La Slameuse Saraounia sur scène
Nadia Sani Mahamane, connue sous le nom d’artiste Saraounia, est une slameuse nigérienne engagée, entrepreneure et étudiante en deuxième année de droit. Âgée de 21 ans, elle représente une nouvelle génération d’artistes pour qui la parole est un moyen de création, de sensibilisation et de changement social.
Sa découverte du slam s’est faite à travers la télévision. En découvrant cet art de la poésie orale, elle s’y est rapidement reconnue et a commencé à nourrir l’envie d’en faire une véritable passion. « Ce qui m’a attirée dans le slam, c’est la liberté d’expression qu’il offre, une parole sans tabou qui permet de conseiller, d’interpeller et de sensibiliser », a-t-elle confié. Avec le temps, Saraounia a développé le goût de l’écriture. Ses textes sont souvent inspirés de son vécu personnel. « L’un de mes premiers textes importants était dédié à une personne très chère, tombée sur le champ de bataille. Cela m’a fait comprendre que la poésie peut servir à se souvenir, à se recueillir et à exprimer des douleurs qu’on garde souvent en soi », a-t-elle expliqué.
Au début, elle écrivait seule, en laissant ses émotions la guider. Puis, voulant progresser, elle a rejoint le club de slam Plumes du Sahel, un collectif encadré par l’association Arts Pluriels. « Cela m’a beaucoup aidée à améliorer mon écriture et à être plus à l’aise sur scène », a-t-elle ajouté.
Passionnée par la prise de parole, Saraounia utilise le slam comme un espace de liberté. À travers ses prestations, elle aborde des sujets importants de la société nigérienne. « Je parle de certaines réalités pour sensibiliser et faire réfléchir », dit-elle. Ses textes traitent de plusieurs thèmes comme l’injustice, la corruption, le développement, la jeunesse, la pression sociale, la santé mentale, mais aussi des sujets liés aux sentiments. Elle s’adresse surtout aux jeunes, en leur livrant des messages sur le travail, la persévérance et la responsabilité. Concernant le slam au Niger, Saraounia estime que cet art est aujourd’hui mieux connu et apprécié par le public, même s’il reste encore des efforts à faire pour son développement et sa reconnaissance.
Nadia Sani Mahamane invite les jeunes à prendre conscience de leur valeur et de leur potentiel. Elle appelle aussi les autorités à soutenir les artistes. « Les artistes jouent un rôle important pour valoriser l’image du Niger. J’encourage les autorités à continuer leurs efforts pour le développement du pays. L’État est un modèle pour la jeunesse », a-t-elle conclu.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
