Visite des ateliers du CMCAN
Le directeur général du Bureau International du Travail (BIT) a visité, dans la matinée du mardi 14 avril 2026, le Centre des Métiers du Cuir et d’Art du Niger (CMCAN). Cette visite a permis à la délégation du BIT de s’informer sur le fonctionnement de ce centre chargé d’assurer la formation initiale et continue, le perfectionnement et l’accompagnement à l’insertion professionnelle dans le domaine de l’artisanat.
Accompagné du ministre de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels, Pr Farmo Moumouni, de la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi, et du gouverneur de la région de Niamey, le Général de division Assoumane Abdou Harouna, la délégation a visité les différents ateliers allant de la tannerie à la salle de lissage ou encore à la boucherie ou sont transformés les os et les cornes animales en des produits de beauté et les ateliers de maroquinerie, de botterie et la boutique interne de commercialisation.
Lors de son passage à la tannerie, le responsable en charge de la formation des apprenants a expliqué aux autorités les procédés qu’ils utilisent pour traiter les peaux. Il s’agit du tannage végétal, qui est un procédé strictement traditionnel fait à la main, et du tannage minéral fait grâce à des machines modernes. Ainsi, dans cet environnement qui dégage une odeur forte de peau, le directeur général du centre a expliqué à la délégation qu’un procédé de traitement des peaux sans odeur a été développé en collaboration avec l’Université Abdou Moumouni pour résoudre ces défis qui freinaient l’exportation. Il a aussi expliqué que le centre fait face à des difficultés, notamment l’arrêt de plusieurs machines et l’indisponibilité de certaines machines leur permettant de traiter les peaux des grands ruminants. La visite a également permis d’observer la dextérité et l’habilité des apprenants dans les ateliers et de contempler les fruits de leur apprentissage.

Au terme de la visite, le directeur général du Bureau International du Travail, M. Gilbert F. Houngbo, a souligné que cette dernière lui a permis d’apprécier du bout du doigt les efforts déployés pour aider à l’employabilité, notamment celle des jeunes. Il a de plus indiqué que l’une des dimensions de sa visite au Niger est justement de voir dans quelle mesure l’OIT peut contribuer et s’aligner aux efforts du gouvernement et des Nigériens afin d’atteindre l’objectif stratégique que s’est fixé le Niger. « Dans ce cadre, je suis très heureux de ce que nous avons visité. En parlant de marché, il est important effectivement que nous puissions voir la possibilité d’aider nos jeunes de A à Z, sur toute la chaîne. Je vais poser aussi la question aux différents présentateurs que nous avons eus et à la présentatrice aussi. Il nous faut envisager, même si c’est dans une autre phase, comment aider les jeunes, à la fin de la formation, à se prendre en charge pendant cette transition de la fin de la formation », a ajouté le directeur général du BIT.
M. Gilbert F. Houngbo a par ailleurs rappelé que le CMCAN est un centre de référence dans toute la région, et qu’ils étudieront ce que le BIT peut faire pour contribuer à son épanouissement et à le rendre plus productif et plus compétitif. « Je pense que l’expertise est là, l’expérience ancestrale est là, et il nous faut maintenant contribuer à moderniser les équipements et ainsi contribuer à une meilleure productivité et aussi à l’accès des marchés. Là-dessus, vous pouvez, monsieur le ministre, compter sur nous », a-t-il fait savoir.
Le Centre des Métiers du Cuir et d’Art du Niger (CMCAN) œuvre avec des partenaires, a indiqué son directeur général, M. Gonimi Amadou, dont aujourd’hui avec le Bureau International du Travail, pour donner plus d’opportunités, plus de moyens au centre, pour que les artisans nigériens puissent profiter des formations ou des renforcements de capacité. « C’est dans cette optique que nous avons eu à monter le projet avec le Bureau international du travail, qui est peut-être une des raisons de la visite de monsieur le directeur général, qui nous fait l’honneur de venir découvrir ce dont le Niger dispose dans le domaine des cuirs et peaux. Donc, nous avons le savoir-faire, nous avons de l’expertise, nous avons de l’expérience. La venue du BIT nous renforce en tout cas dans notre dynamique de mobiliser les partenaires et cet accompagnement sera très important parce que tous les domaines ont été pris en compte », a-t-il confié.
Hamissou Yahaya (ONEP)
