La délégation de l’ONC ...
La visite de travail effectuée du 26 au 28 septembre en Guinée par le président de l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, Ibrahim Manzo Diallo, a permis de poser les bases d’une coopération plus opérationnelle avec la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée. Formations conjointes, échanges de journalistes, partage d’expériences et coordination face à la désinformation figurent parmi les principaux axes envisagés.
Également vice-président de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), Ibrahim Manzo Diallo était accompagné de Dr Bounty Diallo, membre de l’ONC, de Mahamane Moussa Mourtala, secrétaire général adjoint, et de Mme Idi Adamou Hadiza, directrice des affaires juridiques et du contentieux.
Cette mission à Conakry s’est articulée autour de deux volets complémentaires : le renforcement des relations institutionnelles entre l’ONC et la HAC, d’une part, et le dialogue direct avec les professionnels des médias guinéens, d’autre part.
«Une coopération appelée à produire des résultats concrets»
Le samedi 26 septembre 2026, Ibrahim Manzo Diallo et le président de la HAC de Guinée, Boubacar Yacine Diallo, ont tenu une séance de travail consacrée à la mise en œuvre de la feuille de route 2026-2028 de la PRA-UEMOA-Guinée.
Les échanges ont porté sur le suivi des décisions issues de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme ainsi que sur les nouveaux défis auxquels sont confrontées les instances de régulation : développement accéléré du numérique, propagation de la désinformation, discours de haine, essor de l’intelligence artificielle et protection de la cohésion sociale.
Les deux institutions entendent donner une dimension concrète à leur partenariat à travers la finalisation d’un mémorandum d’entente, accompagné d’un plan d’action opérationnel sur douze mois. Un Comité technique conjoint HAC–ONC devrait être chargé de coordonner et de suivre la mise en œuvre des activités retenues.
Celles-ci pourraient comprendre des formations conjointes, des immersions professionnelles, des échanges d’expertise ainsi qu’une étude comparative des mécanismes de suivi et de monitoring des médias utilisés dans les deux pays.
«Des avantages pour les régulateurs et les professionnels»
La coopération bilatérale entre la HAC et l’ONC devrait permettre aux deux institutions de mutualiser leurs expériences et d’améliorer leurs pratiques face à des défis largement communs. Elle pourrait notamment favoriser l’harmonisation des approches de régulation, le renforcement des compétences techniques et juridiques ainsi qu’une meilleure anticipation des risques liés aux nouvelles technologies.

Pour les professionnels des médias, les échanges de journalistes envisagés entre la Guinée et le Niger offriraient des possibilités de formation, d’immersion dans d’autres environnements rédactionnels et de partage de bonnes pratiques. Ces initiatives pourraient également contribuer à renforcer les règles déontologiques, la vérification de l’information et l’adaptation des rédactions aux transformations numériques.
À terme, cette coopération devrait rapprocher les écosystèmes médiatiques des deux pays et favoriser une circulation plus fluide des expériences entre Conakry et Niamey.
Une tournée au plus près des rédactions
En marge des rencontres institutionnelles, le président de l’ONC a effectué des visites à la Radio-Télévision Guinéenne (RTG), à CAVI Médias et à Guinéenews. Ces trois organes, représentant différents profils du paysage médiatique guinéen, ont permis à la délégation nigérienne de mieux appréhender les réalités de l’audiovisuel public, des médias privés et de la presse numérique.
Cette tournée a donné lieu à des échanges avec les professionnels sur leurs conditions de travail, les transformations provoquées par le numérique et les difficultés rencontrées dans un environnement informationnel en constante évolution.
La démarche traduit la volonté de rapprocher les instances de régulation de celles et ceux qui produisent quotidiennement l’information, afin que les politiques d’encadrement du secteur prennent davantage en compte les réalités des rédactions.
À Guinéenews, une régulation fondée sur l’accompagnement
Lors de sa visite au siège de Guinéenews, à Almamya, dans la commune de Kaloum, Ibrahim Manzo Diallo a exposé sa conception du rôle d’une instance de régulation.
Après avoir visité les différents espaces de travail et échangé avec les équipes, il a indiqué suivre ce média depuis plusieurs années à partir du Niger. Il a salué la longévité de Guinéenews, créé en 1997, tout en insistant sur la crédibilité et la fiabilité de l’information comme conditions essentielles à la pérennité d’un média numérique. « Le régulateur est surtout l’accompagnateur des médias », a-t-il déclaré, estimant que la mission d’une autorité de régulation ne devait pas se limiter à la sanction.

Cette approche privilégie l’écoute, le dialogue et la prévention. Elle vise à instaurer une relation de confiance permettant aux régulateurs et aux professionnels des médias d’avancer ensemble, dans le respect de la liberté de la presse et des exigences de responsabilité.
Intelligence artificielle et désinformation : des réponses communes à construire
Les risques liés à l’intelligence artificielle ont également occupé une place importante dans les discussions entre l’ONC et la HAC. Ibrahim Manzo Diallo a notamment évoqué la falsification d’images, l’imitation de voix et l’attribution à des personnalités de propos qu’elles n’ont jamais tenus.
Face à ces nouvelles formes de manipulation, les deux institutions souhaitent renforcer leur coordination et développer des réponses communes capables de préserver la fiabilité de l’information sans remettre en cause les principes fondamentaux de la liberté de la presse.
La HAC et l’ONC envisagent aussi d’intensifier le dialogue avec les plateformes numériques sur la transparence des algorithmes, la modération des contenus ainsi que l’éducation aux médias et au numérique.
Au terme de cette mission, Conakry et Niamey affichent ainsi leur volonté de bâtir une coopération durable, fondée sur des actions mesurables et directement utiles aux professionnels. En associant concertation institutionnelle, partage d’expertise et dialogue avec les rédactions, l’ONC du Niger et la HAC de Guinée entendent mieux préparer leurs secteurs médiatiques aux profondes mutations technologiques et informationnelles en cours en Afrique de l’Ouest.
Source : ONC
