Atelier transfrontalier sur la gestion de la sécurité des frontières de la région du Liptako-Gourma (Burkina Faso, Mali, Niger) : Pour une collaboration efficace entre les forces de défense et les communautés

Société
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Le Secrétaire général du gouvernorat de Tillabéry, M Kimba Moumouni Seydou, a présidé hier matin à Niamey, la cérémonie d’ouverture de l’atelier transfrontalier sur la gestion de la sécurité des frontières de la région du Liptako-Gourma. L’objectif de cette rencontre est de renforcer la confiance et la coopération entre les forces de défense et de sécurité et les communautés dans cette région. C’était en présence du directeur régional de l’Afrique de l’Ouest de Search for Common Ground, M. Drabo Allassane que s’est déroulée la cérémonie d’ouverture.

Le Secrétaire général du gouvernorat de Tillabéri, M. Kimba Moumouni Seydou, a rappelé à l’ouverture de la rencontre que la région de Tillabéri continue d’être touchée par l’insécurité du fait des exactions des groupes armées non étatiques avec plusieurs violations de droits de l’homme, des déplacements de population, de l’accès limité des personnes déplacées internes à l’assistance humanitaire dans les zones proches de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso. «Suite à l’environnement sécuritaire très volatile dans la région de Tillabéry, aux assassinats et enlèvements ciblés, aux départs des populations, des conseillers municipaux et d’autres agents des services techniques de l’Etat, certains personnes déplacées ainsi que des membres de la communauté hôte passent la nuit hors des campements et ou des foyers, se regroupent pour passer la nuit par peur des exactions des groupes armés non étatiques», a-t-il expliqué.

De ce fait, M. Kimba Moumouni Seydou a indiqué que cette mutation intervient dans un contexte où les trois Etats connaissent une situation d’insécurité alimentée par la criminalité transfrontalière et les opérations des groupes terroristes. Cette situation qui compromet les efforts de développement constitue selon lui, un autre défi majeur. Elle confirme le lien étroit qui existe entre sécurité et développement. Il a ainsi souligné la nécessité d’améliorer les conditions de sécurité dans les zones frontières afin de lutter contre le trafic d’armes et le commerce illégal de ressources naturelles. Pour M. Kimba Moumouni Seydou, ces questions, ainsi que d’autres, ne pourront être réglées que moyennant une coopération régionale beaucoup plus étroite, entre des dirigeants déterminés à œuvrer ensemble pour le long terme, plutôt que de se liguer les uns contre les autres.

Pour sa part, le directeur régional Afrique de l’Ouest Search for Common Ground, M. Drabo Allassane, a souligné que cette rencontre permet notamment entre autres de faire l’état des lieux de la sécurité aux frontières et le point de la collaboration transfrontalière entre pays en matière de gestion de sécurité, d’identifier les domaines et les actions prioritaires pour améliorer la sécurité des frontières et la collaboration transfrontalière, et de capitaliser les expériences et partager les bonnes pratiques en matière de gestion de la sécurité transfrontalière.

S’agissant des objectifs qui s’inscrivent en droite ligne des orientations de Search for Common Ground en termes d’approche, il a indiqué que la nature transfrontalière des défis en matière de paix et de cohésion sociale nécessite une approche qui ne se limite plus aux frontières d’un pays donné, car dit-il, les causes et les conséquences des conflits actuels dessinent leur propre géographie, ils débordent les frontières des pays. Cette rencontre s’inscrit ainsi dans le cadre de la stratégie pour le Sahel et a trait particulièrement à trois objectifs qui consistent à transformer la manière dont les Etats répondent aux menaces faites à la sécurité afin qu’ils collaborent avec les acteurs locaux et s’attaquent aux causes profondes des conflits, en s’appuyant sur trois piliers, notamment faciliter les relations de travail nationales et régionales entre FDS et acteurs non étatiques, renforcer les relations entre les FDS et les membres des communautés au niveau local et travailler avec les gouvernements pour promulguer les politiques et institutionnaliser des pratiques qui replacent la sécurité humaine au centre.

 Farida Ibrahim Assoumane(onep)