Alou Moustapha - DG ONEP
«Nous souhaitons que cette campagne soit meilleure que celle de l’année passée, même si nous continuons quand même à jouir des produits de la campagne passée. Les Nigériens se sont mis au travail, le sac de riz est à 11.000 FCFA, personne n’en parle…le sac de mil hâtif est à 28.000 FCFA, le sac tardif à 27.000 FCFA, personne n’en parle, le sac de maïs à 27.000 FCFA, personne n’en parle, alors que l’année passée, à pareil moment c’était deux fois plus cher. Mais, là, ça a parlé ! », Ainsi parlait, interloqué par cette ingratitude quasi collective, le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le 31 Mai 2025 sur les antennes de la Radiotélévision du Niger (RTN).
Trois mois après ce dépit manifesté à juste titre par le Chef de l’Etat face à ce silence « assourdissant » de tous ceux-là qui, l’année dernière, sont montés sur le cheval des ondes, envahi les plateaux de télévision, pris d’assaut l’espace digital pour polémiquer, créer une tempête dans un verre d’eau, se lamenter pour certains et verser des larmes de crocodile pour d’autres suite à la montée en flèche des prix des produits de première nécessité, particulièrement, le riz, le Système d’Information sur les Marchés (SIMA) nous apprend que le prix moyen national du mil, du sorgho et du maïs continue de baisser et le prix du riz importé reste stable.
Et, comme pour paraphraser le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, « personne n’en parle ! ».
Cette baisse continue et cette stabilité sont consécutives aux opérations de déstockage des céréales menées par les commerçants disposant d’importantes quantités, les actions des structures de l’État, les ventes conjointes en dépit de la période de soudure habituellement marquée par une hausse des prix, une rareté des denrées de base et une pression accrue sur le pouvoir d’achat.
Toutes ces actions ont, en effet, contribué à faire abonder l’offre et à tirer les prix moyens des céréales vers des niveaux exceptionnellement bas cette année.
En outre, cette baisse est attribuable à la diminution de la demande sur plusieurs marchés portée par le début du déstockage des magasins de l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN) et la poursuite des ventes par certains commerçants disposant toujours d’importants stocks.
S’agissant du riz, le SIMA a fait savoir que la stabilité et la variation du prix par endroit est une situation qui reflète une maîtrise des circuits d’approvisionnement rendue possible par un circuit commercial structuré mis en place par les autorités de la Refondation.
L’initiative et les actions de l’Etat ont permis de sécuriser les flux logistiques, limiter les perturbations liées aux coûts de transport et de stabiliser les prix au bénéfice des consommateurs.
Au demeurant, depuis quelques jours, les opérations de vente de céréales à prix modéré et les distributions gratuites ciblées ont débuté sur toute l’étendue du pays afin justement d’accompagner les ménages vulnérables pendant cette période de soudure. La vente se déroule au niveau des chefs –lieux des communes, des centres principaux et secondaires créés pour davantage rapprocher les stocks des bénéficiaires et autres populations cibles.
Cette tendance à la baisse des prix se remarque aussi sur les marchés horticoles malgré quelques disparités selon les produits. A ce niveau, la baisse des prix s’explique principalement par une amélioration progressive de l’offre qui vient désormais garnir plus abondamment les étals renforçant ainsi la disponibilité des produits.
Enfin, à moyen et long termes, la mise en œuvre des orientations de l’axe 3 de la Vision pour un Niger véritablement indépendant et prospère du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, dont le Programme Grande Irrigation est l’action phare, permettra, à coup sûr, à notre pays de réduire l’importation du riz, développer des chaînes de valeur agropastorales et les cultures irriguées et assurément atteindre la souveraineté alimentaire.
Alou Moustapha (ONEP)
