Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a organisé, le mardi 11 août 2026 à Niamey, une table ronde sur le renforcement de la cohésion sociale au Niger. L’objectif visé est de contribuer au renforcement de la paix, la coexistence pacifique et la cohésion sociale. C’est le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la table ronde.
A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a soutenu que l’efficacité de l’action engagée contre les forces du mal ne résulte pas de la seule réponse militaire. Elle répond également à l’appel des autorités qui a permis d’asseoir un premier mécanisme de stabilisation, de prévention et de réintégration des ex-combattants vers la vie communautaire. « Cette exigence nous enseigne qu’une paix durable se construit par la présence effective de l’Etat, mais aussi par la justice sociale, la réconciliation et l’espérance offerte à chaque citoyen », a-t-il ajouté.
Malgré les résultats encourageants de cette approche, a-t-il poursuivi, la vigilance doit être de mise car dans certaines zones frontalières l’insécurité se conjugue encore avec la pauvreté, le chômage des jeunes, les tensions autour de l’exploitation des ressources naturelles, les dérèglements climatiques et l’insuffisance des services sociaux de base. Il appartient de convertir les progrès accomplis à travers la stabilisation communautaire en dividendes tangibles de paix et de développement. Cette exigence revêt une acuité particulière pour les personnes déplacées internes, les réfugiés et les migrants.
Terre d’accueil, de transit et de retour, a dit le ministre, le Niger fait face à des mouvements de populations qui fragilisent les moyens d’existence et accentuent la pression sur la vie des communautés hôtes avec parfois des difficultés de coexistence entre migrants et communautés d’accueil. « C’est dire que notre réponse doit pouvoir concilier sécurité, protection et dignité sans opposer ces deux acteurs. Pour mieux comprendre la dynamique sociale dans notre pays, mon département ministériel a commandité une étude pilote sur la perception de l’indice de cohésion sociale dans les régions de Tillabéri, Tahoua et Maradi. L’étude a permis d’appréhender cette thématique dans toute sa complexité et analysé les relations sociales sur la base d’une approche systématique », a fait savoir le Général de Division Mohamed Toumba.

Auparavant, l’Administrateur associé du PNUD, M. Haoliang Xu, a souligné qu’il est possible de créer un développement et une paix durable. « Il faut qu’il y ait plus d’actions et d’occupations au niveau des communautés, des écoles, des centres de santé, pour qu’on puisse coopérer et marcher davantage et prévenir les conflits ; avoir confiance aux institutions de la République pour prévenir les conflits, être résilient, et toute personne doit être impliquée pour qu’on puisse travailler ensemble, maintenir le fonctionnement normal de nos institutions pour essayer de reconstruire la confiance, installer la coopération et obtenir un résultat tangible », a-t-il souligné.
Pour M. Haoliang Xu, cette ambition nécessite un partenariat fort et un mécanisme de financement clair pour atteindre les objectifs. « Ce n’est pas seulement une affaire de financement, c’est un mécanisme qui a des piliers et une certaine responsabilité basée sur la gouvernance et un travail de coopération qui nécessite un engagement durable. Chaque contribution n’est pas à négliger pour qu’on puisse avoir des résultats tangibles, et chaque engagement doit être respecté », a estimé l’Administrateur associé du PNUD avant d’inviter les partenaires nationaux et internationaux, les différentes agences du système des Nations Unies pour traduire les propositions et supporter cette vision pour contribuer au bien-être commun. « Nous nous engageons pleinement à vous accompagner pour traduire les visions et les traduire en actions concrètes », a rassuré M. Haoliang Xu.
Pour sa part, le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, a affirmé que le Niger, engagé dans une refondation au sein de la Confédération des Etats du Sahel, sait que la cohésion sociale est vitale pour son développement. « Dans un espace confédéral, où un terrorisme sponsorisé nous a été imposé, la caravane nationale que nous lançons ce matin s’inscrit dans la logique de la vision du Président de la République qui fait de la paix, la cohésion sociale et la sécurité dans notre pays sa principale priorité. Nous nous engageons à œuvrer pour la restauration de notre souveraineté et nous réconcilier avec nous-mêmes et avec notre histoire », a-t-il indiqué.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
