Dr Elizabeth Shérif (micro) s’adressant aux cadres de l’éducation des départements de Gouré et Tesker
En visite de 72 heures dans la région de Zinder, la ministre de l’Education Nationale de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr. Elisabeth Shérif, en compagnie du gouverneur de la région de Zinder, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, s’est rendue ce mercredi 1er avril 2026 dans le département de Gouré. Il s’agit, lors de cette visite, de rencontrer les acteurs de l’éducation des départements de Gouré et de Tesker dans le cadre de la refondation du système éducatif nigérien. Cette visite a été marquée par des engagements forts en faveur de l’accès, de l’équité et de la qualité de l’éducation.
Lors de son trajet vers Gouré, la ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr Elisabeth Shérif, a fait plusieurs escales pour échanger sur les enjeux du système éducatif. Elle a notamment visité le CEG de Hamdara, où elle a pu observer les conditions d’enseignement et d’apprentissage et discuter avec le personnel éducatif et les élèves des difficultés, ainsi que des pistes d’amélioration des performances scolaires. La délégation ministérielle s’est arrêtée à Guidiguir, où elle a encouragé les acteurs de l’éducation à poursuivre leurs efforts en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement.
Enfin, sa tournée l’a menée à un autre site abritant une session de CAPED. Elle y a pris part aux discussions pédagogiques entre les membres du corps enseignant. À l’issue de la session, elle a exprimé sa reconnaissance pour leur engagement et a soutenu leur volonté de progresser dans l’optimisation de la qualité de l’enseignement. Des échanges avec les inspecteurs, conseillers pédagogiques et chefs d’établissement des communes de Gouré et Tesker ont ponctué cette mission.
Par ailleurs, la ministre a expliqué que son intervention s’inscrit dans la dynamique de la refondation engagée par les plus hautes autorités du pays. « Nous sommes dans une phase déterminante, où chaque acteur de la communauté éducative est appelé à jouer pleinement son rôle », a-t-elle déclaré, rappelant que cette réforme vise à corriger les insuffisances structurelles du système.
Au cœur des préoccupations majeures, figure en bonne place la question des infrastructures scolaires. La ministre a souligné avec insistance la persistance des classes en paillotes, estimées à plus de 30 % au niveau national et encore plus élevées dans certaines localités. « Ces conditions impactent négativement le temps scolaire et exposent les élèves à des risques graves », a-t-elle averti, évoquant des drames passés.
Pour y remédier, elle a annoncé la mise en œuvre d’une politique nationale de construction des classes fondée sur le principe « une école, un chantier complet ». Cette approche prévoit non seulement la construction de salles de classe modernes, mais également des blocs administratifs, des latrines essentielles pour le maintien des filles à l’école et des équipements adaptés. La ministre a insisté sur la transparence dans l’attribution des marchés et a dénoncé certaines pratiques anciennes contraires à l’éthique. « Aucun marché ne doit être obtenu par des arrangements. La qualité et la durabilité des infrastructures doivent être notre priorité », a-t-elle martelé.
Au-delà des infrastructures, la question de l’équité a occupé une place centrale dans son discours. La ministre a appelé à réduire les disparités entre zones urbaines et rurales, mais aussi entre filles et garçons. Elle a particulièrement insisté sur la scolarisation des filles et des enfants en situation de handicap, plaidant pour une mobilisation accrue des enseignants et des communautés.
La ministre a en outre mis en exergue le rôle fondamental de l’enseignant dans la société. Elle a appelé à un retour aux valeurs cardinales de la profession, notamment la générosité, l’intégrité et l’engagement communautaire. « L’enseignant doit redevenir une référence sociale, un acteur respecté et influent au sein de la communauté », a-t-elle insisté, tout en encourageant une plus grande implication des enseignants dans la sensibilisation des parents à la scolarisation.
En marge de cette intervention, la ministre a effectué une visite de courtoisie auprès du sultan du Damagaram, autorité coutumière emblématique de la région, ainsi que du chef du canton de Mouniyo. Ces rencontres ont permis de solliciter l’accompagnement des leaders traditionnels dans la mise en œuvre des réformes éducatives.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
