Une vue des participants à la session
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a présidé, le mercredi 30 juillet 2025 à Niamey, l’ouverture de la première session du Comité National de Coordination de la Chaîne Pénale au titre de l’année 2025. Cette rencontre, centrée sur la cybercriminalité, permettra aux acteurs de la chaîne pénale de passer en revue les multiples aspects du processus de répression des délits.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Justice a souligné que la révolution numérique, même si elle représente un formidable levier de développement et d’ouverture, est également devenue le terreau fertile de nouvelles formes de délinquance. Escroquerie en ligne, fraude bancaire, piratage informatique, atteintes aux données personnelles et cyber harcèlement. « Avec le développement des technologies numériques, la criminalité s’est transformée. Elle s’est dématérialisée, elle s’est mondialisée et elle s’est professionnalisée. Désormais, un délinquant derrière un écran peut semer le chaos à des milliers de kilomètres, attaquer nos systèmes, voler nos données, et porter atteinte à la sécurité des institutions », a mentionné M. Alio Daouda.
Face à cette menace nouvelle, a dit le ministre de la Justice, la responsabilité et la réponse doivent se traduire par l’adaptation continue du système judiciaire et le renforcement de la coordination de tous les acteurs de la chaîne pénale car, la cybercriminalité ne connaît pas de frontière. Elle évolue à un rythme que les textes de lois et les procédures judiciaires peinent parfois à suivre avec certitude.
C’est pourquoi, le ministre de la Justice a souligné que cette rencontre permettra d’évaluer les capacités actuelles à détecter, enquêter et réprimer les infractions commises dans l’espace numérique. Elle permettra également d’identifier les faiblesses opérationnelles et juridiques qui freinent les actions, renforcer la synergie entre les magistrats, les forces de sécurité, les services techniques et les partenaires nationaux et internationaux dans le combat contre la cybercriminalité et surtout proposer des solutions concrètes adaptées à la réalité du terrain. « Notre objectif sera d’assurer une réponse pénale efficace, rapide et cohérente à la hauteur des défis que pose la criminalité numérique. Cela passe par l’élaboration d’une législation plus robuste et adaptée à la lutte contre le cyber crime ; la création de protocoles de coopération renforcés entre tous les acteurs et la mise en place d’un mécanisme de veille et d’alerte pour anticiper les évolutions de cyber menace », a-t-il déclaré.
Pour sa part, la présidente par Intérim de l’IDLO, Mme Daouda Insa Fati, a rappelé que l’objectif général du programme actuellement mis en œuvre est la qualité de la justice pénale classique, devenant plus ouverte à recevoir les problèmes et plaintes des justiciables, hommes et femmes, plus respectueuse des droits humains, plus rapide, plus transparente, plus redevable et plus axée sur les besoins des populations. Pour la présidente par intérim de l’IDLO, la tenue de cette réunion revêt une pertinence et une importance capitale, en ce sens qu’elle regroupe les principaux acteurs de la chaîne pénale du pays. « Les deux jours de réunion permettront aux membres du CNCCP de discuter et d’échanger sur des questions importantes relatives au fonctionnement de la chaîne pénale, de proposer des solutions aux problèmes identifies et de formuler des recommandations », a-t-elle dit.
Le Coordinateur du Comité National de Coordination de la Chaine Pénale, Mai Moussa Elhadj Basshir, a, pour sa part, expliqué que la première journée des travaux est consacrée à la cybercriminalité, tandis que la deuxième journée, quant à elle, sera consacrée à l’état des lieux des activités de la chaîne pénale.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
