Une vue de dattes exposées en vente dans les rues de Niamey
Aliment nutritif, riche en vitamines et en potassium, la datte occupe une place de choix dans les habitudes alimentaires des Nigériens. Très prisée pendant le mois béni de ramadan pour sa teneur en fibres, elle est également distribuée lors des cérémonies religieuses, ou comme amuse-gueule au quotidien. La datte est aujourd’hui l’un des produits les plus recherchés à Niamey. Sa commercialisation anime des pans entiers de certains marchés et quartiers de Niamey. Plusieurs vendeurs, dont certains parcourent les rues de la capitale, tirent des revenus substantiels de ce commerce.
À l’approche du mois béni de Ramadan, les rues de Niamey prennent un air particulier. À côté des étals des grands marchés, des vendeurs ambulants munis de leurs charrettes chargées de sachets de dattes sillonnent les quartiers du matin au soir. Les cris des vendeurs invitent les potentiels clients à la dégustation improvisée : la datte s’invite partout, au cœur de la ville.
Consommée majoritairement par les musulmans, la datte est traditionnellement utilisée pour rompre le jeûne du Ramadan. Mais, sa consommation dépasse largement son utilisation pendant ce mois sacré pour intégrer les rencontres familiales et cérémonies religieuses notamment les baptêmes et les mariages. Cette importance culturelle explique la forte demande observée chaque année à l’approche du mois béni. « La datte se vend toute l’année, mais c’est surtout à la veille du Ramadan que la demande explose », explique Souleymane Harouna, vendeur ambulant à Niamey.
Ce commerce informel est en général porté par des jeunes qui cherchent à subvenir à leurs besoins quotidiens et aider financièrement leurs familles. « Dans la rue, la vente est plus directe. Nous interpellons les passants, nous annonçons les prix à haute voix et nous faisons goûter pour convaincre », explique Souleymane Harouna, qui pousse son chariot dans les rues à la rencontre des clients.
Le jeune revendeur ajoute que la datte est vendue au détail en plusieurs proportions pour toucher le maximum de clients, sans les contraintes de pouvoir d’achat. « Nous vendons au kilogramme ou en petits sachets. Les prix varient entre 700 et 800 FCFA le kilo, tandis que les sachets coûtent 50 ou 100 FCFA », explique Souleymane Harouna. Les dattes les plus charnues et les plus sucrées, précise-t-il, sont naturellement plus chères, car elles sont les plus demandées.
Issa Salifou, un autre vendeur ambulant, évoque plusieurs difficultés que ses amis et lui rencontrent. « Nous faisons face à la hausse des prix chez les grossistes, au coût du transport et à une concurrence de plus en plus forte », a-t-il expliqué. À cela s’ajoutent, dit-il, les conditions de travail éprouvantes dont la chaleur, la poussière, la fatigue physique et parfois des tracasseries sur les voies publiques.
Malgré ces contraintes, la vente de la datte reste une activité essentielle pour de nombreux ménages. « Ce commerce nous permet de vivre, surtout pendant le mois de Ramadan où la demande est forte et la vente devient plus visible et plus rentable », confie Issa Salifou. Les vendeurs de rue contribuent à faire de la datte un symbole de partage, de solidarité et de vie communautaire dans la capitale.
Hafissatou N. Mounkaila
(Stagiaire)
