Des tas de blé soigneusement exposés sur les étals de la foire
La foire annuelle des maraîchers d’Agadez se poursuit sur le site du petit marché de Niamey, qui lui est dédié cette année. Parmi la diversité de produits agricoles exposés pour la vente, le blé conquiert chaque année un peu plus le cœur des consommateurs. Cette céréale est devenue progressivement le symbole marquant de cette rencontre à la fois commerciale et culturelle qui attire des milliers de clients venus des différents quartiers de la capitale.
Dans la région d’Agadez, des agriculteurs produisent le blé pour approvisionner les populations, surtout nomades. Au fil des décennies, cette céréale venue d’ailleurs s’est incrustée progressivement dans les habitudes culinaires des Nigériens, avec Agadez comme région phare de sa production.
Sur le site de la foire, des échantillons de blé sont soigneusement exposés sur les étals. Dès les premières heures de la journée, les sacs de blé sont déchargés et soigneusement disposés sur les étals. Les grains, bien triés, brillent sous le soleil matinal. Cette céréale récoltée dans des conditions difficiles dans l’Aïr connait une demande croissante sur le site de la foire. Des boulangers de la capitale, des restaurateurs et des familles viennent s’en procurer, aussi bien en gros qu’en détail.
M. Mohamed Ousmane, agriculteur et vendeur de blé, explique que cette culture représente une source importante de revenus. « Le blé nous permet de diversifier nos activités et d’apporter à Niamey un produit que l’on trouve rarement », souligne-t-il en ajoutant que certains clients l’utilisent pour la fabrication de la farine et du pain, tandis que d’autres s’en servent pour des préparations spéciales lors des fêtes et cérémonies.
Pour ce producteur, le blé dépasse le simple cadre commercial. « Le blé que nous vendons ici n’est pas seulement une marchandise, c’est une part de notre identité et de notre histoire », confie-t-il avec fierté. Chaque grain, poursuit-il, provient des plaines d’Agadez, où la terre est rude mais généreuse. Dans le désert, le blé est cultivé de manière traditionnelle et gagne doucement en superficie cultivée.
Sur le site de la foire, le blé est vendu en sacs ou à la tasse, selon les besoins des clients. « Le sac de 100 kilos est proposé à 37 500 FCFA, tandis que la tasse est vendue à 1 500 FCFA », précise M. Mohamed Ousmane. Au-delà des transactions commerciales, la foire constitue également un espace d’échanges et de rencontres. « Ici, on ne se contente pas d’exposer et de vendre. On discute, on partage des nouvelles du pays et on évoque la prochaine saison agricole ainsi que les conditions du voyage », ajoute-t-il.
Malgré son succès apparent, le commerce du blé à la foire des maraîchers d’Agadez reste confronté à plusieurs défis. Les fluctuations des prix sur les marchés locaux, la sécheresse et les difficultés liées au transport sur les longues distances entre le nord du pays et la capitale affectent souvent les marges des vendeurs.
Hafissatou M. Nikikoye (Stagiaire)
