirage de 20 m3 par heure depuis 2011 jusqu’au moment où nous sommes en train d’écrire (2,6 millions de m3 soutirés et déposés actuellement en surface dans un bassin), sans qu’aucune étude ne permette de connaître le restant à soutirer ou le contenu de celle-ci. Cette nappe menace actuellement de se mélanger avec les eaux que consomment les populations à Arlit.
- Des nombreuses habitations des populations et des écoles contaminées à Arlit ont été découvertes dont quelques-unes seulement ont fait l’objet de traitement.
- La fermeture de la porte de la mine de la Cominak avec ses 600 km (distance Arlit _Tahoua) de galeries qui seront inondées d’eau contaminée dans quelques années et ses grands trous d’aération qui mettront en contact les nappes de la région.
- La contamination des certains forages d’eau potable à Arlit et un des châteaux d’eau à Agadez selon des analyses que nous avons réalisées en 2025 dont la communication et la diffusion n’ont suscité aucune réaction au Niger.
- La contamination du camp militaire de Madawela (sols, habitations des militaires, eau et bureaux) dont le rapport existe depuis plus de 10 ans dont le déménagement n’a eu lieu qu’en 2023 (compte rendu notre visite au camp militaire du 16 juin 2022).
Au vu de ce qui précède, porter plainte contre Orano est la moindre de chose légitimement, mais il y a lieu de souligner, que les responsables nigériens de l’époque ont laissé faire et même cautionné les agissements d’Orano.
Sur ce point, il y a lieu de retenir qu’Orano dans sa préméditation, dispose de plusieurs documents et accords signés par des Nigériens, lui validant certaines forfaitures.
Aussi, la responsabilité du bureau nigérien d’évaluation des études d’impact environnemental et certains cadres du Ministère des Mines, celui de l’Environnement, la carence et la faiblesse de nos textes règlementaires doivent être soulignées.
Le manque de courage et le manque d’audace des régimes antérieurs ont facilité les crimes environnementaux d’Orano, c’est pourquoi, il faut encourager et soutenir les actions des Ministres actuels des Mines et celui de la Justice.
Le procès en cours depuis juin 2025 sur notre plainte contre Cominak filiale d’Orano pour l’abandon du réaménagement du site est un révélateur du comportement d’Orano qui essaye de gagner du temps face à son manque de raison et sa volonté machiavélique de punir le Niger.
C’est dans ce contexte que nous recommandons la préparation d’un dossier juridique solide, rigoureux, irréfutable et c’est possible.
L’ONG Aghirin’man et la société civile d’Arlit sont disposés à témoigner sur tous les aspects de la préparation de cette plainte.
Arlit,
le 11 décembre 2025,
Le Président p.o. Maidawa Boubacar
