Lors de l’entretien
Dans le cadre de la série d’entretiens accordés par les membres du gouvernement à la RTN, le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou, était face aux journalistes. Cet entretien a permis au ministre de dresser un bilan général de la mise en œuvre de la feuille de route qui lui a été confiée par le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, sous la coordination du Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine.
Le premier point abordé par le ministre concernait l’état général des infrastructures routières, notamment celui des principaux axes de communication, ainsi que les actions majeures engagées pour améliorer leur état à court, moyen et long termes. A cet effet, le ministre a expliqué qu’une stratégie en trois dimensions a été mise en place afin d’assurer une prise en charge globale des infrastructures routières : l’anticipation des défis à court terme, la réhabilitation des infrastructures à moyen terme et l’exécution de grands projets structurants à long terme.
Selon le ministre, il n’est plus nécessaire de démontrer l’importance des infrastructures de transport et des routes pour un pays comme le Niger, vaste de 1 267 000 km², enclavé et sans accès direct à la mer, avec une population majoritairement rurale. Le ministre a souligné que d’importants efforts et moyens seront déployés par l’État afin de favoriser le désenclavement des zones de production, mais également pour répondre aux besoins sociaux, notamment en matière d’évacuation sanitaire. Ces infrastructures permettront aux femmes enceintes d’accéder plus facilement aux centres de santé dans des conditions sécurisées, et aux enfants de rejoindre les établissements scolaires afin d’assurer l’avenir du pays.
Un vaste programme de modernisation et de réhabilitation du réseau routier
A la date de l’entretien, le ministre a indiqué que le Niger dispose d’un réseau routier d’environ 23 024 kilomètres, un niveau supérieur à la moyenne sous-régionale, dont 5 814 kilomètres de routes bitumées, près de 9 810 kilomètres de routes en terre et environ 7 340 kilomètres de pistes rurales. Selon le Colonel-major, les routes bitumées sont globalement dans un état satisfaisant comparativement aux standards de la sous-région, avec près de 34,9 % du réseau en très bon état. Toutefois, des actions sont réalisées à court, moyen et long termes afin de maintenir cette qualité et d’augmenter le linéaire des routes, en tenant compte de l’accroissement démographique et des défis climatiques. En ce sens, le ministre a évoqué l’exemple de l’axe Niamey-Balleyara-Loga, initialement dimensionné en bicouche, mais dont le trafic accru a entraîné une dégradation prématurée. Une étude menée par le ministère a permis d’anticiper cette dégradation grâce à des travaux de réhabilitation estimés à moins de 5 milliards de FCFA, alors qu’une dégradation complète des 130 kilomètres aurait nécessité plus de 40 milliards de FCFA.
A moyen terme, plusieurs travaux sont en cours, notamment la réhabilitation et la modernisation du réseau routier. Dans la Ville de Niamey, le ministre a cité l’exemple du pont de Sorey, construit en 1975. Cet ouvrage, qui disposait auparavant d’un tablier à deux voies et d’une base de trois mètres, a bénéficié d’importants travaux d’extension et de modernisation. Selon le ministre, désormais le pont de Sorey dispose d’une base élargie à huit mètres, d’un tablier à deux fois deux voies et d’une longueur portée à 100 mètres. Des travaux similaires sont également réalisés sur la RN25, notamment sur la sortie route Filingué. Le ministre a précisé que le pont de Sorey est déjà mis en circulation, tandis que celui de la sortie route Filingué sera opérationnel au plus tard le 15 mai 2026.
Des projets structurants pour soutenir le développement économique
Sur le long terme, le ministère de l’Équipement et des Infrastructures s’est engagé dans la réalisation de projets structurants, notamment les autoroutes et le chemin de fer. Le ministre a rappelé que les études relatives aux autoroutes sur les axes Niamey-Dosso et Niamey-Doutchi ont été lancées depuis plus de 14 mois. Ces études sont aujourd’hui bien avancées et permettront bientôt d’aboutir à un avant-projet détaillé en vue du lancement effectif des travaux. Le ministre a insisté sur l’importance stratégique des autoroutes dans le dimensionnement du futur réseau routier national.
Pour financer ces projets d’envergure, le gouvernement mise sur des partenariats avec des investisseurs. Dans ce cadre, les plus hautes autorités du Niger ont mis en place des dispositifs visant à rendre le Code des investissements plus attractif, notamment à travers la loi sur le partenariat public-privé. S’agissant des chantiers en cours, le ministre a rappelé que de nombreux travaux ont été lancés ou relancés dans le cadre de la mise en œuvre de sa feuille de route. Après un état des lieux effectué dès sa prise de fonction, une stratégie de modernisation des infrastructures a été adoptée.
Ainsi, plusieurs projets sont en cours dans la capitale, notamment les travaux routiers à partir de l’aéroport à la sortie Dosso, en deux fois trois voies, ainsi qu’une rocade reliant Liboré au pont de Sorey avec un nouveau poste de péage. Il a également évoqué les travaux de la RN25 jusqu’au PK 4+300 et le pont de Saga Gorou, dont la mise en circulation est prévue à la mi-mai. En effet, le ministre a affirmé que ces grands chantiers se multiplient dans toutes les régions du Niger, aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale, au profit des populations.
Abordant la question des collecteurs et des caniveaux destinés à l’évacuation des eaux pluviales à Niamey et dans les grandes villes du pays, le ministre a rappelé que ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Projet intégré de développement urbain et de résilience multisectorielle (PIDUREM) rattaché à la Primature. Il a assuré que son département veille rigoureusement au respect des normes de qualité et de sécurité afin de garantir des ouvrages durables et sécurisés pour les populations, grâce à une parfaite collaboration avec les autres départements ministériels et institutions concernées.
Concernant le péage routier, considéré comme un levier stratégique pour l’entretien des routes, le ministre a salué les efforts de modernisation engagés dans ce secteur. Il a rappelé que, conformément aux textes régissant le Fonds d’entretien routier (FER), 70 % des ressources doivent être consacrés à l’entretien des routes, tandis que le reste finance le fonctionnement des structures concernées, notamment l’AMODER et l’Agence nigérienne pour la sécurité routière (ANISER). Afin de limiter les pertes de recettes, un système moderne de contrôle a été mis en place. A titre illustratif, le ministre a indiqué que les recettes du FER (le Fonds d’Entretien Routier) sont passées de 300 millions de FCFA au premier trimestre 2024 à 900 millions de FCFA au premier trimestre 2025, soit une augmentation de 600 millions de FCFA en une année.
Enfin, le ministre a rendu un hommage appuyé aux plus hautes autorités pour l’adoption du contenu local, qui permet aux entreprises nationales et aux bureaux de contrôle nigériens de participer pleinement à l’œuvre de construction nationale à travers leurs différents domaines d’expertise.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)
