Des exposants d’Agadez présentent des remèdes traditionnels de l’Aïr, ...
Au-delà des produits maraîchers, les jardiniers de la région d’Agadez ont apporté un autre pan de leur savoir-faire : les plantes médicinales. À la foire annuelle, ces remèdes traditionnels occupent une place de choix sur les étals, attirant une clientèle en quête de solutions naturelles et accessibles contre certaines maladies. Parmi ces plantes figurent notamment « l’Agalachie », le « Tazargadé », « Telezara », et la feuille d’olivier communément appelée en langue locale zeytoun.

Devant son étal, Abdourahamane Mohamed, jardinier venu d’Agadez, explique les vertus de ses produits à des visiteurs attentifs. Selon lui, ces plantes sont des remèdes traditionnels pour soigner diverses affections telles que la typhoïde, le diabète ou les hémorroïdes, mais surtout contre le mauvais œil. « Elles sont très sollicitées et peuvent être utilisées sous différentes formes : mélangées dans le thé, le café ou l’eau bouillie, ou encore mâchées tôt le matin avant le petit déjeuner », soutient-il. Il ajoute que le « Telezara » est souvent recommandé contre la constipation ou le mauvais œil, après macération dans l’eau. « Il existe aussi d’autres plantes que nous n’avons pas pu apporter, mais qui sont très recherchées pour leurs usages thérapeutiques selon notre tradition », précise-t-il.
Quant à Mohamed Ousmane, un autre jardinier venu de Timia, il insiste sur le soin apporté à ces plantes dès la récolte. « Ces plantes sont cueillies avec précaution, séchées à l’ombre puis conditionnées. Nous les proposons avec la promesse d’une médecine naturelle accessible pour aider la population qui souffre de ces maladies », assure-t-il.
Au-delà de l’aspect thérapeutique, la vente de ces plantes constitue une source de revenus substantielle pour les producteurs du Nord. Ainsi, la foire annuelle des maraîchers offre une vitrine unique, reliant les jardiniers d’Agadez aux consommateurs de la capitale.
Dans un contexte où le coût des soins reste un défi pour de nombreux ménages, ces produits incarnent une alternative enracinée dans la culture locale. « Vraiment, ces plantes n’ont aucun effet secondaire pour l’organisme », affirme avec assurance Mohamed Ousmane.
Les prix de ces plantes médicinales restent attractifs : à 500 francs CFA le sachet et à 10 000 francs CFA la tasse des graines de zeytoun. Un prix qui permet aux vendeurs de vivre de leur savoir-faire tout en rendant ces remèdes accessibles au plus grand nombre. « Les gens viennent chercher des solutions naturelles, souvent en complément des soins modernes », confie Abdourahamane Mohamed, soulignant l’engouement constant du public autour de ces produits médicinaux.
Si leur efficacité relève du savoir traditionnel, ces plantes médicinales rappellent l’importance de préserver et de valoriser les connaissances endogènes. Entre transmission ancestrale et dynamisme commercial, « l’Agalachie », le « Tazargadé », le « Telezara » et la feuille d’olivier témoignent d’un patrimoine vivant qui soigne les corps et fait vivre des familles. « Nous avons apporté tout ce que nous produisons comme plantes médicinales et vraiment nous arrivons à les vendre », explique Abdourahamane Mohamed, jardinier et exposant à la foire annuelle des maraichers d’Agadez.
Pour les producteurs, la foire annuelle représente une opportunité majeure qui permet non seulement d’écouler la production maraîchère, mais aussi de valoriser leur patrimoine thérapeutique local. Les plantes médicinales deviennent ainsi une source de revenus complémentaires et un moyen de préserver un savoir ancestral.
Adamou I. Nazirou (ONEP)
