Le Ministère en charge de l’Intérieur, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), organise du 19 au 21 mai 2026 à Niamey un forum de partage d’expériences de la Confédération des États du Sahel sur la, prise en charge de la reddition et la réintégration des ex-associés des groupes armés. Les travaux de cette rencontre de haut niveau ont débuté hier par la réunion des experts des pays de la Confédération AES élargie au Togo. A la fin des travaux, les participants formuleront des propositions concrètes qui seront soumises à l’appréciation des ministres en charge de l’Intérieur afin de mieux lutter contre le phénomène des groupes armés transnationaux.
L’ouverture des travaux a été présidée par le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Commissaire Général de Police Ayouba Abdourahamane, en présence du gouverneur de la région de Niamey et de la représentante résidente adjointe du PNUD au Niger.
Cette rencontre soutenue par le PNUD marque une étape importante dans la marche de l’espace confédéral. Ce forum s’inscrit également dans la quête de plus de sécurité pour ses populations, de plus de stabilité pour ses institutions et de plus de détermination dans la consolidation de la souveraineté des Etats qui le composent.
Le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a rappelé que l’analyse de la problématique de l’insécurité dans le Sahel en général, et au Niger en particulier, renvoie aux deux dimensions principales du phénomène, à savoir la posture extrémiste de certains courants religieux et le recours à des mercenaires de tous horizons par des puissances impérialistes, dans le cadre d’un plan de déstabilisation de nos Etats.

A ces deux dimensions, a poursuivi le Commissaire Général de Police Ayouba Abdourahamane, vient accessoirement se greffer la dimension des conflits ponctuels entre certaines communautés, en lien souvent, avec l’accès aux ressources naturelles. « Si le mercenaire venu d’ailleurs ne comprend, lui, que le langage des armes, l’extrémiste religieux, fils du terroir, ou les protagonistes d’un conflit entre communautés locales, peuvent, eux, par le dialogue et la persuasion, être ramenés à de meilleurs sentiments et aller dans le sens de l’abandon de la violence », a-t-il indiqué.
Le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur a reconnu que la recherche de la paix n’est pas qu’une question militaire. Parallèlement à l’approche militaire, des mécanismes ont été mis en place permettant aux individus enrôlés dans les groupes armés de renoncer à la violence et de réintégrer la communauté. « C’est dans cette perspective que le Gouvernement du Niger s’est engagé dans une approche globale et intégrée visant à favoriser le passage de certains esprits égarés d’une culture de violence à une culture de paix. Grâce à cette initiative, plus d’un millier d’ex-combattants ont, à ce jour, choisi la voie de la reddition, ce qui démontre, si besoin, la pertinence de cette approche », s’est-il réjoui. Le Commissaire Général de Police Ayouba Abdourahamane a également rappelé que la démarche du Niger consiste à encourager les jeunes enrôlés dans les groupes armés à déposer les armes, à renouer avec leurs communautés d’origine et à contribuer, par la reconversion dans un métier, à l’effort de construction nationale. De ce fait, la réinsertion socioéconomique des repentis constitue un levier supplémentaire pour la stabilisation et le développement des zones affectées par l’insécurité.
Pour sa part, la représentante résidente adjointe du PNUD au Niger a assuré que son organisation demeure mobilisée pour renforcer la gouvernance inclusive et la cohésion sociale, soutenir les mécanismes de résilience communautaire, promouvoir les opportunités économiques pour les jeunes et les femmes et accompagner les États dans la mise en œuvre de solutions durables pour atteindre le développement et la résilience. « Nous espérons voir émerger une vision partagée, une feuille de route régionale réaliste, ainsi que des mécanismes opérationnels de coopération renforcée au service de la paix et de la stabilité dans l’espace AES », a-t-elle déclaré.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
