Célébration de la fête internationale de la musique à Niamey : Une occasion pour promouvoir la musique et encourager les artistes

Société

Célébrée pour la première fois comme événement d’envergure nationale en France le 21 juin 1982, à l’initiative de Jack Lang ministre français de la culture d’alors, la fête de la musique s’est internationalisée. Un peu partout à travers le monde, cette fête donne l’occasion aux amateurs et musiciens professionnels, mélomanes de célébrer la musique. C’est une occasion de ‘’médiation culturelle’’ par excellence, c’est-à-dire amener ou mettre des œuvres et créations artistiques en contact direct avec le public. A Niamey des amateurs, artistes en herbes et confirmés, professionnels de la musique, mélomanes, fans, etc. se sont fortement mobilisés pour la fête de la musique célébrée le mardi 21 juin 2022 au CCOG de Niamey par l’ANACIMM (Association Nigérienne des Auteurs Compositeurs Interprètes et des Métiers de la Musique). Cette fête est une véritable occasion pour promouvoir la musique et encourager les artistes.   

Cette fête est une véritable occasion pour promouvoir la musique et encourager les artistes. A 17h déjà, la balance est faite pour un méga concert gratuit. Les gradins du CCOG étaient déjà assiégés par les mélomanes. Toutes les musiques, urbaine, classique, traditionnelle, etc. ont été gratuitement offertes au public dans la joie, la communion. Une centaine d’artistes pour le passage sur scène. « Aujourd’hui on fête la musique et nous célébrons cette musique pour la paix »,  a lancé un jeune artiste sur scène. 

Très revigoré de la réussite de l’édition 2022 de la fête de la musique, le président de l’Association Nigérienne des Auteurs Compositeurs Interprètes et des Métiers de la Musique, M. Issoufou Oumarou alias Pheno a précisé que cette journée commémorative consistait à faire de la musique afin de rendre hommage à tous les acteurs. « Je suis très content pour l’organisation de cette fête. Avec la musique nous sommes heureux, nous nous sentons heureux et utiles à la société. Pour nous, il s’agit de faire de la musique. Ce cadre est dédié à la musique, que tu sois amateur ou professionnel, tu es invité à faire de la musique. Faites de la musique partout », dixit l’artiste Pheno.

Au cœur des prestations,  la solidarité et l’interaide  entre la population. « Aujourd’hui on fête la musique et on a envie de prôner plus de solidarité, cohésion sociale, d’inviter à la paix, etc. Nous invitons les acteurs à être solidaires en vers notre secteur. Notre message est celui de paix pour que tous les nigériens soient unis pour un même idéal et la construction d’un pays émergent où il fait bon vivre. Ça fait 40 ans que le monde fête la musique chaque année. On a assisté les gens depuis qu’on n’était pas dans la musique. Aujourd’hui la responsabilité d’organiser cette fête nous revient. C’est difficile surtout dans notre contexte où la musique n’est pas très bien perçue. Il faut dire les choses comme elles sont », a mentionné le président de l’ANACIMM.

Sur un podium bien garni, tous les genres musicaux sont fournis par des groupes d’artistes, dont Tal National N°1, Tempête du Désert, Djone S. Colé, l’étoile du Sahel, Orcho 5, etc. « Vous aurez toutes les plateformes de musique que vous pouvez imaginer au Niger sur ce podium. Aujourd’hui, la musique a changé de mode. Elle est devenue thérapeutique. Nous avons l’habitude de jouer de la musique dans des hôpitaux aux USA. C’est pourquoi nous disons que certaines musiques sont thérapeutiques, ça fait du bien pour la santé. Je pense que c’est à juste titre que cette journée a été dédiée à la musique. On fera ce qu’on peut. On a la sono jusqu’à l’aube. Nous allons faire en sorte que le citoyen lambda ait accès à des animations culturelles. Le public va voir gratuitement des grands et talentueux artistes » a confié M. Hamadal Moumime Almeida, submergé dans l’organisation de cette fête.

Mais, visiblement, l’événement n’a pas été accompagné par des sponsors et mécènes. Tout de même, les artistes ont assuré et donné le meilleur d’eux-mêmes.  Ainsi, le président de l’ANACIMM déplore le manque d’accompagnement des artistes dans ce grand projet. « Parfois quand on organise ce genre d’événement, il est très difficile de   nous faire accompagner. L’apport de l’artiste est important dans le développement d’un pays ; il est inestimable pour la préservation de la paix et la cohésion sociale. On peut parler pour transmettre et prôner la paix afin de changer les mentalités, de comportement, etc. » rappelle l’artiste Pheno avant de lancer un appel à l’endroit de tous les nigériens de soutenir les acteurs culturels pour un Niger émergent.

Les membres de l’Association Nigérienne des Auteurs Compositeurs Interprètes et des Métiers de la Musique ont saisi l’occasion pour rendre hommage à Tahirou Hima, un musicien, joueur de calebasse au sein du groupe Sogha, décédé le 21 juin 2021.

Abdoul-Aziz Ibrahim(onep)