Le comportement des Nigériens face à la pénurie de carburant de ces derniers jours pose la nécessité d’une éducation de la population sur la conduite à tenir en temps de crise.
En effet, les quelques jours de pénurie vécus à Niamey ont donné lieu à des embouteillages et un désordre indescriptible au niveau des stations-services. Une situation marquée par le non-respect des règles de sécurité, des chaudes invectives et souvent des bagarres dues à l’impatience des clients et la complicité des pompistes dans certaines pratiques frauduleuses comme la vente du carburant dans des bidons.
Or, concrètement, le carburant disponible servi aux stations-services pouvait suffire à servir chacun en fonction de ses occupations et surtout au regard des plafonds fixés par les gérants et les autorités en la circonstance. Donc point besoin de bousculades à la pompe.
Malheureusement, le manque de discipline, l’absence de conscience collective et du sentiment du devoir de protéger l’autre et la cupidité poussent les gens à agir juste pour satisfaire leurs besoins individuels, ignorant que la sécurité collective est meilleure que la sécurité individuelle.
Pourtant, on a déjà connu les mêmes comportements aux lendemains des événements du 26 juillet 2023 alors que des opérateurs économiques véreux ont tenté de créer une pénurie de riz. A chaque fois, le gouvernement a su gérer en mettant de l’ordre dans l’approvisionnement, notamment par l’escorte des convois de camions depuis le Burkina jusqu’à Niamey d’une part, et, d’autre part, le suivi des stocks.
Mieux encore, les autorités, ont initié et mis en œuvre le Programme Grande Irrigation qui a permis d’accroître la production rizicole et d’assurer une meilleure disponibilité du riz local. Ce qui a permis de calmer les ardeurs mercantiles et la cupidité de certains importateurs véreux.
Compte tenu de ces expériences, il y a nécessité de développer une ‘’éducation aux crises’’ à travers des actions de sensibilisation et de formation sur les attitudes à adopter en période de crise. Des exercices de simulations ne sont pas à exclure pour inculquer aux citoyens des comportements adéquats en situation de crise.
Ces actions de sensibilisations incombent autant aux médias, aux organisations de la société civile qu’aux responsables des collectivités territoriales puisque ce sont d’abord eux qui sont directement indexés lorsqu’arrive une crise. Ils sont accusés, à tort ou à raison, d’incompétence, d’imprévoyance ou de laxisme.
Par ailleurs, il est tout aussi nécessaire de développer et ou d’améliorer la communication de crise, surtout en ces temps des réseaux sociaux, où la moindre situation est amplifiée avec souvent une volonté de nuire. Il est plus que nécessaire pour les responsables des administrations et structures publiques de rompre avec une communication en réaction à la désinformation et à l’intox. La communication à temps et la transparence ne sont nullement un aveu d’incapacité. Elles permettent de limiter les conséquences de la désinformation, de guider les citoyens et de les rassurer.
Siradji Sanda (ONEP)
