Pendant trois jours, les jeunes de la région ont oeuvré pour promouvoir la cohésion sociale
Au terme de trois jours de travaux, le Dialogue régional intergénérationnel de la jeunesse de Tillabéri a formulé, le jeudi 24 septembre 2026, une série de recommandations portant sur la sécurité, la paix, la cohésion sociale, l’éducation, la santé, la formation professionnelle et le développement économique. Organisée du 22 au 24 septembre par le Conseil régional de la jeunesse de Tillabéri, la rencontre était placée sous le thème, « Jeunesse de Tillabéri : agir pour la restauration de la sécurité, la paix et le développement inclusif ».
Dans le domaine de la sécurité, de la paix et de la cohésion sociale, les participants ont recommandé un recrutement spécial de gardes intégrés issus des communautés. Ils ont également préconisé un soutien aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) recommandé un meilleur encadrement des interpellations et des interventions des forces de défense et de sécurité dans les villages et les hameaux. Ces propositions visent notamment à renforcer la contribution des communautés à la restauration de la sécurité et à la consolidation de la cohésion sociale.
En matière d’éducation, de santé et de formation professionnelle, les participants ont recommandé la création de centres de regroupement et d’écoles dotées de cantines sur les sites accueillant des personnes déplacées internes ainsi que dans les chefs-lieux de communes et de départements pour permettre la poursuite de la scolarité des enfants. Ils ont également proposé un recrutement spécial de jeunes diplômés locaux, particulièrement issus des séries scientifiques et professionnelles, afin de renforcer l’encadrement des jeunes dans les zones les plus touchées par l’insécurité. La réouverture des centres de formation aux métiers existants et la création de centres d’enseignement professionnel dans toutes les communes de la région figurent également parmi les propositions formulées au terme des travaux.
Sur le volet économie et développement inclusif, les participants ont recommandé la finalisation du barrage de Kandadji et la mise en œuvre d’un projet de grande irrigation en vue de mieux valoriser les potentialités hydriques de la région. Ils ont également insisté sur la nécessité de réhabiliter et de construire des infrastructures routières et administratives afin de faciliter la circulation des personnes et des biens, de soutenir les échanges commerciaux et de contribuer au désenclavement de certaines zones.
Au-delà des recommandations sectorielles, les jeunes ont pris plusieurs engagements. Ils se sont notamment engagés à accompagner l’État dans la restauration de la sécurité du territoire régional et à décentraliser le dialogue intergénérationnel, social et inclusif dans les départements et les communes. Ils ont également décidé de poursuivre les échanges avec les communautés à la base et de permettre aux jeunes volontaires d’accéder aux écoles confrontées à un déficit de personnel enseignant.
Lors de la cérémonie de clôture, le Secrétaire général adjoint du Gouvernorat de Tillabéri, M. Alassan Issa, a particulièrement insisté sur la nécessité de donner une suite concrète à ces recommandations. « Elles doivent désormais servir de feuilles de route pour des actions concrètes au service de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale, de la stabilité sociale et du développement de notre région », a-t-il déclaré. M. Alassan Issa a assuré de la disponibilité de l’administration régionale à accompagner le Conseil régional de la jeunesse et le comité de suivi dans la mise en œuvre des recommandations.
Pour le président du Conseil régional de la jeunesse de Tillabéri, M. Ouseyni Daouda Abdou, la mise en place de ce mécanisme de suivi doit permettre de tirer les leçons des expériences précédentes. Il a mis en avant l’apport des aînés, dont l’expérience a permis aux jeunes de mieux apprécier les initiatives antérieures, leurs acquis et leurs insuffisances. « Lorsque les générations se parlent, les communautés se rapprochent et que la jeunesse prend ses responsabilités, l’avenir devient une force d’action », a-t-il souligné.
Adamou I. Nazirou
ONEP Tillabéri
