Des jeunes vendeurs ambulants sillonnent les rues
A Niamey, la vente ambulante sur les voies publiques prend de plus en plus une dimension inquiétante. Les jeunes commerçants ambulants sont visibles au niveau des différents arrêts, sur les voies. Avec des sachets d’eaux, des paquets de mouchoirs ou d’autres produits, es jeunes longent les files de véhicules à chaque fois qu’un arrêt se marque sur les grandes artères de la capitale.
Le constat est le même sur tous les carrefours. Il s’agit de jeunes, majoritairement âgés d’une dizaine d’années. Ils ont transformé les artères en un cadre d’échanges économiques, profitant du moindre embouteillage ou d’un feu d’arrêt pour proposer leurs produits, mais en s’exposant à de multiples dangers. Ils sont nombreux à s’engager dans cette activité et qui tentent de retrouver un refuge économique. Malgré les défis de cette forme de commerce, ces jeunes trouvent une alternative face au chômage. De nombreux jeunes subviennent à leurs besoins. Entre la débrouillardise et la précarité, ils arrivent à gagner leur vie.
Tanimou Souley est de ceux qui « tirent profit des voies ». Vendeur de mouchoirs, il a pour site d’activité le rondpoint château 1. Agé de 13 ans et élève, il dit profiter des vacances pour se faire une petite économie. « Personne ne m’envoie, je me débrouille seul, je passe mes jours et nuits ici, sur ce rond-point. Je prends les mouchoirs chez un boutiquier du quartier. Je vends le paquet à 1 000f, et, par jour, j’arrive à vendre jusqu’à 4 paquets si la journée est bonne. Les jours non rentables, je ne vends rien. C’est compliqué avec les insultes, le soleil qui tape fort toute la journée. Le grand risque, ce sont les voitures. Un de mes amis a été renversé ici même et s’est cassé le bras, mais on n’y peut rien : c’est pour survivre », explique-t-il.
De l’autre côté, au rond-point ENA, nous avons rencontré Soudesse. « Je ne fréquente pas l’école et je ne connais pas mon âge », répondit-t-il, l’air innocent. Il vend du « Pure water » et cela depuis quatre ans. « Personne ne m’oblige, c’est pour gagner de l’argent. Quand il fait très chaud je vends 3 à 4 paquets de 20 sachets par jour. On ne dispose pas de réfrigérateur, j’achète de la glace pour les refroidir. Un sachet, je l’achète à 200f et je revends à 500 ou 600f, donc je gagne 300f par sachet. Avec ça, je paie à manger et j’aide mes parents, j’habille mes frères et sœurs également », a expliqué Soudesse. « C’est un travail difficile. On passe la journée sous ce soleil, on a mal au dos et à la tête. Les voitures nous frôlent. Même la semaine passée, une voiture a renversé l’eau d’un ami, il a tout perdu ; et quand il ne fait pas chaud, personne n’achète », a-t-il ajouté.
Pour sa part ,Adramane Hama, âgé de 20 ans, exerce cette activité depuis 4 ans dans cette activité. « Cela fait 4 ans que j’ai quitté mon village de Tillaberi parce qu’il n’y a rien à manger. Ici, entre les voitures qui foncent et le soleil qui brule mon crane, je cours après 25f. Le soir, quand je vends mon sachet, c’est ma victoire du jour », a-t-il confié.
Le premier danger est visible. Il s’agit des routes sans protection, ces vendeurs qui courent tout le temps en risquant des accidents. Un enfant qui passe 3 ans au feu rouge a peu de chance de retourner à l’école. Mais pour les vendeurs, c’est d’abord un revenu immédiat. Sans diplôme, sans capital, c’est le seul travail accessible à bas âge.
Lé-attou I. Maikaka (ONEP)



