Me Chaïbou Brah
Située à environ 600 km de Niamey, dans la région de Maradi, la commune urbaine de Guidan-Roumdji se trouve dans une zone agro-sylvo-pastorale. Outre l’agriculture et de l’élevage, la population de cette localité pratique le commerce. Dans cet entretien que l’administrateur délégué de cette commune urbaine nous a accordé en septembre 2026, Me Chaïbou Brah évoque le fonctionnement de cette entité, la contribution des collecteurs de taxes et d’impôts et la Cellule Populaire Citoyenne(CPC) dans la mobilisation financière. Il a évoqué aussi l’appui de l’État à la commune à travers la construction des infrastructures dans les secteurs sociaux de base comme les Centres de Santé Intégrés (CSI), les écoles et les forages.
Monsieur l’administrateur délégué, présentez à nos lecteurs la commune urbaine de Guidan Roumdji.
D’une superficie de 1 009 km², la commune urbaine de Guidan-Roumdji est située dans la région de Maradi, au centre du Niger. Créée par la loi 2002-014 du 11/6/2002, cette commune est limitée au Nord par deux communes à savoir la commune rurale de Chadakori et celle de Dan Goulbi, puis à l’Est par la commune rurale de Chadakori et celle de Guidan Sori, à l’Ouest par les communes rurales de Bangui et de Dan Goulbi et au Sud par la commune rurale de Guidan Sori et la République Fédérale du Nigéria.
L’agriculture et l’élevage constituent les principales activités de la population qui en tire l’essentiel de ses revenus. La population est très active et constituée en majorité des jeunes qui exercent diverses activités contribuant au développement de la localité. Il faut souligner que les différents groupes qui composent la population de cette zone vivent en parfaite harmonie.
De nombreux groupements féminins exercent des activités génératrices de revenus notamment la transformation des produits agricoles. Cela participe à l’autonomie de cette tranche importante de la population mais aussi au développement de l’économie locale.
Quelles sont, monsieur l’administrateur délégué, vos priorités lors de votre prise de fonction à la tête de cette commune urbaine ?
Les priorités auxquelles je me suis attelé dès ma prise de fonction, c’est surtout des actions qui s’inscrivent dans le cadre du développement, de la cohésion sociale, de l’intensification des actions d’information et de sensibilisation de la population pour assurer la mobilisation générale et la lutte pour la souveraineté et l’indépendance véritable.
A cela s’ajoutent des actions en faveur de la préservation de l’environnement à travers l’organisation des séries de séances de salubrité et de récupération des terres. Il y a aussi des actions en lien avec la promotion du développement du capital humain à travers la sensibilisation en faveur de la scolarisation de la jeune fille et des adolescents porteurs de handicap, des initiatives qui concourent à l’accès en eau potable aux populations surtout en zone rurale, et la lutte contre le chômage des jeunes.
Vous n’êtes pas sans le savoir que l’accès à l’eau potable pour les populations, en particulier, celles en zone rurale, constitue un enjeu crucial de santé publique, d’équité sociale et de développement économique.
Qu’en est-il, monsieur l’administrateur délégué, de la participation des jeunes et des femmes dans les actions de développement dans votre commune ?
Les jeunes et les femmes constituent l’écrasante majorité de la population de cette commune. Ils sont très actifs surtout dans le domaine de la sensibilisation pour le renforcement de la cohésion sociale et la mobilisation des ressources. Cela se fait avec l’appui de quelques partenaires qui interviennent dans les activités génératrices des revenus pour contribuer au développement de la commune mais aussi rehausser le pouvoir d’achat de la population.
Bref, cette couche de la population participe pleinement aux actions de développement car elle intervient dans la mise en œuvre des projets que la commune initie. Leur contribution est plus nécessaire dans un pays comme le nôtre où les défis sont nombreux. Mieux, la participation active des jeunes et des femmes à la conception des projets locaux est un puissant levier de transformation sociale et de gouvernance inclusive.
Pour ce qui est de la mobilisation des recettes, quel est l’apport du marché hebdomadaire de Guidan-Roumdji ?
En matière de mobilisation des ressources, le marché de Guidan-Roumdji apporte une part très importante. A cet effet, il constitue un carrefour où convergent les marchands venus de tous les coins de la commune et au-delà ceux des pays voisins comme le Nigéria et le Burkina-Faso. La commune n’a pour le moment aucune unité industrielle pour prétendre à une subvention. Ainsi, l’essentiel des réalisations sont faites grâce aux recettes collectées dans ce marché. En dehors de ce marché, on note la contribution du marché de céréales communément appelé « demi-gros », et celui du bétail qui apportent une contribution significative en matière de recettes.
Les collecteurs de taxes et d’impôts de la municipalité, en synergie avec la Cellule Populaire Citoyenne (CPC), constituent le moteur essentiel de la souveraineté financière de la commune. Ils jouent un rôle déterminant dans la mobilisation des recettes nécessaires à l’équilibre budgétaire.
En résumé, comme toutes les autres communes du Niger, celle de Guidan Roumdji ne fait pas exception à propos de la contribution des impôts, les taxes et les patentes comme principales ressources pour son bon fonctionnement. Une fois mobilisées, ces recettes sont utilisées pour financer nos projets. Ainsi, l’autonomie de la commune repose largement sur ces contributions citoyennes de la population. C’est pourquoi, nous invitons une fois de plus la population à plus de collaboration en s’acquittant de son devoir citoyen.
La commune urbaine de Guidan Roumdji, bénéficie-t-elle, monsieur l’administrateur délégué, d’appuis des partenaires ?
L’appui des partenaires est très important. Leurs actions jouent un rôle crucial pour renforcer l’autonomie des communautés car elles visent à favoriser un développement local durable. Ainsi, à Guidan-Roumdji, les partenaires interviennent dans beaucoup de domaines, entre autres, celui de la santé à travers la construction des infrastructures sanitaires comme les Centres de Santé Intégrés (CSI) et les infrastructures hydrauliques comme les forages et Adductions d’eau potable (AEP) afin de faciliter l’accès à l’eau potable aux populations. Ils interviennent également dans le secteur de l’éducation en accompagnant l’Etat à travers la construction de salles de classe.
A cette liste s’ajoutent des appuis aux paysans en semences, engrais et le renforcement des capacités dans plusieurs domaines dont celui de la cohésion sociale et la prévention des conflits entre les différentes communautés. En effet, la commune a déjà conçu un forum dans ses six sections. L’objectif de cette rencontre est de sensibiliser la population sur la cohésion sociale, la culture de la paix, la promotion des valeurs d’unité nationale, de la solidarité, de la souveraineté et la sauvegarde de la partie.
Interview réalisée par Abdoulaye Mamane,
Envoyé spécial



