À plus de mille kilomètres de N’Djamena, Amdjarass, localité emblématique du désert tchadien, s’est imposée une nouvelle fois comme un haut lieu du dialogue des cultures et de la fraternité saharienne à l’occasion de la 6ᵉ édition du Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA). Initiative portée par la République du Tchad, ce rendez-vous culturel d’envergure internationale dépasse largement le cadre festif pour s’affirmer comme un véritable instrument de promotion de la paix et de la cohésion sociale entre les peuples du Sahara et du Sahel.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de hautes personnalités politiques et culturelles venues de plusieurs horizons, témoignant de la portée diplomatique et symbolique du festival. Le Niger, pays invité d’honneur, y a pris part à travers une forte délégation conduite par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, accompagné de membres du Gouvernement et du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, notamment la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mme Agaïchata Guichène Kari, le ministre de la Réfondation et de la Promoiton des Valeurs Sociales, Cheick Ben Salah, des conseillers au Cabinet du Premier ministre, ainsi qu’un nombre important d’artistes et d’experts culturels.

Au-delà du Niger, la dimension sahélienne du FICSA s’est illustrée par la présence des deux autres pays de la Confédération AES. Le Burkina Faso était représenté par son Premier ministre Emmanuel Ouédraogo, tandis que le Mali prenait part aux travaux à travers un ministre représentant le chef du Gouvernement. Cette présence conjointe des dirigeants sahéliens traduit une volonté commune de faire de la culture un socle de rapprochement, de solidarité et de stabilité régionale.

Le caractère international du festival s’est également manifesté par la participation de délégations venues du Maghreb, du Proche-Orient et du Moyen-Orient, notamment du Maroc, de l’Égypte, de l’Algérie, de la Mauritanie, des Émirats arabes unis, ainsi que de la Turquie et de plusieurs pays européens.
La culture comme pont entre les peuples et les générations
Dans son allocution, le Délégué général du Gouvernement auprès de la région d’Amdjarass a rappelé la portée profonde du festival : « Le Festival international des cultures sahariennes est plus qu’un événement artistique et festif. Il est un pont entre les peuples, un espace de dialogue entre les cultures, une tribune d’expression des traditions ancestrales et un cadre privilégié de transmission des valeurs aux jeunes générations. »
À travers les danses, les musiques, les récits, les savoir-faire et les expressions artistiques, le FICSA rend hommage aux peuples du désert, renforce leur attachement à leurs territoires, à leurs cultures et à une histoire commune forgée par la mobilité, l’hospitalité et la solidarité. « Ce festival est bien plus qu’une simple célébration, il est un pont entre les générations et un véritable hymne à la cohésion sociale », a-t-il souligné.
Niger–Tchad : une mémoire saharienne partagée
Prenant la parole au nom du pays invité d’honneur, la ministre nigérienne du Tourisme et de l’Artisanat a salué l’organisation du FICSA et le privilège accordé au Niger à l’occasion de cette 6e édition. Elle a rappelé les liens historiques, humains et culturels profonds qui unissent le Niger et le Tchad, deux pays partageant des espaces sahariens communs, deux peuples apparentés et des traditions proches.
« Le Sahara n’est pas seulement un territoire de sable et de silence. Il est porteur de mémoire, de savoirs, de croyances et de formes d’expression qui ont traversé les siècles. Ce que nous célébrons ici dépasse le cadre d’un festival : nous célébrons des identités vivantes, des patrimoines transmis, des gestes quotidiens devenus cultures et des paroles devenues histoires », a-t-elle déclaré.
Dans un monde marqué par « les tensions et les incompréhensions », elle a insisté sur le rôle irremplaçable de la culture comme espace de rencontre, de respect mutuel et de construction collective, justifiant ainsi la présence massive du Niger et des délégations venues de divers horizons.
La culture, réponse aux crises sahéliennes
Le ministre de la Communication du Burkina Faso a, pour sa part, inscrit le festival dans le contexte actuel de la région : « Dans un monde en proie à des crises multiformes et dans un Sahel confronté à d’importants défis sécuritaires, sociaux et climatiques, ce festival porte un message fort. La culture est une réponse. Elle est un levier de paix, un facteur de cohésion sociale et de développement durable. » Selon lui, le FICSA offre à l’Afrique et au monde une tribune précieuse pour rappeler que le Sahara et le Sahel ne sont pas uniquement des espaces de vulnérabilités, mais aussi « de créativité, de génie humain et d’espérance ».

Amdjarass, symbole d’hospitalité et de fraternité
Le Premier ministre tchadien Allah Maye Halina a pour sa part livré un message empreint de fraternité et de valeurs sahariennes : « La culture est une manière de recevoir et de partager. Nous faisons aujourd’hui un choix de fraternité, un choix de solidarité entre les peuples du Sahara, un choix contre la division et la méfiance. Le Sahara est une terre d’hospitalité où l’on accueille l’étranger comme un frère et où l’on protège l’invité comme un trésor. »
C’est dans cet esprit d’ouverture, de partage et de découverte que se tiennent les travaux de cette 6ᵉ édition du FICSA, faisant d’Amdjarass non seulement une scène culturelle, mais surtout un espace de paix vivante, où la culture devient langage commun et rempart contre les fractures.
Lamine Souleymane,
Cabinet du Premier Ministre
