M. Ouseini Daouda Abdou, président du Conseil régional de la jeunesse de Tillabéri
Dans les salles de réunion improvisées, sous l’ombre des hangars communaux ou encore dans les cours des écoles transformées en espaces d’échanges, la mobilisation de la jeunesse prend progressivement forme dans la région de Tillabéri. Réunis autour du Conseil régional de la jeunesse, des dizaines de jeunes participent à des sessions de sensibilisation et de formation axées sur la citoyenneté, l’engagement communautaire et la refondation nationale.
Dans le contexte de la refondation, l’implication active des jeunes devient une condition incontournable pour bâtir un avenir solide et partagé. Pour le président du Conseil régional de la jeunesse de Tillabéri qui partage cette conviction, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action sur le terrain. L’objectif, explique M. Ouseini Daouda Abdou, est d’amener les jeunes à s’approprier le processus en cours et à devenir des relais dans leurs communautés.
Dans cette perspective, dit-il, la mobilisation a pris forme dès l’initiative « Un jeune, un citoyen modèle », à travers laquelle plusieurs centaines de jeunes de la région de Tillabéri ont été formés sur le changement de mentalité, le patriotisme et la responsabilité citoyenne. « À l’issue de ces rencontres, les participants sont appelés à leur tour à relayer le message dans leurs quartiers, villages et communes », a-t-il affirmé.
Cette ambition, souligne le président du Conseil régional de la jeunesse, vise à transformer les jeunes en véritables ambassadeurs de la refondation. M. Ouseini Daouda Abdou rappelle que tant que la mentalité ne change pas, rien ne changera réellement. Il insiste sur la nécessité pour les jeunes d’abandonner l’idée d’attendre tout de l’État et de s’impliquer eux-mêmes dans le développement.
Dans le prolongement de ces explications, M. Ouseini indique que la mobilisation des jeunes de la région du fleuve s’étend également à la sensibilisation contre la désinformation. Selon lui, les jeunes doivent faire preuve de prudence face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux et privilégier les sources officielles. Dans la continuité de cette démarche, la dynamique se traduit aussi par des initiatives communautaires visant à renforcer l’engagement citoyen sur le terrain. « Aujourd’hui, grâce à nos activités, plusieurs jeunes organisent des rencontres locales et sensibilisent leurs pairs sur les collaborations que nous devons avoir avec les Forces de défense et de sécurité. Ces jeunes encouragent aussi le vivre-ensemble, l’entraide et la lutte contre les maux auxquels notre communauté fait face », a-t-il fait savoir, avant d’ajouter que la cohésion sociale devient ainsi un axe majeur de la mobilisation.
Le président du Conseil régional des jeunes de Tillabéri a rappelé que, depuis un certain temps, la région de Tillabéri est fortement touchée par l’insécurité, c’est pourquoi, la jeunesse doit jouer un rôle pour maintenir la cohésion sociale et renforcer les liens entre les communautés. En dehors de cette responsabilité sociale, l’engagement des jeunes s’exprime également sur le plan économique, notamment à travers le projet de retour à la terre. M. Ouseini Daouda Abdou précise que des espaces agricoles sont déjà mis à leur disposition par les autorités coutumières pour encourager la production et favoriser l’autonomisation. « Sur ces parcelles, nous cultivons de la tomate, de la pomme de terre et d’autres produits maraîchers, des activités qui nous permettront à la fois de créer des opportunités économiques et de renforcer notre engagement communautaire », a-t-il martelé.
Ainsi, dans la région de Tillabéri, la refondation prend une dimension communautaire, portée par une jeunesse qui multiplie les initiatives, sensibilise ses pairs et s’engage progressivement dans la construction d’un nouveau cadre citoyen. Une mobilisation appelée à s’élargir pour toucher davantage de localités et renforcer l’adhésion autour du processus en cours. Toutefois, force est de constater que cette dynamique se heurte à des contraintes, notamment le manque de moyens, les déplacements difficiles vers certaines localités, l’organisation des formations ou la tenue des rencontres. « Dans les communes, les jeunes continuent d’organiser des rencontres, de sensibiliser leurs pairs et de promouvoir l’engagement citoyen », se réjouit M. Ouseini Daouda Abdou.
Adamou I. Nazirou, ONEP Tillabéri
