Au cours de la séance de travail
Une séance de travail s’est tenue hier mardi 18 août 2026 au ministère du Pétrole. Elle a réuni, autour du secrétaire général dudit ministère, M. Abdoul Karim Mohamed Ali, et du Chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, M. James Griggle, les cadres du Ministère du Pétrole et la délégation de l’ambassade des USA au Niger. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté de définir des axes de coopération entre le Niger et les États-Unis, notamment dans le domaine économique, avec un accent particulier sur l’exploration pétrolière.
D’après le secrétaire général du ministère du Pétrole, le Niger ne dispose que d’un seul bloc pétrolier en production, tandis que neuf autres blocs sont en phase d’exploration. Il a ajouté que la SONATRACH, à travers SIPEX, a lancé une deuxième campagne de forage afin d’augmenter les réserves. La SONIDEP intervient également, dit-il, dans l’exploration et 35 blocs pétroliers sont très avancés, disposant de données jugées excellentes. Le Niger souhaite ainsi poursuivre ses efforts d’exploration afin d’augmenter significativement sa production et atteindre le million de barils par jour. « On sait que les États-Unis ont beaucoup d’expertises dans l’exploration pétrolière. Nous souhaiterions attirer l’investissement américain et la technologie américaine dans l’exploration de nos blocs », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général a également présenté un deuxième axe de coopération souhaité par le Niger. Il s’agit de la mise en place d’une banque de données, à travers une cellule chargée de centraliser, numériser et hiérarchiser les données afin de faciliter la présentation de « Dataroom » précises aux investisseurs. « Le Niger a construit le plus long pipeline de l’Afrique. On se classe dans le top 5 mondial. Nous souhaiterions concevoir un système intégré de supervision des données d’exportation de ce pipeline, suivre en temps réel les volumes, les débits, les enlèvements et les paramètres d’exploitation », a-t-il indiqué.
Il a aussi évoqué la formation des cadres du ministère, le transfert des compétences, ainsi que le développement de partenariats avec les Universités américaines. Pour le secrétaire général du Ministère du Pétrole, les États-Unis sont aujourd’hui le premier producteur mondial de pétrole, avec une production avoisinant les 18 millions de barils par jour, ce qui témoigne de leur expertise dans le secteur. « Nous souhaiterions réellement que l’ambassade nous assiste pour identifier des centres de formation et des Universités avec lesquelles nous pourrions avoir des coopérations », a-t-il dit.
M. Abdoul Karim Mohamed Ali a enfin indiqué que la nouvelle politique de l’État accorde une place importante au contenu local et à la digitalisation. Le 21 juillet dernier, le Niger a lancé un atelier sur le contenu local qui a permis d’établir un répertoire de 535 entreprises. L’objectif est de réfléchir aux réformes nécessaires pour une meilleure valorisation des retombées de l’exploitation de la rente pétrolière à travers le contenu local. « Nous souhaiterions aussi voir comment vous pourriez, avec les différents cabinets et les différentes entreprises, nous appuyer dans la mise en œuvre de cette stratégie que nous avons mise en place sur une durée de quatre ans afin de voir combien nous pouvons capter », a-t-il affirmé. D’après le secrétaire général du Ministère du Pétrole, au 31 décembre dernier, le Niger affichait un taux de contenu local de 6 %, tandis que l’objectif fixé pour cette année est de 20 %, avec une ambition d’atteindre 40 % à l’horizon 2030. « Pour atteindre cet objectif, il faut pouvoir appliquer cette politique et se faire accompagner, accompagner nos entreprises, accompagner ceux qui sont chargés de la régulation, mais aussi voir ce qui nous échappe et comment renforcer les capacités des entreprises nigériennes », a-t-il souligné.
Pour sa part, le Chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, M. James Griggle, a déclaré que cette rencontre constituait une belle opportunité pour les États-Unis d’échanger avec le Ministère du Pétrole sur les opportunités qu’offre le Niger. « Les États-Unis sont favorables à une politique gagnant-gagnant et c’est une belle opportunité pour nous de venir et d’apporter plusieurs investissements ici au Niger. Le président Trump a dit que le point le plus important de la politique des États-Unis en Afrique, particulièrement au Niger, c’est la diplomatie commerciale », a-t-il conclu.
Assad Hamadou (ONEP)
